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Billet de blog 30 août 2018

Drôle d'été: la bête attaque!

C'est un drôle d'été celui qui se termine. Il y a eu la canicule et dramatiques incendies de forêts. D'Autres-comme-nous qui se noient dans cette mer qui baigne aussi bien les plages présidentielles du fort de Brégançon que les côtes libyennes! Plus proche de moi, à peine ses 38 ans, c'est la bête qui l'attaque, dans son jeune sein, féminin, intime, riche de toutes les promesses d'amour et de vie.

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Et au détour d'un examen médical, ce mois d'août, dans cette illusion que cela n'arrive qu'aux autres, le diagnostic tombe sans appel. Oui, vous en avez “elle, il est maligne” qu'il faut extirper, au plus vite dans l'espoir de le supprimer, de l’enrayer de votre corps, de terrasser la bête. Tout en sachant que le parcours sera long, laissera des traces, dans votre corps comme dans votre tête, qui vous marqueront pour l'après comme elle-il a déjà commencé à vous marquer avant, dans votre esprit jusqu'à l'ordonnance-sentence du médecin.

La bête, le monstre, la pieuvre, le crabe, le cancer, le cancri, il-elle, tous ces noms et bien d'autres, dont nous nous servons pour décrire “une longue maladie” qui nous faisait honte et dont on ne pouvait pas s'en sortir. Comme si au-delà de ce qu'elle nous impose elle révélait aussi la représentation sociale, le statut de celle qui en est atteinte, l'imaginaire de nos peurs et de notre impuissance.

On entend parfois que la bête, le cancer, serait comme un “rite de passage”, tel un chemin initiatique vers un autre moment de notre âge -quelque soit l'âge d'ailleurs-. Épreuve individuelle, à laquelle chacun fait, doit faire, peut faire face, selon là où on se trouve, dans son intimité, dans son rêve, dans la géographie, dans l'histoire, dans le cours de la vie. Mais le cancer n'est pas moins une affaire collective, comme une "épidémie", qui nous concerne tous. Qui touche à ce que nous avalons, à ce que nous respirons, à ce que nous mangeons, aux effets sur l'environnement qui nous pénètrent... et que nous avons l'air de mésestimer, de ne pas prendre vraiment au “sérieux”!

Elle a à peine 38 ans et il s'est imposé dans son sein, il s'est infiltré avec ses griffes, ses fils prêts à s'étendre, s’incruster, la contaminer. La ronger de l'intérieur, molester son beau visage, faire chuter ses longs cheveux, la dévier de ses combats, de ses engagements, de ses créations.

Elle saura le vaincre, elle a la puissance de la volonté et de la justesse pour le combattre.

Grâce à toi la famille est encore plus forte et fraternelle. Et grâce à toi nos amis nous apprennent encore plus la force de l'amitié. Puisque c'est un “rite de passage”... tu sortiras grandie, ma fille!

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