Faurisson : ce qu'il ne nie pas est, en soi, ...

Faurisson est mort. Mais le Faurissonisme ne l'est pas. Dans cette France, l'extrême-droite est implantée. Son propos, négationniste, est d'une très grande faiblesse. Mais, pour lui et ses amis, qu'importe ? Il s'agit de faire vivre une petite boutique. Leur audience est très faible. Mais c'est déjà trop. Parce que le devoir de mémoire est superficiel.

Seuls des intellectuels sont capables du pire. C'est la leçon, constante, universelle, fondamentale, des siècles de l'Histoire humaine, jusqu'à nos jours. Les humbles, les prolétaires, les travailleurs, autrement dit, celles et ceux par et pour qui les relations vitales sont au coeur de leur être, les détermine, ne s'engagent jamais vers le pire. Il faut une folie, et les intellectuels, capables de la "solitude négative", celle où, comme des démiurges, ils et elles pensent pouvoir et devoir reconstruire, l'univers, la vie, les cités, sont exposés à ce risque. Il faut écouter Faurisson, par exemple, ici, pour comprendre que nous avons à faire à un tel cas. Une simple psychanalyse de son cas, déjà effectuée par d'autres, établit que le personnage qui était à la recherche d'une reconnaissance inter-humaine, large, réelle, avait échoué à l'obtenir par des publications concernant Rimbaud, Lautréamont. Il s'est donc posé comme victime d'une "cabale", et qui pouvait en être responsable ? Dans la vidéo mentionnée ci-dessus, il affirme que, à la Libération, alors qu'il était un "résistant" (?), il a immédiatement ressenti de l'empathie pour "le vaincu", le "vaincu" écrasé par les "vainqueurs" - comme si ce "vaincu", qui a cherché à être le vainqueur, et quel vainqueur, n'avait pas commis de tels crimes qu'il était possible d'éprouver pour lui de "l'empathie". Mais là où la situation est vertigineuse, c'est que cette "empathie pour le vaincu" n'est pas un phénomène si rare, si singulier. En effet, comment ne pas entendre cette expression de pitié à propos de ces "pauvres Allemands" de 1945 ? cette expression qui accuse les vainqueurs d'avoir mis en oeuvre une épuration sévère, alors que, dans les faits, c'est tout le contraire qui s'est produit ? ! cette expression de soutien de certains des pays vainqueurs et pour ces Allemands vaincus, et pour ces Nazis, dont ils ont aidé la fuite, la survie, la réinsertion ? ! Enfin, dans cette même vidéo, Faurisson accuse les vainqueurs d'avoir prétendu disposer d'un "droit de juger/condamner", y compris par des clauses particulières du statut du Tribunal de Nuremberg, alors que ces clauses s'expliquent et se justifient. Mais c'est sur son négationnisme/révisionnisme que ses faiblesses argumentatives apparaissent, si évidentes. Quand Faurisson se réfère à la logique

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