Le ministre des portiques et monsieur Tibéri

 C'est un ministre de l'éducation nationale dont la tâche a été de "vider", en supprimant des postes, les établissements publics d'enseignement. Pendant deux ans il a affaibli la structure d'encadrement, pédagogique et administrative sous couvert de barèmes et sous prétexte d'économies.Fier de ce choix contribuant au démantèlement des lieux sensés instruire les enfants, le futur du pays, voilà qu'il constate que finalement il y a des violences, une idée lui vient, les portiques et les fouilles.

 

C'est un ministre de l'éducation nationale dont la tâche a été de "vider", en supprimant des postes, les établissements publics d'enseignement. Pendant deux ans il a affaibli la structure d'encadrement, pédagogique et administrative sous couvert de barèmes et sous prétexte d'économies.

Fier de ce choix contribuant au démantèlement des lieux sensés instruire les enfants, le futur du pays, voilà qu'il constate que finalement il y a des violences, une idée lui vient, les portiques et les fouilles.

Comme si sa proposition ne signait pas par là l'échec d'un système qu'il a contribué à fragiliser. L'autorité à l'école devait s'exprimer par son rôle d'enseignement, d'instruction, de construction des générations futures, le plus important investissement pour l'avenir d'un peuple, la formation de sa jeunesse, au lieu de l'affirmer par un dispositif de supermarché ou d'aéroport.

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Et ce brave monsieur, battu aux élections municipales, resté à sa place par le fait du prince se rachète, une fois encore, par son zèle, lançant en forme de boutade, pour voir l'effet, ce que le Président vient de confirmer aujourd'hui: «J'entends les bonnes consciences qui crient au scandale quand le ministre de l'éducation nationale propose d'installer des portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Bien sûr qu'il est regrettable d'en arriver là. Mais comment agir autrement dans un tel contexte. Attendre que l'irréparable se produise ?»

Nous arrivons en effet à «l'irréparable», c'est à dire à une situation de blocage : on jette les enseignants et les adultes de la communauté scolaire et on les remplace par des portiques.

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Peut-être faudrait-il des portiques pour contrôler certains édiles au moment des élections municipales? Famille et subordonnés de monsieur Tibéri viennent d'être condamnés pour «atteinte à la sincérité du vote par des manoeuvres frauduleuses». La loi lui permet de faire appel et malgré sa condamnation rien ne changera à moyen terme dans la mairie du 5ème arrondissement de Paris.

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Coreligionnaires dans la même famille politique, solidaires et bénéficiaires de la même majorité, l'un lance les portiques pour contrôler nos enfants, l'autre, impliqué «dans un système d’inscriptions frauduleuses, dont l’existence et l’ancienneté ont été avérées», se maintien aux affaires publiques pour son honneur... et grand profit!

Il y a en effet quelque chose de « pourri » dans ce système et, comme disait le philosophe, «quand le désordre devient ordre, une attitude s'impose: affrontement».

 

 

 

 

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