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Billet de blog 27 juin 2023

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mesquineries , mais symptomatiques d'une dérive

repression des casserolades à marseille

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https://www.liberation.fr/checknews/visite-de-macron-a-marseille-des-manifestants-ont-ils-ete-enfermes-dans-une-ecole-20230627_BXDUX6HVNRFCTJRYTPKEISWSN4/

Une dizaine de personnes ont tenté de lancer une casserolade à l’occasion de la venue du président dans le quartier de la Busserine, à Marseille.

Lundi 26 juin, en marge de la première journée de visite présidentielle dans la cité phocéenne, qui s’est tenue dans un contexte ultra-sécurisé, plusieurs publications sur les réseaux sociaux ont fait état d’une scène surprenante. Dans le quartier de la Busserine, complètement bouclé par les forces de l’ordre, plusieurs militants auraient été maintenus dans les locaux d’une école afin qu’ils ne perturbent pas la déambulation d’Emmanuel Macron.

C’est ce qu’affirme notamment, dans la soirée, le très suivi compte Twitter @Brevesdepresse, indiquant que «des opposants au président ont été enfermés de force dans une école». Plusieurs tweets, assortis d’images, viennent l’appuer.

Sur cette vidéo, alors que le Président est en train d’arriver sur place, on aperçoit une dizaine de militants, tapant sur des casseroles et scandant «Macron démission», descendre les marches du groupe scolaire Busserine, situé boulevard Charles Mattei, dans le XIVe arrondissement. Aussitôt, les forces de l’ordre interviennent ; la casserolade cesse.

Un journaliste de BFM TV, présent sur place, diffuse également une vidéo dans laquelle on voit CRS et policiers refermer la porte du bâtiment sur les manifestants.

Cette action a été menée par des adhérents au syndicat SNUipp – FSU 13, afin de protester contre la réforme des retraites et le manque de moyens accordés aux enseignants et à l’école publique. Le matin même, ils avaient diffusé une vidéo, avec des représentants de parents d’élèves, dans laquelle ils faisaient part de leur «coup de gueule» à l’occasion de la venue du président.

Sur place, ils étaient environ une quinzaine. «Après la fin des cours, vers 16 h 30, nous sommes restés dans l’école jusqu’à l’arrivée d’Emmanuel Macron» détaille auprès de CheckNews Sébastien Fournier, enseignant à l’école Busserine et secrétaire départemental adjoint du SNUipp – FSU 13. «Nous avions collectivement décidé de nous mettre en grève et d’exprimer notre mécontentement, de manière pacifique et joyeuse, face au Président. Quand il est arrivé, nous sommes sortis en tapant sur des casseroles, puis les forces de l’ordre nous ont repoussés à l’intérieur de l’école et ont fermé la porte. La casserolade a duré, quoi, trente secondes…» Il ajoute : «J’en rigole, mais ce n’est pas drôle. On n’a plus le droit d’exprimer un désaccord de manière calme.»

Et pourtant...

Plusieurs sources nous indiquent en outre qu’un autre groupe de militants et associatifs, qui avaient également prévu une casserolade, ont été contrôlés en amont de l’arrivée présidentielle, avec confiscation d’instruments potentiels. Dans un tweet, un journaliste de 20 Minutes Marseille écrit que «les manifestants ont fini au coin». On les voit, sur sa photo, adossés à un mur et entourés par les forces de l’ordre. D’après nos informations, ils ont pu repartir libres environ une heure plus tard.

De son côté, le groupe de parents d’élèves et d’enseignants a été retenu près d’une heure au sein de l’école. «Les forces de l’ordre sont rentrées, sont venues nous voir. On leur a expliqué notre démarche qui est à nos yeux légitime et pacifique. Il y a quand même eu un contrôle avec relevé des cartes d’identité – et rien de plus, pour l’instant.»

Contacté par CheckNews sur d’éventuelles suites judiciaires, le parquet de Marseille indique n’avoir «en l’état, aucune information». De son côté, la préfecture des Bouches-du-Rhône, sollicitée, n’a pas donné suite. A ce jour, la presse n’a pas connaissance d’un arrêté anti-casserolade qui aurait été mis en place à l’occasion de la venue du président à Marseille.

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