retraites , henri sterdiniak .

retraites : un déficit imaginaire pour justifier la réforme

sur le même sujet déjà relayés : piketty  (la ) , gilles raveaud (ici , , et ici ) ,  ou déjà sterdiniak ( alter éco )

 salamé : " le pays est trop négatif" dit e macron ..
 piketty : ben si vous n'investissez pas sur l'avenir , quand vous consacrez la totalité de vos marges budgetaires à des septuagenaires aisés qui payent l'isf au lieu de le consacrer à la jeunese et à lenseignement supérieur  ...

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Sterdiniak

https://www.facebook.com/LeMediaOfficiel/videos/553918912106610/

réduire les retraites au nom d'un déficit imaginaire

le gvt avait demandé au conseil d'orientation des retraites (cor) d'évaluer la situation du régime des retraites jusqu'en 2025 . Son objectif est clair , il faut montrer que le système est déficitaire et donc qu'il faut d'urgence des mesures de correction pour redresser "l'équilibre financier du régime" avant 2025 , date de mise en place de la retraite par point . Malgré quelques réticences , le cor s'est prété à l'opération de sorte que le gvt et la grande presse ont pu mettre l'accent sur un déficit prévu en 2025 de 17 milliards d'euros soit 0,7% du pib .

ce pseudo déficit ne vient pas de la hausse des dépenses des retraites , à partir de 2012 les pensions évolueraient comme les prix sans aucune revalorisation du pouvoir d'achat . jusqu'en 2024 les dépenses de retraites augmenteraient de 1,4% par an en volume , ce qui correspond à la croissance prévue du pib par le cor . ainsi les dépenses de retraites du pib resteraient stables à 13,8% du pib . ceci au prix d'une baisse du ratio entre la pension moyenne et le salaire moyen , de 3,1% en 2025 . En somme ce sont les retraités qui supporteraient par une baisse de leur pension la hausse du nombre de retraités .

le déficit provient uniquement de la baisse des ressources , de  13,7 % du pib en 2018 à 13,2% en 2025 ... le cor fait l'hypothèse que les taux de cotisation seraient fixes , mais il reprend les objectif du gvt en matières d'emplois publics , soit une baisse de 90 000 emplois d'ici 2025. le point dindice de la fonction publique serait fixe jusqu'en 2022,  puis le salaire moyen serait bloqué en matière de pouvoir d'achat . au total  le traitement des fonctionnaires passerait de 12% du pib actuellement à 10% en 2025 . cela permettrait aux administration de baisser leur cotisation employeur de 12,5 milliards  . la quasi totalité du déficit provient donc de l'austérité salariale et de la baisse des effectifs publics ! .

c'est la double peine : les salaires stagnent , les effectifs public décroissent , et sa devient un argument pur baisser les retraites .

s'y ajoute une perte de 2 milliards pour les régimes de retraites , due à la non compensation par l'état des exonérations de cotisations sur les heures supplémentaires et sur les primes de fin d'année , en raison de la baisse du forfait social , en raison de la baisse de la csg sur certains retraités . S'y ajoutent des transferts moindre de cotisation de 2 milliards de l'unédic en raison de la baisse prévue du chômage .

il n'y a donc en réalité aucun déficit du système de retraite autre que celui provoqué par les choix du gvt de réduire les ressources des caisses de retraites .

si on considère l'ensemble du système de protection sociale , il faut rappeler qu'en 2025 la dette sociale sera remboursée , c'est donc 16 milliards qui sont utilisés actuellement  pour rembourser les marchés financiers qui sont disponibles . avec un taux de chomage de 7% en 2025 l'unédic aurait un excédent de 12 milliards . la protection sociale prise globalement aurait en 2025 un excédent de 14 milliards . par ailleurs les réserves nettes des systèmes de retraites sont aujourd'hui de 127 milliards . il n'y a donc pas de déficit préoccupant qui obligerait à prendre d'urgence des mesures d'austérité contre les retraités .

compte tenu de la commande du premier ministre le cor s'est trouvé obligé de proposer des mesures pour combler un déficit qui n'existe pas : soit augmenter l'age minimal du départ à la retraite à 64,3 ans , ce qui obligerait beaucoup de sénior de retarder de deux ans leur départ à la retraite , sachant que beaucoup ne pourraient pas se maintenir en emploi ; soit augmenter à 46 ans la durée de cotisation requise pour avoir un taux plein , ce qui veut dire que les jeunes qui commencent à cotiser à 23 ans n'auraient droit à une retraite à taux plein qu'à 69 ans ; soit une baisse de 1,1% par ans du pouvoir d'achat des retraites qui ne seraient plus indexées sur l'inflation  .

nous l'avons montré  : il n'y a pas de problème structurel de financement des rtraites en 2025 , avec les hypothèses faites en matières de dépenses . cela ne nous empêche pas de considérr que la baisse des retraites par rapport aux salaires n'est pas souhaitable . il faudrait donc consacrer en 2025 11 milliard de plus en retraites , ce qui serait facilement finançable si le taux de cotisation retraite était augmenté chaque année de 0,2 points  , soit au total de 1,1 points en 2025 . contrairement à la propagande du gvt , qui cible les salariés de la ratp ou les salariés de la sncf , le projet de réforme concerne bien tous les salariés et ous les retraités qui seraient encore frappés si le gvt ajustait le système en désindexant encore les retraites .

cet épisode illustre la stratégie qu'utilisera le gvt à l'avenir : priver arbitrairement de ressources le systèmes de retraites et utiliser ainsi le défisit ainsi créé pour diminuer le niveau des retraites

 

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