Petite histoire ordinaire d'expulsion ! acte II

Il pleuvait jeudi après-midi sur Paris mais les expulsions ne s'encombrent pas de météo et ainsi la famille Al Naeb a été expulsée vers 14 heures dans le douzième arrondissement du côté de Daumesnil.Et dans ces circonstances (prévenue en fin de matinée) la force publique, le clerc d'huissier, le serrurier n'ont pas d'états d'âme ("c'est le métier qui veut ça") et toutes les affaires sont mises sur le trottoir en urgence, ce qui fait que certains livres scolaires des enfants sont restés dans le logement et la serrure changée les empêchant de les récupérer.


Il pleuvait jeudi après-midi sur Paris mais les expulsions ne s'encombrent pas de météo et ainsi la famille Al Naeb a été expulsée vers 14 heures dans le douzième arrondissement du côté de Daumesnil.
Et dans ces circonstances (prévenue en fin de matinée) la force publique, le clerc d'huissier, le serrurier n'ont pas d'états d'âme ("c'est le métier qui veut ça") et toutes les affaires sont mises sur le trottoir en urgence, ce qui fait que certains livres scolaires des enfants sont restés dans le logement et la serrure changée les empêchant de les récupérer.

 

Dans un précédent billet, du 19 octobre, il s'agissait d'une "expulsion annoncée" qui vient de se concretiser.

 

Pour cette famille l'école de la République a un sens: les trois garçons de Madame Al Naeb sont, pour l'aîné dans une classe préparatoire au Lycée Paul Valéry (Paris 12), le deuxième en terminale S dans le même lycée et le cadet vient de rentrer en seconde au Lycée Sophie Germain (Paris 4).

Certes ils sont en vacances mais les conditions qui leurs sont faites ne sont pas de nature à les soutenir dans leurs besoins pour mener à bien leurs études dans cette famille d'origine syrienne, où on voit bien l'importance du travail scolaire pour la réussite sociale et familiale.
La député de la circonscription, Sandrine Mazetier avait fait un courrier à la Préfecture ce qui a permis à la famille une semaine de repli et l'espoir qu'elle passerait l'hiver.
Mais Madame le Maire, qui avait assuré Madame Al Naeb début octobre qu'ils ne seraient pas expulsés sans être relogés n'a pas, semble-t-il, voulu user ni de sa notoriété ni de sa légitimité et aurait donné son accord la veille du dernier jour légal pour les expulsions. Il est en effet surprenant “cette autorisation” justement avant la trêve de l'hiver, mettant ainsi à la rue une famille de trois enfants. Même la réussite scolaire, grâce au travail de cette mère, n'a pas paru suffisant pour sensibiliser Madame Blumenthal, Maire et également enseignante.

 

Est-ce que la famille n'était pas soutenue par la bonne “motion”? (s'agissant d'une municipalité PS, d'une député PS et d'un comité citoyen de soutien également d'inspiration PS, en ces temps de concurrence on peut s'en interroger).
Le propriétaire a ainsi reçu, indirectement, le soutien institutionnel lui permettant de régler l'affaire d'insalubrité, alors que dans le même immeuble où il a d'autres logements où des questions d'insalubrité se seraient également posées.
Recueillie provisoirement dans le voisinage, aucune proposition de logement n'a pas été faite et donc “la galère va se poursuivre”.

 

Que faire devant cette injustice ? écrire à la Mairie, soutenir la famille dans sa demande de relogement, faire appel à la solidarité ? sans doute un peu tout cela.
La question reste que la Mairie s'en décharge de cette façon d'une famille “encombrante”, le propriétaire se conforte dans sa position (34 m2, 1.250 euros) et peut poursuivre ses affaires, le tribunal n'a plus à s'en occuper, les services sociaux sont débordés et au fond “il y a tellement de familles dans le besoin”.

En attendant Madame Al Naeb et ses trois enfants seront trimbalés de logement provisoire en chambre d'hôtel dit social, d'administration en service municipal sans que leur situation émeuve ou mobilise davantage les chargés du relogement.

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