chiffres du chômage

Le nombre de chômeurs est en baisse, mais si l’on additionne leur nombre à celui des personnes reléguées aux frontières du chômage, ce sont 4,1 millions de personnes qui souhaitent travailler. (nouvel obs )

https://www.nouvelobs.com/economie/20200213.OBS24791/moins-de-chomage-mais-plus-de-halo-autour-du-chomage.html

 

 

Cet article a initialement été publié le 14 août 2019

Le chômage a poursuivi sa baisse au quatrième trimestre 2019, atteignant son plus bas niveau depuis fin 2008, 8,1%. Il faut bien sûr s’en réjouir : la France (hors Mayotte) compte 2,424 millions de chômeurs, soit 85 000 de moins sur le trimestre.

Ce qui est moins réjouissant, c’est que, toujours selon les chiffres trimestriels communiqués par l’Insee jeudi 13 février, le « halo autour du chômage » augmente de nouveau au quatrième trimestre. Parmi les personnes inactives, 1,7 million souhaitent ainsi un emploi sans être considérées au chômage : elles constituent ce fameux « halo autour du chômage ». Leur nombre augmente de 59 000 entre les troisième et quatrième trimestres 2019. La part du « halo » dans la population des 15-64 ans augmente ainsi de 0,1 point sur le trimestre (+ 0,2 point sur un an), à 4,0 %, son plus haut niveau depuis 2003.

Le « halo du chômage » ? Ce sont ceux qui souhaitent un emploi mais qui sont considérés comme inactifs au sens du BIT (Bureau international du travail). Car il faut savoir que le BIT est restrictif. Il définit comme chômeurs les personnes qui cherchent un emploi et qui sont disponibles pour prendre un emploi dans les deux semaines. Le halo, ce sont tous les autres, aux frontières du chômage. L’équivalent européen de l’Insee, Eurostat, préfère parler de « force de travail potentielle supplémentaire ».

Une majorité de femmes

Le nombre des personnes composant le « halo » a cru régulièrement entre 2003 et 2014, et s’est stabilisé depuis. Dans une étude détaillée parue en 2016, l’Insee indique que leur profil est nettement féminin, à 55 % - c’était encore plus marqué avant la crise de 2008.

Il peut s’agir de personnes diplômées qui se trouvent provisoirement sans activité, entre deux emplois. Il peut s’agir de personnes découragées qui ont renoncé à chercher un travail. Ou encore de personnes éloignées du marché de l’emploi parce qu’elles reprennent leurs études, attendent un enfant, sont malades ou invalides. 20 % n’ont jamais travaillé et 28 % n’ont pas travaillé depuis au moins 3 ans.

L’Insee les a classés en trois catégories. Ceux qui cherchent un emploi mais ne sont pas disponibles (un tiers du halo). Ceux qui sont disponibles mais ne cherchent pas d’emploi (un gros tiers). Et ceux qui disent vouloir travailler mais ne sont ni disponibles, ni en recherche active (un petit tiers).

Bref, le halo autour du chômage, ce n’est pas du chômage, mais cela en a tout de même la saveur. Pour preuve : la moitié de ces personnes sont inscrites à Pôle emploi. Si l’on additionne leur nombre avec celui des demandeurs d’emploi « officiels », ce sont ainsi 4,1 millions de personnes qui sont dans la précarité, sans même compter ceux qui travaillent à temps très partiel, et que le BIT ne comptabilise pas non plus - pour le BIT, une personne qui a travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de référence n’est pas un chômeur.

Baptiste Legrand

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http://www.zejournal.mobi/index.php/news/show_detail/19225

D’après l’INSEE, le chômage augmente démentant la propagande du régime Macron

Auteur : JBC | Editeur : Walt | Lundi, 03 Févr. 2020 - 13h21

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Dans sa dernière publication concernant le suivi des chiffres du chômage et datant du 14 novembre 2019, l’INSEE – le très officiel institut national de la statistique et des études économiques – observait qu’au troisième trimestre 2019, le taux de chômage au sens du bureau international du travail était en augmentation de 0.1 point, à 8,6% de la population active. Et les experts de noter au delà de ce chiffre officiel également l’augmentation du “halo autour du chômage”, c’est-à-dire les personnes non officiellement décomptées comme chômeurs mais qui sont en réalité privées d’emploi, avec un niveau de 1,6 millions de personnes, atteignant le record de fin 2018.

De fait, ces statistiques inquiétantes, confirmant d’ailleurs la réalité observée par la majorité des travailleurs de France, invitent à poser la question de la réalité de la communication faite par le régime Macron et son ministre du travail autour de chiffres trimestriels du chômage publiés par la DARES. Il paraîtrait qu’il y aurait une baisse du chômage. L’analyse des chiffres montre qu’en réalité le nombre de chômeurs réel est en augmentation.

