Une diplomatie de communication
Chaque année ou presque, le Maroc active le même levier : celui d’un discours officiel en faveur d’un rapprochement avec l’Algérie. Mais cette posture, en apparence ouverte, s’accompagne rarement d’initiatives concrètes. Le décalage entre les mots et les actes fragilise la crédibilité du message royal.
La diplomatie marocaine utilise ici une stratégie classique : gagner du capital politique à l’international en apparaissant comme acteur de paix, tout en laissant inchangées les dynamiques conflictuelles de fond, notamment sur le Sahara occidental.
Un royaume sous pression
Cette “main tendue” intervient dans un contexte où Rabat fait face à plusieurs défis majeurs :
- Isolement diplomatique : recul d’alliances solides sur le Sahara, scepticisme croissant en Europe, position mitigée de Washington.
- Crise sociale interne : chômage élevé, inflation, endettement et tensions sociales profondes sans oublier la normalisation à sens unique avec I'Entité Sioniste dont le peuple Marocain à ce jour a du mal à digerer et le conteste quasi quotidiennement dans les rues
- Image internationale fragilisée et écornée : affaires liées aux droits humains et tensions avec plusieurs pays de la région.
Face à cet environnement, la communication royale apparaît comme un outil de gestion de crise destiné à redorer l’image du royaume plutôt qu’à ouvrir un véritable chantier diplomatique.
La position constante de l’Algérie
Alger, pour sa part, s’en tient à une ligne claire :
- Respect de la souveraineté nationale et de la non-ingérence.
- Primauté du droit international sur les conflits régionaux, notamment le Sahara occidental.
- Recherche de la stabilité régionale à travers des alliances solides (Etats Unis, Italie, Chine, Russie, Afrique, monde arabe).
La constance de la diplomatie algérienne offre une lisibilité et une crédibilité qui renforcent sa position dans la région, là où les gestes du Makhzen apparaissent souvent conjoncturels et hostiles.
Dans les relations internationales, les mots sont des voiles ; seuls les actes tracent la route
La fausse “main tendue” royale s’inscrit davantage dans une logique de communication que dans une dynamique sincère de réconciliation. L’Algérie, fidèle à sa doctrine, privilégie les principes aux effets d’annonce. À l’histoire et aux peuples de juger la sincérité des gestes répétés pernicieusement sans convictions aucunes .