Radioactivité du Fort de Vaujours: les déclarations trompeuses du CEA

Lors de la réunion publique du 3 décembre 2018 à Courtry, la CRIIRAD a rappelé les graves dysfonctionnements qui entachent ce dossier et a dénoncé les déclarations trompeuses du CEA concernant la nature de l’uranium utilisé et les risques radiologiques

L’entreprise Placoplatre a ouvert une concertation publique sur le dossier de la future carrière de Vaujours-Guisy (extraction de gypse) qu’elle projette d’implanter au droit du fort de Vaujours. Le fort a abrité le CEV (Centre d’Etude de Vaujours), un site du Commissariat à l’Energie Atomique (Direction des Applications Militaires) où ont été effectués des tirs à l’uranium pour la mise au point des détonateurs de l’arme nucléaire.

Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la CRIIRAD a participé à l’atelier « Radioactivité » organisé à Courtry le 3 décembre 2018.

Il a pu rappeler à cette occasion les graves dysfonctionnements qui entachent ce dossier : un site considéré comme assaini par les autorités en 1998, alors que les contrôles effectués en 2001-2002 par la CRIIRAD ont démontré qu’il était toujours contaminé ; des experts (IRSN, BURGEAP Nudec) incapables de détecter la contamination résiduelle par l’uranium dans une casemate où un fragment d’uranium dégageait pourtant un taux de radiation alpha-bêta-gamma 70 fois supérieur au bruit de fond ; des sous-traitants de Placoplatre qui tombent par hasard à l’été 2017 sur des déchets radioactifs enfouis par le CEA dans un secteur qui n’était pas considéré comme à risque.

Intérieur du Fort de Vaujours / Casemate TC1 contaminée par l'uranium (CRIIRAD, 2002) © CRIIRAD Intérieur du Fort de Vaujours / Casemate TC1 contaminée par l'uranium (CRIIRAD, 2002) © CRIIRAD

La CRIIRAD a pu dénoncer lors de cette réunion publique les déclarations trompeuses du CEA tant sur la nature de l’uranium appauvri utilisé à Vaujours (le CEA mentionne dans sa présentation l’utilisation d’uranium appauvri en omettant de préciser qu’il a utilisé de l’uranium appauvri issu du retraitement des combustibles irradiés et donc susceptible d’être contaminé par du plutonium) que sur les risques radiologiques : un médecin du CEA a indiqué que les risques liés au radium 226 étaient infinitésimaux à Vaujours alors que des fragments de paratonnerre découverts sur le site en 2001 et 2015 présentent un débit de dose plus de 10 000 fois supérieur au niveau normal. Ce même médecin a indiqué oralement que l’inhalation et l’ingestion d’uranium ne pouvait entrainer une augmentation des risques de cancer alors que l’uranium (y compris naturel et appauvri) est classé comme cancérigène pour l’homme par le Centre International de Recherche sur le Cancer (en cas d’inhalation et d’ingestion).

Voir le support de présentation utilisé par la CRIIRAD le 3 décembre 2018

Voir le site de la concertation avec présentation du CEA et de PLACOPLATRE

Voir la note adressée par la CRIIRAD à PLACOPLATRE le 4 décembre 2018 à l’issue de la réunion publique.

 

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