Il avait tout... et nous avec!

Il avait tout, l'Assemblée, le Sénat, bon nombre de grandes villes étaient dirigées par le PS, les départements porte drapeaux de son parti, les régions étaient (et le sont encore pour peu de temps...) 20 sur 22, l’exécutif et la présidence de la République.

Il avait tout, l'Assemblée, le Sénat, bon nombre de grandes villes étaient dirigées par le PS, les départements porte drapeaux de son parti, les régions étaient (et le sont encore pour peu de temps...) 20 sur 22, l’exécutif et la présidence de la République.

En mai 2012 il nous avait aussi! Peut-être avec des nuances, les uns y croyaient dur comme fer, d'autres y allaient faute de mieux, quelques uns carrément sceptiques, on l'appelait même le « capitaine de pédalo », pas très astucieux, inefficace, mais ça faisait rire. Mais nous étions là, prêts à en découdre avec les effets de dix ans de Sarkozysme.

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Et tous les autres, la grande majorité, en dehors de ces diatribes ou bons mots, impertinents sans être pertinents, y avions mis du nôtre. Pas seulement pour jeter aux orties (les pauvres...) la Sarkozie, mais parce qu'on attendait et on voulait participer à un sursaut, comme citoyens-actifs.

Un changement de paradigme, d'autres valeurs, d'autres horizons. La confiance dans quelques points essentiels à la fois sur la structure politique (cumul et nombre de mandats), les orientations économiques (la suprématie bancaire et le diktat des marchés), les choix européens (maintenir et développer l'idée européenne, tout en proposant une autre vision et une autre cohérence), un véritable et assumé changement de cap sur l'environnement et le nucléaire, une éducation nationale comme investissement prioritaire dans l'avenir de la jeunesse, le quotidien des citoyens de ce pays, la place de tous ceux qui sont arrivés en France y compris le droit de vote pour ceux qui depuis longtemps sont en réalité des citoyens...

Le nous avec, c'est que nous étions aussi dans cette volonté, dans cette détermination et notre façon de défendre le résultat de mai 2012 y était inscrit.

Très vite, le président par ses choix et  mr. François Trierweiler...  par ses incartades, nous a mis au pas et en quelque sorte il nous a dit « circulez, il n'y a rien à voir... revenez dans cinq ans » !

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Le résultat des municipales a donné des indications à tous ceux qui voudraient bien y voir un rejet de la politique et des méthodes de la majorité qui s'exprimait. Les Départementales viennent de confirmer ce même regard et voilà qu'ils trouvent une parade « ça pourrait être pire », bien sûr et ceci dans toute hypothèse.

Dès le mois de juin 2012 je signalais ce qui me semblait Le premier «couac»? Depuis il n'y avait pas de raison pour que ça s'arrête et ce qu'il avait fait émerger, en tant que premier secrétaire de son parti, pendant la chiraquie-sarkozie, était en train de s’effondrer... et nous avec car pas seulement on ne croit plus dans le projet que nous avions adopté, mais nous sommes aussi désarçonnés sur l'avenir immédiat.

Il avait tout, pas tout à fait, il lui manquait et on le comprend/je le comprends mieux aujourd'hui. Il lui manquait la volonté politique, l’engagement pour faire du politique l'étendard de la transformation de la cité/de l’agglomération. Il lui manquait une vision politique du pays aujourd'hui et de notre responsabilité, collective, de transformer nos interrogations en regards vers l'avenir. En saisissant cette expérience douloureuse de voir les Sarkozites, les Tron(à Draveil) et autres, se pavaner dans la toute puissance, dans le récit du 29 mars 2015.

Le discours, à la gauche du PS qui consiste à défendre la «vertu» idéologique, au nom d'une cohérence semble plutôt stérile et inutile politiquement. Dans une espèce de rivalité pour savoir qui est la «vraie avant-garde», ce dont la population des cités de Créteil ou des quartiers nord de Marseille n'ont rien à cirer Il me semble que cette réalité doit être autrement analysée et autrement interrogée.

Résultat des courses, Le PS avec 2 938 503 voix a obtenu 774 sièges; l'UMP-UDI avec 5 089 816 voix a réussi à élire 1 260 conseillers; à son tour le FN avec 4 108 404 voix a 54 élus... Bien sûr il y a l'abstention, les alliances, le mode de scrutin majoritaire...

Mais pour tous ceux dont l'information politique est celle véhiculée par le journal du soir de TF1, tout ceci est bien complexe et bien simple : « sont toujours les mêmes qui se servent » ! Et même s'il a tout perdu ou est en train de le perdre, rien ne l’ébranle, au nom de la démocratie, ce que nous avons à défendre.

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