Portugal: quand l'adultère justifie la violence!

Un fait divers, «indigne» le Portugal suite à la décision de la Cour d'Appel de Porto qui justifie la violence d'un mari (et de l'amant) du fait que sa femme a eu une relation extra-conjugale. Les Juges font appel à la Bible et aux sociétés où on pratique la lapidation...

Il s'agit d'un drame passionnel entre deux hommes et une femme. En 2015 une épouse a une relation extra-conjugale pendant deux mois. Ayant voulu y mettre fin, son amant ne l'accepte pas et l’harcele, la menaçant de tout dévoiler. Elle reste ferme sur sa décision et il la séquestre dans un lieu proche du travail de son mari et fait savoir à l'époux où elle se trouve. Les deux hommes se retrouvent avec elle, l'agressent, notamment le mari qui la tape utilisant un bâton à clous.

Une plainte est déposée, les agresseurs sont jugés et condamnés à des peines avec sursis et des légères amendes. Le Parquet estimant que les peines ne sont pas suffisamment sévères du fait de la violence faite à cette femme, fait appel.

Le tribunal de Porto, le 11 octobre, vient de suspendre les peines et fait surtout un réquisitoire contre la femme accusée d'adultère.

Les juges, une femme et un homme, justifient leur décision écrivant que «l'adultère de la femme est une grave attente à l'honneur et dignité de l'homme».

Et ils précisent qu'il y a «des sociétés où la femme adultère est la cible de lapidation jusqu'à la mort. Dans la Bible, nous pouvons lire que la femme adultère doit être punie avec la mort. Il y a encore peu de temps la loi pénal (Code Pénal de 1886) punissait avec une peine symbolique un homme qui, ayant trouvé sa femme en adultère, la tue pendant l'acte».

Les Juges concluent qu'avec «ces références on prétend, simplement, souligner que l'adultère de la femme est une conduite que la société a toujours condamné et condamne fortement (ce sont les femmes honnêtes les premières à stigmatiser les adultères) et de ce fait considère avec une certaine compréhension la violence exercée par l'homme trahi, vexé et humilié par la femme».

Le recours à la Bible, dans un État laïc surprend dans les attendus d'un jugement. Ils justifient ainsi la violence faite à cette femme par les deux hommes. De même que l'allusion aux «femmes honnêtes» situe une décision de justice dans des critères subjectifs et contraires au droit.

Une manifestation est prévue à Lisbonne, vendredi, contre cette décision qui «minimise la violence du fait de la femme avoir commis l'acte d'adultère».

Une "indignation" internationale serait aussi opportune pour dénoncer une justice inégalitaire et "machiste"!

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