barbara romagnan
Abonné·e de Mediapart

142 Billets

0 Édition

Billet de blog 12 déc. 2019

La joie de l'espoir

Retour sur la manif du 5 décembre. Il y a sans doute quelque chose d’un peu pathétique à croire en l’avenir d’une société plus douce, respectueuse de la planète et des gens qui l’habitent, à rebours des manifestations de haines et de rejets. Pourtant le pseudo-réalisme qui rend le présent intangible, ne le croyant susceptible d’aucune mutation, ne me semble pas moins ridicule.

barbara romagnan
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Toute emballée et émue de la réussite de la mobilisation du 5 décembre, voyant dans le soleil présent à Besançon un signe que le ciel – auquel je ne crois que de façon ponctuelle et plutôt quand ça m’arrange – était avec nous, je me suis prise, une fois de plus, à croire aux succès à venir de cette mobilisation. Je sais bien sûr qu’il ne suffit pas d’une manifestation, même très réussie, pour changer ce qui doit l’être. Mais cet air vif, ces chants revigorants, ces générations mélangées comme les drapeaux des organisations et les gilets en nombre - qu’ils soient jaunes, rouges et verts – m’ont fait penser qu’il suffirait de peu de choses pour que la solidarité, la combativité, la fraternité, la sonorité, la joie et l’espoir de cette manif se retrouvent dans notre vie de tous les jours et, pourquoi pas, au pouvoir.

Le lendemain, de retour à mon travail, les plus anciens me racontent qu’un temps le collège, nommé collège Proudhon (du nom du penseur anarchiste, né dans la ville), avait été rebaptisé ironiquement collège Fillon (les élèves sont pourtant socialement bien éloignés des habitants du 7ème arrondissement de Paris dont le leader de la droite était l’élu) tant les mobilisations étaient rares et peu suivies. Or ce jeudi la mobilisation était massive, plus de la moitié de l’établissement !

Il y a sans doute quelque chose d’un peu pathétique à croire, après chaque manifestation réussie, en l’avenir d’une société plus douce, accueillante, respectueuse de la planète et des gens qui l’habitent, à rebours des manifestations de haines et de rejets, d’injustices et de mépris que l’on a quotidiennement sous les yeux. Pourtant le pseudo-réalisme qui rend le présent intangible, ne le croyant susceptible d’aucune mutation, ne me semble pas moins ridicule.

Il est très certes difficile de voir comment demain sera meilleur. Mais nous n’avons pas le choix, car c’est ce qui donne un sens à la vie. Un sens entendu à la fois comme une signification, la raison d’être de notre existence, et comme une direction vers quoi, vers où aller. Autrement dit que notre présence au monde se justifie et que l’on peut faire quelque chose pour qu’il aille mieux.

Derrière les choses telles qu’elles sont et qu’on les voit aujourd’hui, il y a aussi la potentialité d’une autre réalité. Si je ne crois pas que le monde  puisse être sauvé une fois pour toute de la haine et de l’injustice, les désillusions et les échecs du passé, loin de nous démoraliser, devraient nous permettre de poursuivre ces idéaux avec plus de patience et de ténacité. Donc, plus de probabilité de les réaliser à la mesure imparfaite et perfectible qui est celle de l’homme.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Défense
Néonazis dans l’armée : l’insupportable laisser-faire du ministère
Un militaire néonazi, dont le cas avait été évoqué il y a huit mois par Mediapart, a été interpellé en novembre par des douaniers. L’armée, elle, ne l’avait sanctionné que de vingt jours d’arrêts. Ce cas pose une nouvelle fois la question de la grande tolérance de l’institution vis-à-vis de militaires fascinés par le Troisième Reich. D'autant que Mediapart a encore découvert de nouveaux cas.
par Sébastien Bourdon et Matthieu Suc
Journal — Gauche(s)
Union des gauches : Hidalgo et Montebourg tentent de rebattre les cartes
La candidate du PS et le candidat de la Remontada à la présidentielle ont appelé, dans la journée, à une candidature commune à gauche, en offrant de se retirer. Les pressions en faveur de l’union ainsi que les mauvais sondages expliquent aussi ce retournement. 
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Droite
À droite, mais à quel point ? Valérie Pécresse sommée de placer le curseur
La candidate LR à l’élection présidentielle est confrontée à une double injonction : retenir les électeurs d’Éric Ciotti, tentés par un basculement à l’extrême droite, sans rebuter pour de bon la droite « modérée » qu’embrasse Emmanuel Macron. Le premier défi de sa campagne. Et le principal ?
par Ilyes Ramdani
Journal
Condamné par la justice, le ministre Alain Griset quitte le gouvernement
Le ministre délégué chargé des PME a démissionné, mercredi, après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité avec sursis pour avoir menti dans sa déclaration de patrimoine et d’intérêts. Emmanuel Macron lui avait maintenu sa confiance, malgré des éléments accablants. Alain Griset a fait appel de cette décision.
par Sarah Brethes et Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Dépense moyenne par élève et étudiant : quand un élève en « vaut » deux
Les choix de dépense publique illustrent une politique : on dépense pour un.e élève de classe prépa plus que pour une écolière et un collégien réunis. Vous avez dit « égalité des chances » ?
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
Remettre l’école au milieu de la République
Parce qu'elle est centrale dans nos vies, l'école devrait être au centre de la campagne 2022. Pourtant les seuls qui en parlent sont les réactionnaires qui rêvent d'une éducation militarisée. Il est urgent de faire de l'école le coeur du projet de la gauche écologique et sociale. Il est urgent de remettre l'école au coeur de la Nation et de la République.
par edouard gaudot
Billet de blog
Au secours ! le distanciel revient…
Le spectre du distanciel hante l'Europe... Mais en a-t-on dressé le bilan ? Les voix des « experts » (en technologies numériques, plutôt qu'en pédagogie) continuent de se faire bruyamment entendre, peut-être pour couvrir la parole des enseignant-e-s... et des élèves.
par Julien Cueille
Billet de blog
Abolir les mythes du capital
Ces derniers jours au sein de l'Éducation Nationale sont à l'image des précédents, mais aussi à celle du reste de la société. En continuant de subir et de croire aux mythes qui nous sont servis nous nous transformons inexorablement en monstres prêts à accepter le pire. Que pouvons-nous faire pour retrouver la puissance et l'humanité perdues ?
par Jadran Svrdlin