“Aux vélos citoyens!”

Avec le déconfinement c'est le moment de nous lancer dans la pratique du vélo, exercice physique qui permet de brûler les graisses, favorise la perte de poids, renforce les muscles des jambes et aide les articulations. Et le clou de la bonne santé, stimule le système cardiovasculaire... Ouf, tout un programme! Mais surtout, “le vélo nous montre la voie” et ça c'est bon pour tout le monde!

Nous savons tous qu’il est le plus efficace pour les déplacements de moins de 5 km (deux tiers des déplacements). Il permet naturellement la distanciation sociale... dans ce contexte, la petite reine est une alternative rassurante aux transports en commun et permettra naturellement de les dé-saturer. L’heure est venue de faire du vélo le véhicule privé prioritaire en ville”.

C'est le sens de la tribune publiée dans Libération il y a trois jours, Déconfinement, le moment de faire du vélo le véhicule prioritaire, signée par quelques élus et militants Verts de Paris.

La crise sanitaire que nous traversons n'est pas que dû à l'utilisation à outrance de la voiture, mais le trafic tel qu'il nous submerge dans nos villes, imposant la priorité au transport individuel des quatre roues au détriment des transports en commun ou d'autre formes de mobilité, participe à ces maux qui nous assaillissent et qui prolifèrent détruisant l'environnement et la santé des personnes. Comme écrivent les auteurs de la tribune “La crise a mis en lumière l’impréparation et le déni du pays et des sociétés industrielles face au risque épidémique. Elle illustre notre attitude vis-à-vis des catastrophes latentes ou annoncées : pollutions, climat, biodiversité… Toutes aussi destructrices.

Pour rendre la ville vivableil ne suffit pas de faire baisser le nombre de voitures et de ce fait la pollution atmosphérique. Beaucoup d'autres paramètres sont nécessaires dont les différences accentuées dans l'habitat, l'accès aux lieux dits de culture ou d'activité sportive, en somme la vie sociale tout court et le rapport entre les personnes et les groupes qui composent le tissu urbain.

Notre voyage 2011 : 1600 km à vélo - Voyages à vélo

le "chat" aime aussi le vélo... merci Geluck pour ce dessin

Mais nous vivons peut-être une époque formidable(je vais me faire lyncher...) et ce moment dramatique qui traverse le pays (dont les 24 mil décès est un repère important), pouvait ou même devrait nous amener à d'autres orientations de développement, d'autres formes économiques et sociales. Finalement ce virus a permis de vérifier qu'en l'espace de quelques jours, ce qui semblait impensable a été possible de transformer, de modifier, de renverser les exigences et les priorités.

C'est donc en réfléchissant à cette étape d'après que cette tribune paraît opportune et urgente. Paris et les communes limitrophes, constituent une des zones urbaines les plus denses du monde. La question de la place laissée aux piétons sera dès lors essentielle. Les trottoirs sont aujourd’hui exigus et encombrés, notamment de panneaux publicitaires et de motos en stationnement illicite. Qu’il soit habitant, travailleur ou touriste, le piéton doit retrouver l’espace que le «carspreading» (comme le manspreading du métro) lui a enlevé. Il est même impossible de se croiser sur certains trottoirs trop étroits. Lors de la campagne des municipales 2020, nous avons proposé de piétonniser les rues devant les écoles. Ce doit être fait dès leur réouverture.

… “Il y a un an, nous avons lancé le projet Vélopolitain : un réseau cyclable, continu, capacitaire et protégé sur l’ensemble de la métropole du Grand Paris. Le conseil métropolitain l’a d’ailleurs adopté à l’unanimité en juin. Les associations de cyclistes et l’ensemble des candidats aux municipales le soutiennent. Nous proposions également des mesures d’urgences à mettre en place dès la première année de la nouvelle mandature, notamment la réalisation immédiate du réseau par des aménagements provisoires.

Et ils terminent en rappelant que Nous ne pouvons pas attendre de «tirer demain les leçons du moment que nous traversons». Agir immédiatement est impératif. Il ne doit plus y avoir de place en ville aujourd’hui pour les véhicules individuels du vieux monde sur des déplacements non nécessaires. Voitures et deux-roues motorisés sont énergivores, disproportionnés, accidentogènes et très majoritairement bruyants et polluants. Un nouveau plan de déplacement urbain est aujourd’hui nécessaire. Le monde d’après n’est pas un horizon lointain, il est déjà là, au bout de la piste cyclable.

C'est donc un appel à la volonté politique pour s'engager sur un véritable plan vélo pour toute la région parisienne (et également dans toutes les autres agglomérations) qui paraît urgent de mettre en marche, si on peut le dire ainsi. Et sans doute que les pouvoirs publics (Mairies, départements, Régions) ont un rôle important à jouer mais c'est aussi une affaire des citoyens, des associations, des regroupements de cyclistes, des professionnels utilisant le vélo pour leurs activités.

C'est aussi une affaire qui concerne tout le monde sur le besoin de voiture et les conséquences économiques de la limitation de son usage. Tout totalitarisme doit être combattu, de la voiture, des vélos ou de la trottinette, nouveau "fléau" sur les trottoirs... Pour le moment c'est bien l'automobile qui nous submerge! 

Il ne s'agit pas de donner un quelconque pouvoir aux vélos, il s'agit de rendre la ville autrement plus vivable et accueillante pour les piétons, pour les automobilistes avec moins d'embouteillages, réduire la pollution de l'air... grâce aux cyclistes!

De nouvelles pistes pour le vélo à Paris

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