Fermeture de la mine d’uranium de la COMINAK : une pollution radioactive à long terme

Dans la ville d’Arlit, au Niger, la mine d’uranium exploitée par la COMINAK, filiale d’ORANO (anciennement AREVA), a fermé le 31 mars 2021. La CRIIRAD et son partenaire nigérien l’ONG AGHIRIN’MAN dénoncent l’héritage laissé par la COMINAK et les conditions de cette fermeture.

Communiqué de presse du 29 mars 2021

La mine d’uranium exploitée par la COMINAK (filiale d’ORANO, ex-AREVA) à ARLIT (NIGER), va fermer le 31 mars 2021.

La CRIIRAD et son partenaire nigérien l’ONG AGHIRIN’MAN dénoncent l’héritage laissé par la COMINAK et les conditions de cette fermeture :

Indigence du programme d’accompagnement des sous-traitants :

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Manque de transparence sur la pollution radioactive à long terme :

Le rapport Environnemental Social et Sociétal (RESS) de COMINAK 2018-2019 consacre 2 pages à la gestion des déchets de l’entreprise. On y trouve la quantité de pneus (près de 125 tonnes en 2019), ou de « papier, carton, bois » (108 tonnes), mais le mot « radioactif » ne figure pas. Le fonctionnement des usines d’extraction de l’uranium de SOMAÏR et COMINAK a généré pourtant plusieurs dizaines de millions de tonnes de résidus radioactifs qui sont actuellement entreposés à l’air libre, sur deux sites, à quelques kilomètres de l’agglomération d’Arlit. A la fin 2009, la COMINAK avait produit 14 millions de tonnes de résidus solides, entreposés sur une verse de 50 hectares dont la crête culmine à une hauteur d’environ 27 mètres.

Dans le rapport 2018-2019 qui fait pourtant 40 pages, on ne trouve pas un mot sur le problème posé par la gestion à long terme de ces résidus d’extraction de l’uranium. Quelle solution COMINAK envisage-t-elle pour confiner de telles quantités de déchets radioactifs ?

Terril de résidus radioactifs de la COMINAK à l’air libre. © CRIIRAD Terril de résidus radioactifs de la COMINAK à l’air libre. © CRIIRAD

Les analyses effectuées par le laboratoire de la CRIIRAD ont montré que la radioactivité des résidus de la COMINAK dépasse 450 000 Becquerels par kilogramme. Ces déchets, issus d’un procédé d’extraction chimique, sont donc bien des déchets radioactifs. Ils vont être radioactifs pendant des centaines de milliers d’années (en réalité des milliards d’années si l’on considère l’uranium résiduel). L’entreposage à l’air libre de telles quantités de déchets radioactifs est un scandale. Ils produisent en effet en permanence un gaz radioactif, le radon, et les puissants vents du désert dispersent les fines poussières contenant des métaux lourds radioactifs, dont certains sont très radiotoxiques par inhalation.

La question de la gestion des résidus d’extraction de l’uranium n’est pas le seul « héritage radioactif » laissé aux populations d’Arlit et de sa région. Elles sont exposées à la radioactivité au quotidien, du fait de la pollution de l’air, de l’eau et de la présence de matériaux contaminés sur les marchés ou dans les habitations.

Voir l’article sur les ferrailles radioactives détectées en 2020 à Arlit.

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Contact : Bruno CHAREYRON - bruno.chareyron@criirad.org / +33 6 27 27 50 37

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