A Dijon, la colère des jeunes migrants est en train de gronder

Ce samedi 25 Mars 2019 au matin, dans les locaux de la Maison des Associations à Dijon, une réunion des plus insolites s’est tenue.

A Dijon, la colère gronde parmi les jeunes migrants

 

Ce samedi 25 Mars 2019 au matin, dans les locaux de la Maison des Associations à Dijon, une réunion des plus insolites s’est tenue. 

 

En effet, à la demande d’un groupe de jeunes migrants, les représentants des associations de la LDH, de la CIMADE et de CAST’AILES-association composée de professeurs du lycée Le Castel qui défendent des Mineurs Non Accompagnés ou des jeunes majeurs livrés à eux-mêmes, sans ressources, loin de leurs familles-les ont rencontrés. 

 

Ce fut l’occasion de les écouter. 

 

En quelques mots, voici les revendications de cette jeunesse qui a bien du mal à garder son calme devant la gestion atroce qui est faite de leur dossier à la Préfecture. 

 

Aussi, ils dénoncent la non-application, le non-respect de leurs droits fondamentaux y compris pour les jeunes arrivés mineurs et pris en charge par l’ASE jusqu’à 18 ans.  

 

Ils dénoncent l’hypocrisie d’un système qui les ballote d’une juridiction à une autre et qui leur donne de faux espoirs. 

 

Ils dénoncent le fait que l’on remette systématiquement leurs papiers en doute même quand le dit document est authentifié par les Ambassades. 

 

Ils dénoncent le fait que malgré tous les efforts qu’ils ont fournis pour s’intégrer: ils sont en formation, ils ont un patron, ils respectent la loi de notre pays, ils parlent la langue française, ils sont maintenus dans un état de précarité manifeste en leur refusant systématiquement les papiers. 

 

Ils ne peuvent donc plus travailler car les patrons ne peuvent plus les déclarer. 

 

Ainsi, ils se sentent jetés dans un état de dénuement certain: des jeunes sont à la rue, ils dorment dehors, d’autres sont obligés de quémander, d’autres enfin ont développé des symptômes de dépression et sont dans un état de tristesse car ils ne voient pas comment sortir de cet enfer. 

 

Quitter la France? Comment revenir sur un chemin souvent fait à pieds et au prix de sacrifices énormes? Et pour quelle autre vie? 

 

Cette rencontre a été une véritable démonstration de doléances, les jeunes s’organisent, ils s’emparent eux-mêmes du droit et ne veulent plus que l’on parle pour eux. 

 

C’est pourquoi, ils prévoient une manifestation bientôt. 

 

Ils se rendront le 13 juin prochain à la Préfecture de Dijon afin de réclamer ce qu’on leur doit c’est-à-dire un traitement juste et respectueux de leurs dossiers, une interdiction de leur interrompre les formations dans lesquelles ils sont engagés. Leurs patrons les soutiennent. Certains se joindront au cortège. 

 

Ainsi donc, le chemin parcouru par ces jeunes est une preuve irréfutable qu’ils sont bien intégrés en France, en s’emparant du droit, ils redeviennent des acteurs de leur situation, ils disent non à l’assistanat, ils ne veulent que ce qui leur est dû: un traitement équitable et humain de leur dossier  dans le respect des conventions internationales. 

 

Azade, témoin de la réunion. 

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