Enfants pauvres suite...

Dans cette septième chronique je reviens sur la situation de ce collégien, dont la famille n'a pas les moyens de recourir à tous ses besoins, la baisse des fonds-sociaux, le non recours et le rôle des médiateurs permettant l'accès à ces aides.

Dans une précédente chronique (L’Humanité mardi 15 octobre, @blogsmediapart ) j’évoquais la situation d’un garçon présentée en conseil de classe de mi-trimestre dont la famille n’avait pas les moyens d’acheter un survêtement pour qu’il puisse faire du sport à l’école. Il va sans dire que ses besoins insatisfaits vont au-delà et qu’il n’est pas le seul enfant dans cette situation. 

Entretemps, les députés ont débattu du budget de l’éducation nationale pour 2020. Ce budget prévoit une baisse des fonds sociaux prévus pour les familles pauvres. Le ministre justifie cette baisse par le fait que ces fonds ne sont pas dépensés en intégralité. Entretemps aussi, le collège a décidé de débloquer des moyens du fond social afin que ce garçon puisse enfin faire du sport dans de bonnes conditions. Surtout, des collègues, son enseignante de sport, l’assistante sociale et d’autres ont su s’adresser à lui et sa famille avec discrétion, respect et délicatesse afin que cette offre ne soit pas perçu comme une aumône, quelque chose d’humiliant et stigmatisant. Car il en faut de la délicatesse pour proposer de l’aide à un enfant et sa famille, sans toucher à sa dignité, sans altérer l’image des parents auprès de leur enfant. Il y a aussi du courage chez ces parents. Accepter une aide et donc l’idée que, temporairement au moins, on n’est pas en situation de subvenir pleinement aux besoins de ses enfants est forcément douloureux. Pourtant cette aide est bien un droit. Le droit que tout enfant a de pouvoir aller à l’école, apprendre et avoir les moyens de le faire. Le droit aussi que toutes les victimes du système ont à être accompagnées tant que la société est organisée de manière si injuste.

Ce qu’il y a de problématique dans le fait que les fonds sociaux ne soient pas pleinement utilisés, c’est justement qu’ils n’aillent pas à leurs destinataires, ceux et celles qui en ont besoin. Et les besoins sont considérables. Le ministre de l’éducation nationale le sait bien. Il sait aussi que plus on est en situation de précarité plus il est difficile d’accéder à ses propres droits, par défaut d’information, en raison de difficulté des démarches à effectuer, par dignité. Alors diminuer ces fonds est bien la pire des réponses. C’est renvoyer aux plus fragiles qu’on les laisse tomber, que la société ne s’en soucie pas. Car il s’agit bien là des plus fragiles des fragiles : les enfants des familles pauvres. Les fonds sociaux doivent être à minima maintenus. Il est également indispensable de populariser leur existence, de faire l’information nécessaire auprès des personnels en contact avec les enfants pour que ceux-ci puissent en bénéficier.

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