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Billet de blog 6 janv. 2020

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Le Maroc d'aujourd'hui a peur des «ethos autonomes» Où est ce que le Maroc va ?

La prison de Omar Radi et sa poursuite implique que le pouvoir a peur des « Agir autonomes ». Ce n'est plus la foule qui fait peur au pouvoir, mais ce sont ces ethos autonomes émergés après le Hirak du Rif. En particulier, cela questionne le projet du modèle de développement en cours d'instruction.

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La répression judiciaire et policière aveugle que subit le mouvement contestataire le hirak du Rif et aujourd’hui des « Agir autonomes » comme le journaliste Omar Radi ou des habitants de bidonville- illustre que le monarchie marocaine n’a plus peur du mouvement de foule mais de ces ethos autonomes émergés dans des territoires, des ethos néo-actifs, pas militants mais mobilisateurs, et qui font très mal au régime marocain.

« C’est presque un cauchemar, décrit le député Omar Balafrej, l’icone marocaine, la situation actuelle des libertés politiques, c’est plus qu’un retour au passé, alors que vient d’être instituée une commission pour réfléchir à un nouvel modèle du développement équitable et juste».

Au lendemain du Hirak du Rif, le chemin de la démocratie au Maroc devint plus que tortueux. La raison : il a sonné l’arrivée dans l’espace public de nouveaux acteurs autonomes émergés, agissants et sans peur. Sous le règne de Hassan II, les gens perdaient l’espoir et avaient peur. Aujourd’hui sous le règne de Mohammed IV le désespoir n’est pas un horizon pour les jeunes, ils sont devenus robustes, révoltés, mais quelque chose que le Makhzen ne peut savoir. Ce sont des sujets « discrets » agissant et souffrant (Ricoeur. P) qui vont heurter puissament le débat public et la culture makhzenienne. Loin des foules du printemps, ils sont devenus des éthos sans loyauté et capable de mobilier à l’international. Aujourd’hui le sujet est émanant, personnalisé, territorialisé averse aux émeutes. A l'encontre de ce que pense certains sociologues/politistes du  mouvement (Rachik. H, 2018; Saaf. A, 2018), ce n’est plus la foule ou l'émeute qui bousculent le régime. C'est preesque un don du ciel que le régime ne pourrait imposer par ses lois scélérates.

Les jeunes de ma génération rêvent à ce que les plus proches d’eux, la famille, les parents ne pouvaient pas faire. Car ce qu’on pensait hier, c'est qu'on est proche des nôtres, du sacré, et du vaniteux. Ce n’est plus aujourd’hui. Leur pays est de vivre, et de prévenir la politique de la terreur. Les jeunes du Maroc d’aujourd’hui sont impliqués dans le près, le quartier et à l’international. Précisément, ce débordement fait peur au pouvoir. Les jeunes ont rompu avec l’idéologie et la superstition, le serment de loyauté et le pacte social n’est plus. Les énoncés politiques ne sont plus acceptés et adaptée à la perception des jeunes. on ne peut faire la politique avec la peur. Maintenant, la maison des jeunes est dans l’ailleurs.

Les horreurs et la prison des leaders du Hirak n’ont pas fait peur. Ces nouveaux individus « discrets » prennent la parole et vont vers la délibération informelle, or le pouvoir fait semblant de nier cette demande des oubliés délibérés. Les jeunes sont en train de forcer pour entrer dans l’histoire. L’exemple de « Boycott » en 2019 et des chants de défection dans les stades vis-à-vis de la plus haute autorité du pays sont révélateurs d’une nouvelle niche d’opposition au régime.

Alors qu’il y a une rupture du pacte social, les élites s’obstinent à parler encore de modèle de développement, comme si on veut enterrer Mohsine et la souffrance des gens, la prison du Hirak du Rif. Enterre ton fils et pleure, enterre ton frère et tais-toi, enterre ton frère, enterre-toi.

La reformulation sur papier d’un modèle ne peut rendre confiance et l’amour. De quelle prospérité parlez-vous ? Quel modèle de développement est-il possible sans le développement des libertés, des capacités et l’amour du pays ? Le royaume n’est pas un ‘’ bon élève ’’. Tant que l’amour et la planification stratégique inclusive n'ont jamais été dans les calculs développementalistes du pouvoir et des intellectuels. Comment des hommes intelligents comme ceux de la commission instituée ne peuvent pas comprendre qu’on ne sait pas où on va avec ce schème politique ?

Les jeunes ressentent de la douleur, et sont fatigués de la puissance. Ils veulent du réel, ils veulent du palpable, des projets et on leur offre la superstition. Ils veulent un gouvernement par l’accompagnement et l’ingénierie. Or ce gouvernement, allié au Makhzen est devenu successeur de Dieu dans la terre, il aliène, il asservi par un projet insidieux qui plaide l’assujettissement et la servitude. Chaque jour est un nouveau mensonge, des promesses et de la morosité. C’est pourquoi le Hirak du Rif portait le slogan : « Vous êtes un pays ou vous êtes sous l'emprise d'un grand gang »

Les gens n’ont pas peur de la prison et de ce qui les attend. On a le sentiment que le corps est là, vivant résistant et territorialisé, et partout dans les villages et les quartiers où j’ai eu l’occasion, dans mon métier de développeur, de connaitre des gens- la défiance politique est là, mais les gens non pris en charge par la représentation ont envie de parler; d'être présents, ils veulent prendre la parole et participer à la Cité.

Omar, Zefzafi ou Aziza dans son Karyan, par leur calme héroïsme de résistance civile, montrent que la prévention de la tyrannie est  possible, et qu'il est même possible de l'empêcher qu'elle renaisse des cendres. Ils rappellent un nouveau type d’Agir autonome émergé, et qui questionne la commission de développement à l’œuvre: où est ce que le Maroc va... ?

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