Quand les riches sautent d'en marche

La colle n'a tenu bien longtemps. Et il a suffit d'un mauvais signe, un matin de la semaine dernière. Les cadres ne gagnant que plus de 4500€/mois s'estiment trahis.

C'est « un acte politique d’agression », dénonce le président du syndicat des cadres. Il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer « la violence », « le cynisme » et « l’incon­séquence » de l’exécutif. « Ce gouvernement, qui donne des leçons de morale, fait tout simplement des économies sur le dos des chômeurs [riches, NDLR]. » s'agace Geoffroy Roux, le président des esclavagistes, qui réclame une baisse des « cotisations des employeurs qui paient très cher » pour indemniser les cadres. Manquerait plus que tout ce fric aille dans la poche, déjà bien remplie d'allocations familiales frauduleuses, de ceux qui gagnent bien trop pour des riens.

Le RSA du riche ou Revenu Social d'Assistanat

Le gouvernement répond qu'il a été prévu un revenu plancher, les versements ne pourront, de toute façon, pas descendre en deçà de 2271€ net. Un niveau scanda­leusement bas qui ne permet pas de vivre décemment selon une étude des dépenses contraintes de cette catégorie de revenu (voir l'exemple ci-dessous, attention des situations peuvent heurter la sensibilité des riches lecteurs).

Et puis les chômeurs nantis de plus de 5 000 euros (le plafond est fixé à 6 615 euros net par mois) seraient indemnisés 575 jours en moyenne, contre 281 jours pour ceux qui reçoivent moins de 1 000 euros. Certains estiment que c'est le temps nécessaire pour bien choisir son nouveau poste parmi un trop vaste choix tout en marchandant espèces et avantages par le jeu des enchères.

Une vie banale qui bascule dans la mendicité

Rollo Tomasi est dans ce cas-là. Malgré une coquette indemnité de 4 500 euros net, il se retrouve dans le rouge chaque mois. « Le fait de perdre son emploi a plutôt tendance à créer des charges en plus, explique l’ancien directeur général. Avant, j’avais des avantages en nature. Une fois au chômage, j’ai dû m’acheter une voiture et l’assurance qui va avec. Cela me coûte environ 500 euros par mois, auxquels s’ajoutent les traites de la maison, à environ 1 700 euros, plus la pension alimentaire à 1 000 euros, plus l’eau, l’électricité, le téléphone, l’essence, la charge que représentent cinq enfants… J’utilise mes économies. ». Des histoires qui effraient dans les gentilhommières et les penthouses..

Et si la société n'était plus protectrice ?

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/07/01/reforme-de-l-assurance-chomage-les-cadres-se-sentent-trahis_5483669_3234.html https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/07/01/reforme-de-l-assurance-chomage-les-cadres-se-sentent-trahis_5483669_3234.html

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