Lettre ouverte à François Hollande : non au coup de force de la BCE contre la démocratie

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce mercredi 11 février pour décider du sort de la Grèce. En coupant son refinancement aux banques grecques, la BCE a mis le couteau sous la gorge du gouvernement Tsipras. Des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des intellectuels s'adressent à François Hollande pour qu'il ne laisse pas la Troïka (BCE-Commission-FMI) tenter de mettre la Grèce à genoux.  

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent ce mercredi 11 février pour décider du sort de la Grèce. En coupant son refinancement aux banques grecques, la BCE a mis le couteau sous la gorge du gouvernement Tsipras. Des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des intellectuels s'adressent à François Hollande pour qu'il ne laisse pas la Troïka (BCE-Commission-FMI) tenter de mettre la Grèce à genoux.

 

 

Monsieur le Président,

En coupant abruptement l’accès des banques grecques à son refinancement, la Banque Centrale Européenne a pris une décision politique d'une extrême gravité. Au risque de déclencher une panique bancaire en Grèce et une vague spéculative contre ce pays, la BCE déclare ainsi au nouveau gouvernement grec : si vous mettez fin à l’austérité, nous vous expulsons de la zone euro. C'est le droit du peuple grec à décider de son destin qui est ainsi nié, c'est la démocratie en Europe qui est ainsi bafouée, ce sont les peuples d'Europe que l'on méprise. Déjà M. Juncker avait prévenu : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (Le Figaro, 29/01).

Après avoir rencontré Alexis Tsipras vous avez indiqué que « le dialogue entre la Grèce et ses partenaires européens doit se dérouler en vue de trouver un accord ». Alors qu'un compromis semblait pouvoir se dessiner, le coup de force de la BCE vise à le rendre impossible. Il s'agit d'une attitude irresponsable. La BCE, organisme non élu, ne laisse plus qu’un choix aux chefs d’État et de gouvernement européens : soutenir sa décision de mettre à genoux le peuple grec ou la désavouer. En refusant ce diktat de la BCE, en exigeant que du temps soit donné aux négociations de bonne foi entre partenaires européens, vous pouvez encore interrompre cette mécanique

 

Nils Anderson (éditeur), Clémentine Autain (Ensemble), Geneviève Azam (Attac), Etienne Balibar (philosophe), Francine Bavay (Conseillère régionale EELV), Alima Boumediene (juriste), Claude Calame (anthropologue), Jean Claude Chailley (Résistance Sociale), Philippe Corcuff (sociologue), Thomas Coutrot (Attac), Noël Daucé (FSU), Claude Debons (syndicaliste), Christophe Delecourt (syndicaliste CGT), Robert Crémieux (Mouvement national des chômeurs et précaires), Fabrice Flipo (philosophe), Jean Gadrey (économiste), Elisabeth Gautier (Transform !), Didier Gélot (Fondation Copernic), Susan George (présidente d’honneur d’Attac), Jean-Marie Harribey (économiste), Patrick le Hyaric (député européen, PCF-FdG), Lucien Jallamion (République et Socialisme), Samy Joshsua (pédagogue), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Catherine Lebrun (Union syndicale Solidaires), Hervé Le Crosnier (enseignant-chercheur),Mathurin Lévis (MJS), Myriam Martin (Ensemble), Christiane Marty (féministe), Dominique Méda (sociologue), Gilles Monsillon (Alterekolo), Corinne Morel-Darleux (Parti de Gauche), Véronique Ponvert (FSU) , Jacques Rigaudiat (économiste), Patrick Silberstein (éditeur), Yves Sintomer (politiste), Bernard Teper (REP), Bruno Théret (économiste), Aurélie Trouvé (économiste), Philippe Zarifian (sociologue).

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