communiqués sur les violencesde ejido de San Sebastian Bachajon

Aux Conseils de Bon Gouvernement et á l'Armée Zapatiste de Libération National
Aux Bases d'Appuis Zapatiste
Au Congrès National Indigène
Au Festival Mondial des Résistances et des Rebellions
Aux compagnonEs adhérents a la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona
Aux Medias Libres et Indépendants
Aux défenseurs des droits de l'homme
Aux peuples du Mexique et du monde

Frères et sœurs,
Compagnons, Compagnonnes,

Le matin du 9 janvier, presque 1000 effectifs de police fédérale et étatique ont délogé les habitantEs de l'ejido de San Sebastian Bachajon d'une partie de son territoire. Ces terres avaient été récupérées le 21 décembre 2014 par les habitantEs de l'ejido, après que le mauvais gouvernement les avaient volées de manière violente le 2 février 2011.
De plus, pendant cette opération policière, 8 personnes de l'ejido ont été embarquées, mais ont réussi à retourner sain et sauf avec leur compagnonEs quelques heures plus tard.

La récupération du territoire des très touristiques cascades d'Agua Azul a été pacifique, cherchant le dialogue avec toute la communauté. En aucun cas les compagnonEs ont utilisé la force. A aucun moment le mauvais gouvernement n’a voulu faciliter le dialogue entre les différents partis, son unique réponse a été d'envoyer trois fois plus de policiers que de compagnonEs protégeant leurs propres terres.
Le gouvernement du Mexique vole les terres des paysans pour l'implantation de mégaprojets. Là-bas, ce mégaprojet s'appelle "Centre Intégralement Planifié de Palenque" (CIPP). Le mauvais gouvernement veut implanter dans cette zone des hôtels de luxe, des terrains de golf, une autoroute, d’où sa volonté de déloger et harceler le peuple de Bachajon.
Il n'y a jamais eu de consultation des habitantEs de l'ejido de San Sebastian Bachajon pour ce projet, comme le prévoient la Convention 169 de l’OIT et les Accords de San Andres, uniquement de la répression et de l'expulsion. Depuis 2011, le gouvernement et les entreprises veulent imposer leur mégaprojet, ignorant ses propres lois et un appel judiciaire obtenu par les habitantEs de l'ejido en faveur de leur territoire.
Qui accepterait de voir ses terres pillées sans son consentement? Qui aimerait voir sa terre détruite et saccagée pour le bénéfice de quelques millionnaires? Ni au Chiapas, ni dans aucune autre partie du monde où existe encore la dignité, celle qui ne s'achète ni ne se vend, encore moins se déguise en soi-disant "progrès", qui est un déguisement de plus dans l'accumulation capitaliste.
Le gouvernement du Mexique et du Chiapas se moque des peuples originaires, provoquant des guerres et des expropriations, se félicitant d'actions de répression comme cette expulsion. Nous avons vu le secrétaire du gouvernement se vanter d'avoir "récupéré" le guichet d'entrée, mais de quoi est-il donc fier? D'avoir rendu un service aux capitalistes qui vivent de la richesse du Mexique ?
Nous dénonçons la répression des trois niveaux du mauvais gouvernement, qui refuse de laisser vivre en paix le digne peuple de Bachajon, qui cherche des formes de vie autonomes et alternatives au modèle capitaliste. Nous rappelons et dénonçons que le harcèlement gouvernemental a amené aux assassinats de deux compagnons de l'organisation locale: Juan Vazquez Guzman, le 24 avril 2013, et Juan Carlos Gomez Silvano, le 21 mars 2014. Le mauvais gouvernement utilise aussi la prison pour persécuter les habitantEs organiséEs de l'ejido. Nous rappelons la détention injuste de: Santiago Moreno Pérez, Emilio Jiménez Gómez et Esteban Gómez Jímenez; ainsi que celles de Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, les trois derniers ayant été torturés par la police municipale de Chilon le 16 septembre 2014.
La police a eu comme unique réponse à la légitime action des comp@s de Bachajon qui récupéraient leurs terres, le 11.01, de tirer avec des balles de caoutchouc et des balles réelles, blessant plusieurs comp@s! Nous dénonçons énergiquement cette agression du mauvais gouvernement
Nous restons vigilantEs quant à l’évolution de la situation, ce ne sera pas une expulsion qui arrêtera la lutte de Bachajon et de toutEs celles et ceux qui dans le monde défendent la vie et la nature face à la mort et la destruction. Il est un fait notoire que personne ne peut ignorer, où que ce soit dans le monde: le gouvernement mexicain assassine, réprime et usurpe.
Juan Vázquez Guzmán Vit, la Lutte de Bachajón continue!
Juan Carlos Gómez Silvano Vit, la Lutte de Bachajón continue!
Non au pillage des territoires indigènes!
Liberté aux PrisonnierEs Politiques!
S’il touche à l’unE, ils nous touchent toutEs !

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