Evasion fiscale: de quel côté est la délinquance?

Attac s’est mobilisée ce dernier week end avec ses partenaires pour marquer les 10 ans de la crise, qui a débuté le 15 septembre 2008 avec la chute de Lehman Brothers. Plus de 80 actions ont été menées en Europe, dont une soixantaine en France, qui ont ciblé les grandes banques responsables de l’évasion fiscale, de la spéculation et du financement des énergies fossiles.

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Photo : Brice Le Gall

Il s’agissait d’actions citoyennes, de désobéissance civile, non violentes, menées pour alerter l’opinion publique : 10 après la crise, le « business model » des banques n’a pas changé, leur seul objectif reste la rentabilité financière à court terme, au service des actionnaires, qui avait conduit à la crise des subprimes en 2008. Et qui pourrait conduire demain à une nouvelle crise dévastatrice. Non seulement les Etats n’ont pas mené les réformes radicales qui s’imposaient pour désarmer les marchés et les banques, mais ils utilisent aujourd’hui la force publique pour protéger les délinquants fiscaux et financiers.

Qu’on en juge ! A la suite d’une action de collage de stickers sur les locaux de la Société Générale à Paris, vendredi 14 septembre dans la soirée, 8 militants d’Attac et EELV ont été interpellés et mis en garde à vue dans les commissariats des 3ème et 4ème arrondissements. Une garde à vue, dans des conditions matérielles dégradantes, qui a duré près de 20 heures pour certains. Et qui s’est soldée par un « rappel à la loi », assorti d’une période probatoire de 3 ans, pour « dégradation de matériel en réunion ». Véritable procédure bâillon qui menace les militants concernés de sanctions pénales sévères en cas de récidive… Tout cela, pour le simple collage de stickers !

Samedi 15 septembre, à Grenoble et à Paris, d’autres « activistes » ont été « nassés » par la police pendant 2 heures avant de faire l’objet d’un contrôle d’identité.

Attac dénonce la répression disproportionnée qui s’est abattue sur les militants. Cette répression est inadmissible car elle remet en cause la liberté fondamentale d’expression et s’attaque à l’action citoyenne.

Attac pose publiquement la question : qui sont les délinquants ?  Les banques qui spéculent, organisent l’évasion fiscale et financent les énergies fossiles, ou les citoyen.ne.s qui dénoncent ces agissements dans l’intérêt général, par des actions non violentes ?

Le gouvernement Macron a choisi son camp face à la finance prédatrice.

Mais Attac ne se laissera pas intimider par cette répression sans fondement, et continuera ses actions citoyennes avec toujours plus de détermination. La répression a pour but de dissuader les militants, mais elle rate sa cible : elle renforce notre détermination à agir et suscite la sympathie d'une partie toujours plus importante de la population pour les actions menées par Attac. 

 

Par Dominique Plihon, porte-parole d'Attac France

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