La cinquième ère n'arrivera peut-être pas

Pendant que les "politiques" s'amusent à tweeter leurs différends personnels, pendant que leurs mots d'ordre pour la croissance et la productivité s'accentuent, pendant que leur "com" et celle des médias à leurs pieds continuent de nous assommer avec leurs préoccupations déjà cinquante mille fois entendues et reconnues, le monde que nous connaissons est en train de disparaître.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint un record en dépassant les 420 parties par million (ppm), un taux qui n’avait pas été mesuré depuis 5 millions d’années. La trajectoire est telle que nous pourrions bientôt connaître les mêmes taux de dioxyde de carbone qu’il y a 15 millions d’années, quand les êtres humains n’existaient pas.

Depuis la révolution industrielle, nous aurions ainsi parcouru en deux ou trois siècles le chemin inverse des quarante derniers millions d’années de refroidissement progressif du climat. Selon les termes de Simon Lewis, climatologue à l’University College de Londres, « un changement aussi dramatique est l’équivalent d’une météorite humaine percutant notre planète ».

« L’ère géologique dans laquelle nous vivons depuis deux millions et demi d’années, dite ère Quaternaire, se caractérise par des taux de CO2 qui fluctuent faiblement, oscillant au gré des glaciations et des déglaciations pour l’essentiel entre 180 et 280 ppm, avec quelques rares pics à 300 ppm », rappelle pour Reporterre Gilles Ramstein, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) de Paris-Saclay et auteur de Voyage à travers les climats de la Terre.

Record de CO2 dans l'air : on atteint celui de l'ère où les humains n'existaient pas... - Reporterre

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