En France, département de Mayotte exclu, effectivement entre le 4e trimestre 2018 et le 4e trimestre 2019, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi en catégorie A a effectivement légèrement diminué passant de 3 674 400 à 3 553 700. Une diminution de 120 700. Un chiffre qui semble indiquer une baisse du chômage. Statistiquement, il traduit en réalité une baisse du nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi, le mot important étant inscrits, tous les radiés et effacés des listes ne comptant pas. En effet, les statistiques produites par la DARES montrent qu’il n’y a pas réellement de création d’emplois :

  • la durée moyenne d’ancienneté des chômeurs inscrits en catégorie A, B et C a augmenté de 10 jours sur l’année écoulée. Elle atteint désormais près de 11 mois avec 326 jours ! Un chiffre qui est loin de montrer une baisse effective du chômage. Car s’il y avait une reprise des embauches, la durée du chômage devrait baisser.
  • le nombre de chômeurs indemnisés est lui parfaitement constant avec 3,251 millions de chômeurs indemnisés. Là encore, pas de baisse tangible du chômage, mais bien une diminution du nombre d’inscrits. Il est vrai que la récente “réforme” de l’assurance chômage qui supprime les droits de nombre de chômeurs va mécaniquement réduire le nombre d’inscrits à Pôle Emploi. Il n’y a que très peu d’intérêt à aller pointer à Pôle Emploi lorsque son indemnisation est supprimée !

Le graphique suivant présentant les chiffres réels, bruts, des inscriptions à Pôle emploi en catégorie A, B et C ainsi que leur moyenne sur 12 mois démontre par ailleurs, y compris au sens de la description officielle du ministère du Travail, l’absence d’inversion tangible de la courbe du chômage

La vérité des chiffres du chômage

Surtout, la vérité des chiffres décrit une autre terrible réalité : le bilan des entrées et sorties de Pôle Emploi ne met pas en évidence de création solide d’emplois. Sans création d’emplois, impossible de faire diminuer le chômage

Sur les 553 600 sorties des statistiques de Pôle Emploi de la catégorie A B et C en France métropolitaine au 4e trimestre 2019, seules 112 800 le sont en raison d’une reprise d’emploi. À peine 1 sur 5. Les radiations administratives et cessation de recherche (maladie, maternité, retraite…) représentent 368 000 sorties soient près de 70% ! Dans le détail, les radiations administratives, les arrêts de recherche pour cause de maternité, maladie et retraite ( 133 500) sont même 18% plus nombreuses que les sorties pour causes de reprises d’un vrai emploi. Statistiquement on est loin d’une vague de créations d’emplois comme veut le faire croire le régime Macron. Au contraire, c’est plutôt une vague de radiations qui semble avoir lieu.

Si on met de côté les radiations administratives officielles (et officieuses : correspondant à la catégorie autres cas de la DARES) soit 85 600 sorties, le nombre de sorties réelles des catégories A,B et C est de 448 000. À comparer aux entrées qui s’élèvent sur le même 4e trimestre de l’année 2019 à 513 200…. Cela signifie qu’il a manqué 65 200 créations d’emploi pour satisfaire aux inscriptions à à Pôle Emploi : la réduction officielle du chiffre du chômage n’est obtenue que par les radiations.

Contrairement à ce que prétend le régime Macron et ses propagandistes médiatiques, il n’y a en effet pas d’augmentation des créations d’emploi.

C’est d’ailleurs bien ce que confirment les chiffres de l’INSEE: il n’y a pas de baisse du chômage, mais au contraire une baisse du taux d’emploi et une précarisation alimentant la paupérisation des travailleurs de France :

 

 

  • sur un an, le taux d’emploi des 15-64 ans a diminué de 0,2 points. Cela signifie qu’au cours de l’année 2019, 60 000 travailleurs sont totalement sortis de l’emploi.
  • la précarité augmente : désormais le taux d’emploi en CDI est inférieur à la moitié de la population : 49% en baisse de 0,2 point.
  • le taux d’emploi à temps complet diminue de 0,4 points pour s’établir à 53,6%
  • en définitive le taux d’activité a diminué de 0,7 point sur un an, à 71,3%

Le bilan de Macron président c’est la hausse du chômage

Reprenons les chiffres bruts publiés par la DARES et faisons le bilan.

  • en catégorie A, l’année 2019 se termine avec 3 358 600 chômeurs. C’est plus qu’en mai 2017 : 3 337 000 chômeurs quand Macron s’est installé à l’Élysée.
  • en catégorie A B C, c’est 5 486 900 soit plus que les 5 449 100 de mai 2017
  • D’après les chiffres du ministère du Travail, Pôle Emploi a procédé à 1 386 200 de radiations depuis mai 2017. En moyenne 45 000 chaque mois. À comparer à la baisse de 65 000 inscrits en catégorie A,B,C,D,E en 32 mois entre mai 2017 et décembre 2019 soit seulement 2000 inscrits de moins chaque mois. En clair, les radiations officielles sont chaque mois 22.5 fois plus élevées que la baisse officielle du nombre de chômeurs inscrits…

Arithmétiquement Macron et sa politique c’est donc 21 600 chômeurs de plus en catégorie A,B,C,D,E depuis son entrée à l’Élysée selon ses propres chiffres officiels.

Et si les chiffres du ministère du Travail n’étaient pas purgés à grands coups de radiations, à coup de suppressions des indemnités chômage, sans aucun doute le bilan officiel serait encore plus tragique. À l’échelle de la guerre économique menée contre la classe des travailleurs de notre pays, dont chacun peut percevoir les conséquences douloureuse

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