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Babette Grivinci

Chercheuse en vérités, même si elles ne sont pas toutes bonnes à dire

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Billet de blog 6 mai 2017

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Le "point aveugle" des politiques et des médias (y compris Médiapart)

Au XVIIIème siècle, au lendemain de la Révolution a été écrite et consacrée la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Pourtant ce n'est qu'en 1945 que la femme a obtenu le simple droit de voter. En 1790, elle n'était donc pas concernée par cette merveilleuse Déclaration, elle était là mais elle restait "invisible"... On appelle ça le "point aveugle" ou "blind spot" en anglais.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En mai 2017, un point aveugle crucial, prépondérant, réside dans l'incapacité de percevoir l'importance phénoménale de l'exploitation démesurée, cruelle et absurde des animaux et qui n'a fait qu'augmenter depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Depuis des mois, partout, les principaux sujets de discussions en relation avec l'élection présidentielle, ne se concentrent que sur quatre points : l'Europe, l'économie, le chômage ou l'emploi et les invraissemblables tirs à balles perdues des uns contre les autres : Mélenchon-ci, Mélenchon-ça, Fillon-ci, Fillon-ça, Macron-ci, Macron-ça, Le Pen-ci, Le Pen-ça, etc.

Les trois premiers, on en est arrivé plus qu'à satiété!  on finit par vomir. Le quatrième, c'est à notre complet et total déshonneur! l'humanité se montre sous ses aspects les plus bas et les plus vils!

Pendant ce temps-là, des milliards d'individus sensibles, dont on sait pertinemment maintenant qu'ils peuvent souffrir autant que nous, qu'ils peuvent éprouver de la terreur, qu'ils possèdent une intelligence et une mémoire que beaucoup d'humains pourraient envier, qu'ils s'épanouissent et se sentent heureux dans un environnement bienveillant, qu'ils savent jouer, inventer, montrer leur affection... ces individus, chaque jour, sont traités avec le plus grand mépris, torturés, massacrés, utilisés comme de simples objets, et tout ceci avec l'accord des Etats et l'indifférence des Médias.

"Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Ce ne sont pas seulement les horreurs dont notre espèce se rend coupable en exploitant d'autres êtres sensibles qui apparaissent dans ce miroir mais le visage blafard d'une humanité en train de perdre son âme.

Les cages où des milliards de lapins, de poules, de canards, de truies, de renards et de visons, de souris et de singes, de chiens et de chats sont enfermés pour produire de la viande, être dépecés ou servir de matériel d'expérimentation, les delphinariums et les cirques où les cétacés, les éléphants et les fauves, brisés par la privation de liberté, sont contraints de se donner en spectacle en échange d'un peu de nourriture ou par crainte du fouet (ou autre instrument de répression, comme le bullhook ou l'ankus), sont le tableau de notre honte commune. Aucune description ne peut en reconstituer l'infinie tristesse..."

(Premiers paragraphes du livre de Corine Pelluchon, "Manifeste animaliste", 100 pages, 10 €, ed. Alma)

Tant que nous, humains estimeront que la vie des animaux n'a pas d'autre valeur que celle qui nous convient, pour notre alimentation, pour s'habiller, pour se distraire, pour s'enrichir, pour servir de "tests" ou de boucs émissaires, tant que nous n'aurons pas compris qu'ils ont une vie à eux qui leur est propre, nous resterons des sous-hommes et nous perpétuerons les guerres, les malheurs et les injustices vis-à-vis de nos semblables.

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