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Billet de blog 1 janv. 2023

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Et le futur d’aujourd’hui ?

Oui, pour 2023 quel futur se prépare là, quand on constate que les hôpitaux débordent, que 1500 postes d’enseignants vont être supprimés, qu’il y aura « 8 500 policiers et gendarmes supplémentaires » en cinq ans, dont 3 000 en 2023. Que la réforme va pénaliser les chômeurs, que les salariés voulant se former doivent payer un ticket modérateur... que l’écologie se soumet en haut lieu à la FNSEA !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Qu’une "préfète" (Marie Lajus) est bannie en 48 heures sans explication ni affectation, parce qu’elle a averti les puissants locaux que la loi sera respectée face aux appétits financiers et marchands. Qu’un ministre s’autorise à dire qu’il a demandé aux préfets de ‘‘rendre la vie impossible’’ à des migrants, c’est à dire à des êtres humains (qui le restent quelque soit leur statut). Qu’un criminel tue trois étrangers, parce qu’étrangers, après avoir, un an plus tôt lacéré des toiles de tentes occupées par des migrants (enfants, femmes, hommes) dont le ministre affirme qu’il n’était pas fiché et en prison n’avait montré aucun signe de radicalisation... Mais il a rendu la vie impossible, définitivement, à trois ressortissants kurdes installés depuis des années en France. Acte raciste assumé, qui augure d'un fascisme rampant en France (qui par ailleurs s'installe, avec des nouveaux oripeaux en Italie, en Suède ou en Israël...)!

La liste serait longue, et je ne peux qu’exprimer ma surprise que la consigne du ministre de l’intérieur (Le Monde du 2 nov) n’ait pas soulevé au gouvernement aucune indignation. Comment dans un état de droit un ministre peut souhaiter (et ordonner) de ‘‘rendre la vie impossible’’ à d’autres êtres humains.

Nous avons été submergés depuis 2020 (et sommes encore sous son effet) d’un virus qui s’est développé partout dans le monde depuis deux ans. Nous sommes confrontés, du fait de l’invasion guerrière de l’Ukraine par la Russie, à une crise mondiale de l’énergie et de denrées alimentaires. Le Monde planétaire est, peu ou prou, à la même enseigne, inégalement repartie. Les pays qui, soumis à notre occupation sous couvert de civilisation,  ont contribué aux richesses dont nous tirons profit, se paupérisent et ses populations sont obligées d’immigrer et dont certains se noient dans la Méditerranée ou la Manche.

Le dérèglement climatique et les atteintes à la bio-diversité touchent la planète entière, c’est à dire concernent le devenir de la population mondiale. Et nous nous "recroquevillons" en essayant de défendre, contre vents et marées humaines, notre pré-carré occidental. Tout en exportant nos armes aux pays en conflit...

Quel futur aujourd’hui ?

Je me le suis demandé quand j’ai entendu la décision du ministre de l’Éducation de supprimer près de 1500 enseignants (selon les Échos du 13 déc, 1.000 dans le primaire public, 500 dans les collèges et lycées publics) parce qu’il y aurait une baisse du nombre d’élèves et donc ‘‘un moindre besoin d'enseignants’’ liée à la démographie. L’opportunité de maintenir les mêmes enseignants et de baisser le nombre d’élèves par classe et d’organiser un enseignement plus près des élèves en difficulté et plus engagé dans l’accompagnement scolaire, ne rentre pas dans les directives des cabinets de conseil Mckinsey & consorts. Le pouvoir actuel a érigé ces agences de communicants-influenceurs en éclaireurs de ses choix économiques, financiers et politiques. "La France a les classes les plus chargées d'Europe" titre le Monde du 30 décembre...

Ce président nous a montré clairement depuis 5 ans et demi que ce ne sont pas ces populations qui l’intéressent ("les gens de rien ou de peu ne lui servent pas, outre que ça coute un pognon de dingue", aux contribuables pas à lui).

Ah, mais il y a une alternative...

les forces d’opposition et une gauche unie...! on pourrait le croire, même si on l’espère avec espoir et enthousiasme. Le résultat des courses, après un début prometteur aux législatives, n'est pas seulement décevant mais il est surtout démobilisateur pour les citoyens moins avertis.

Un mouvement politique qui se fait élire dans un système démocratique et refuse la démocratie à l’intérieur de son organisation. Un élu violent dans son cadre familiale, condamné par la justice, qui n’a pas le discernement de ce que signifie l’éthique et l’intégrité qui devait le guider dans l’exercice de la charge qui lui a été confiée. Et les composantes de la Nupes semblent avoir ratée la marche n’ayant pas su imposer en interne la rigueur, à juste titre exprimée en externe, aux autres forces politiques: condamnation sans ambigüité sur les violences faites aux femmes.

‘‘No future’’ alors ?

Mais si, il y a un futur, celui qui mobilise des populations pour la justice, la solidarité, la fraternité. Des salariés, des agriculteurs tournés vers d’autres formes de travailler la terre, du personnel médical, de la justice, de l’enseignement, des bénévoles dans des associations humanitaires, ‘‘des jeunes diplômés qui refusent de servir d’alibi à une sorte de ‘‘capitalisme sauvage’’, des groupes de citoyennes et citoyens qui alertent sur les abus du pouvoir en place. Voire l’exemple des combines et les arrangements comme le principal conseiller du président (Kholer) ou d’une ministre chargée de transition écologique (Panier-Runacher) qui doit se reporter du fait des conflits d’intérêts potentiels justement avec un des principaux sujets liés à sa charge...

Et des citoyens alertes c’est aussi des adhérents, des militants dans des associations contre la corruption et pour l’éthique en politique... Des femmes, des hommes volontaires dans l'amitié, la confiance, le respect, la joie!

Pour 2023 j’ai envie de partager, sans bruit, ce vers de Fernando Pessoa, adapté du poème  "Mar Português" dans Mensagem, Tudo vale a pena se a alma não é pequena. [Tout en vaut la peine si l'âme n'est pas petite]. Et je trouve qu’elle n’est pas petite, cette âme... quand on s’engage contre les ‘‘marchands de la démocratie’’, ceux qui nous gouvernent ou certains de ceux qui aspirent à le faire.

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