L'abus tue.

On est entré dans le "made in américa" dans ce qu'il a de rédhibitoire : le faire-valoir, l'hypocrisie, le "après moi le déluge", le business is business. Le matraquage publicitaire pour la sortie d'un livre, pendant des jours et des jours, est sorti des limites des 24h chrono. C'est la mort d'un général qui y aura mis les freins pour qu'on s'aperçoive qu'il existait autre chose ailleurs.

A chaque heure, malgré la grève sur Radio France, on a droit à un résumé de l'information, aux "actualités".

Pendant des journées entières, les journalistes ont commencé leur présentation du Journal par la sortie du livre "Le Consentement" de X qui parle de la relation  qu'elle a eue avec Y, trente ou quarante ans en arrière.

Un déferlement d'histoires passées d'ordre privé, sur le devant de la scène médiatique. Combien a-t'on versé pour une telle publicité ? Qui sont ces "on", par ordre alphabétique ?

Comme si, tout à coup, rien d'autre n'existait sauf le business is business et la pédophilie étant devenu un sujet "dans l'vent", celui-là se dit : "Pourquoi ne pas en profiter ? - Pourquoi ne pas se faire du beurre sur cette affaire ? - En effet, il suffit d'aller interroger nos associés/experts/partenaires, ils trouveront des créneaux - Attention hein, on reste dans l'Ethique*! (clin d’œil) - (gros éclats de rire)".

Comme si, l'auteur même de ce livre avait signé un accord stipulant qu'elle acceptait qu'on parle d'elle et de son livre dans les médias "grand public".

Comme si cette affaire à elle seule résumait toutes les autres affaires! Caroline de Hass a timidement signalé quand même dans son interview qu'il ne fallait pas oublier les autres, celles qui n'écrivent pas mais qui parlent (mais qu'on n'entend pas). 

C'est la mort d'un général au Liban qui a mis les freins à ce déferlement devenu complètement indécent car l'abus tue toute capacité de considération et de discernement.

Trop parler de soi fait - pour un esprit normal - qu'on ne vous écoute plus. Parler trop de quelque chose - sans rien apporter de nouveau - fait que la chose perd de son importance (chacun, qui n'est pas bête, y a déjà pensé et si c'est important il le sait donc).

Pire, la cause qui est défendue y perd dans sa crédibilité et dans le sérieux qu'on attend de la part de ceux et celles qui ont déclaré vouloir mettre un terme à ce fléau!

C'est contraire aux idées reçues d'Amérique (USA du nord) mais c'est comme ça.

Le monde ici ne pense pas "après moi le déluge", il  pense "solidarité", "entr'aide", "coopération".

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* autre mot dans l'vent, comme "la transparence" (dans les affaires financières), "le bien-être animal" (dans les élevages industriels et dans les laboratoires).... Tout ça n'est que de la Poudre aux yeux!

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NB : Labutu est un personnage dans un des contes du recueil "Après l'Apocalypse" (marque déposée)

 

 

 

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