L'intouchable

 

Ce n'est pas la première fois qu'une décision du Conseil constitutionnel est ouvertement critiquée par le pouvoir en place. Cela est vrai pour les deux bords, et souvent cette attitude de contestation se retourne contre ses auteurs.

C'est devenu une façon de défendre son camp qui peut néanmoins interpeller sur le respect des institutions de la République. Ce qui est grave dans le "recours" du président de la République, c'est la mise en cause de la décision des "sages" comme si la légitimité électorale autorisait le "coup d'Etat institutionnel" qu'on cherche à nous servir.

Et ce qui parait aussi grave, c'est l'installation d'un "droit d'intouchable" qui interdit tout questionnement sur les annonces faites ou décisions prises. Sous couvert de réforme, ce nouveau droit impose les bases d'un pouvoir qui transforme les désagréments, voire les lubies, du "chef" en affaire d'Etat.

Arthur De Oliveira (Le Monde 2-3 mars 2008)

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