Le mépris

Les recteurs d'Académie se sont réunis à Matignon ce mardi 22 avril et, à propos des manifestations qui dénoncent les suppressions de postes, une fois la réunion terminée, M. Darcos, Ministre de l'Education Nationale, confie à la presse (selon l'AFP) «ces troubles restent modestes».

Les recteurs d'Académie se sont réunis à Matignon ce mardi 22 avril et, à propos des manifestations qui dénoncent les suppressions de postes, une fois la réunion terminée, M. Darcos, Ministre de l'Education Nationale, confie à la presse (selon l'AFP) «ces troubles restent modestes». C'est vrai que nous sommes en période de vacances dans deux zones scolaires, et il ajoute « nous sommes le seul pays au monde où les lycéens font grève tous les quinze mois en répétant des slogans fort surannés que les syndicats nous répètent depuis trente ans ».

On ne peut que s'indigner d'un tel « mépris » pour les enseignants, parents d'élèves et lycéens que expriment leurs craintes de l'avenir devant les annonces de réduction des effectifs et de suppression des classes.

Qu'un Ministre de la République considére la manifestation publique, l'appel des personnels, les demandes des parents et des élèves comme des troubles ne peut, ne devait pas rester sans riposte des forces politiques, syndicales ou tout simplement des citoyens de ce pays.

On serait en droit d'attendre qu'un Ministre parle d'avenir, parle des enfants, des jeunes, de l'éducation, des apprentissages, des connaissances, du savoir. Et parler de cela c'est parler d'un investissement pour les générations futures !

Alors que ce Ministre exprime quelque chose qui est de l'ordre du « mépris », disqualifiant la parole publique profitant de l'absence d'alternative et du champ libre dont le pouvoir actuel bénéficie depuis mai 2007.

On pourrait attendre -et on serait en droit de l'exiger- une autre attention de la part d'un Ministre dont un des rôles est d'être à l'écoute des «usagers» de son champ de compétence !

On pourrait attendre -et on serait en droit de l'exiger- une certaine modestie de la part d'un Ministre dont la seule légitimité est du fait du «prince», ayant été battu lors des élections municipales !

Il est prévu une journée d'action nationale réunissant lycéens, parents et enseignants le mercredi 15 mai, exactement un mois avant le baccalauréat. De ce fait, et on comprend l'inquiétude des lycéens et des parents, le "mouvement sera modeste" mais c'est une erreur de le mésestimer.

 

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