pendant près d’un demi-siècle, d’abord pour une radio israélienne, puis pour France 2, il a rendu compte à Jérusalem du conflit israélo-palestinien. Il en a aussi décortiqué chaque épisode dans de nombreux ouvrages. Charles Enderlin vient de publier Israël, l’agonie d’une démocratie, ultime petit livre d’intervention sur le péril que fait courir au pays le nouveau gouvernement messianique et raciste de Benyamin Netanyahou. Parallèlement, Enderlin n’a cessé d’alerter sur la complaisance de cette droite nationaliste israélienne envers le Hamas dont l’émergence réduisait à néant « la question palestinienne ». À Gaza, celle-ci a ressurgi dans un paroxysme de violence…
[...] Il ne faut jamais oublier l’Histoire ! À la fin de la guerre israélo-arabe de 1948, la bande de Gaza, où se sont réfugiés 170 000 villageois palestiniens, est occupée par l’Égypte, qui administre le territoire jusqu’à la victoire, en 1967, des Israéliens, qui occupent Gaza. À cette époque, les communistes du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) sont majoritaires à Gaza. Dans les cafés, on peut boire de la bière, il y a même un cinéma. L’ennemi, pour les Israéliens, c’est cette gauche palestinienne qui peut commettre des attentats ; c’est ceux-là qu’il lui faut combattre. Le gouverneur israélien reçoit alors un cheik tétraplégique et malvoyant, Ahmed Yassine, qui veut faire du social. Pendant vingt ans, les Israéliens vont soutenir l’islam radical à Gaza, représenté par l’« union islamique », alors qu’il s’agit de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans. Tout cela jusqu’en août 1988, où les Israéliens découvrent que la charte du mouvement que Yassine a créé, le Hamas, prévoit la destruction d’Israël…[...] sans renforts, le Fatah et la police de Mahmoud Abbas ne pourront pas faire face au Hamas. En juin 2007, l’organisation islamiste passe à l’action. Les fonctionnaires de l’Autorité autonome sont expulsés. Les casernes de police sont prises d’assaut. Il y a 110 morts, 550 blessés, des militants du Fatah pour la plupart.[...] Netanyahou maintient le blocus de Gaza, mais en autorisant le financement du Hamas par le Qatar. Régulièrement, un émissaire qatari arrive à l’aéroport Ben Gourion avec des valises de billets. La police israélienne l’escorte jusqu’au poste-frontière d’Erez où la somme est remise au Hamas.[...] Mais depuis presque un an, je constate une véritable omerta en France sur l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite israélienne religieuse, messianique, raciste et homophobe.[...] En France, on hurle quand est prononcé le mot apartheid à propos de ce qui se passe en Cisjordanie. Pourtant, en Israël, c’est l’ancien patron du Mossad, Tamir Pardo, qui prononce ce mot d’apartheid, et personne ne l’accuse d’être antisémite.[...] Contre un régime raciste, discriminatoire, injuste, qui entraîne le peuple israélien dans le désastre, la lutte doit être radicale. Enfin, il faut bien le dire, toute personne qui a soutenu la politique de colonisation de Netanyahou soutenait de fait le renforcement du Hamas.
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https://www.youtube.com/watch?v=dsGoOGmsXlA canard refractaire gaza