Dans le 9-3, la solidarité aussi à Aubervilliers!

Ce “virus” qui cache d'autres, bien antérieurs au Covid-19, et qui sert certaines formes de pouvoir, engendre aussi des gestes et des actes de solidarité... au sein des quartiers, à l'initiative de citoyens et associations engagées dans la culture populaire. En souhaitant que cette fraternité laissera des traces dans nos façons d'être les uns avec les autres, voici ce qu'on fait à Aubervilliers.

C'est l'Association les Poussières qui se consacre depuis 2006 à des activités culturelles, ateliers participatifs de création artistique, mais aussi de cuisine, qui devant le confinement et le moment que nous traversons, de précarités multiples et d'accroissement des inégalités sociales, a décidé de “mettre en place une cuisine solidaire, avec l’aide des chefs professionnels de notre réseau et de nombreux habitants. Notre objectif était de participer à l’effort collectif en faveur du personnel soignant et de livrer les foyers en difficulté à Aubervilliers et dans les alentours. Nous cuisinons essentiellement des plats végétariens halal. La distribution est faite par des bénévoles, en voiture mais aussi à vélo grâce à l’achat récent de remorques par une association avec qui nous travaillons”.

Leur réseau permet de bénéficier de la récupération alimentaire des associations Disco Soupe et Amélior, ainsi que des invendus de supermarchés.

D'autre part, l'association a ouvert “une cagnotte qui nous permet d’acheter un stock tampon, car les récupérations sont toujours aléatoires. Nous pouvons recevoir un jour 150 poulets et trente ananas, et repartir le lendemain avec trois carottes. Or dans tous les cas de figure, il faut livrer ceux qui en ont besoin. Nous nous adaptons aussi aux habitudes des destinataires de notre cuisine. Par exemple, nous venons de décider de faire moins de plats tout prêts et de privilégier les paniers de denrées à cuisiner, notamment à l’approche du Ramadan qui est une période où la préparation des repas, même en comité restreint, est très importante”.

Et comme la solidarité ne marche que si elle est “contagieuse”, il est à noter “les cuisiniers du squat du Landy Sauvage et ceux de Solidarité Migrants Wilson à La Plaine-Saint-Denis, ou encore les biffins d’Amélior du côté de Montreuil et de Bagnolet. Il est également important le lien avec les services sociaux, les élus et les organismes HLM. On sait aussi que certaines familles ou des migrants isolés n'ont pas été repertoriés par ces services et se retrouver parfois bien isolés.

Lanternes 2018 - Christophe Coudre

Et, presque en forme de message pour le lendemain, “cette période dévoile une triste réalité, qui était réelle avant le confinement. Il est temps de prendre en compte concrètement les derniers mouvements sociaux qui ne cessent d’alerter sur les risques de la politique actuelle. Parfois, on se croirait dans un roman de Jack London et ça fait peur… Il faudrait plus de considération pour tous les citoyens et toutes les personnes vivant, ou survivant, dans nos villes... Il est toujours affligeant d’entendre qu’il faut partager les miettes équitablement parce que l’État baisse ses dotations mais que les besoins augmentent. Il faut un gouvernement qui veuille réellement pallier à toutes ces inégalités… Il ne faut pas que cette culture de l’entraide s’arrête à la fin du confinement. Il faudra se rappeler que cette bienveillance est bénéfique à tous”.

Il est vraisemblable que l'après virus”, ressemblera pour beaucoup à l'avant et que donc notre engagement et mobilisation seront les vrais marqueurs pour qu'un début de changement puisse bénéficier à la majorité de la population de la Seine-St-Denis... et d'ailleurs!

Pour mieux connaître leur action culturelle et associative Poussières d’Aubervilliers et, si on peut les aider dans leur projet de cuisine solidaire pendant la durée du confinement, via la cagnotte en ligne sur HelloAsso*. Sans doute un coup de pouce parmi les nombreux coups de pouce que la solidarité nécessite face aux nombreux virusqui nous assaillent!

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