barbara romagnan
Abonné·e de Mediapart

142 Billets

0 Édition

Billet de blog 22 janv. 2020

Ce que peut l'écriture

Je suis prof. Après 20 ans d'expérience chez les grands (université / lycée), j'expérimente le collège et je trouve ça vraiment difficile. Je reviens ici sur certains des beaux moments que l'on peut vivre aussi grâce aux élèves.

barbara romagnan
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je suis « prof ». J’enseigne depuis 24 ans. J’ai débuté dans le supérieur et poursuivi en lycée, je suis aujourd’hui en collège et aussi à la maison d’arrêt. J’aime ce métier pour sa variété de publics, de situations, pour l’apprentissage permanent qu’il suppose, pour les échanges avec les élèves et parce qu’il me donne l’impression de faire quelque chose qui a du sens. J’aime aussi les vacances, le plus souvent pour travailler mais avec une totale liberté dans la gestion de mon temps.

Jusqu’à il y a deux ans, je trouvais le métier assez facile. Depuis j’ai expérimenté le collège, le REP+ mais pas uniquement, et je trouve ce métier difficile : la gestion d’un groupe avec des écarts de niveau parfois très importants, le sentiment, fréquent, de ne pas savoir bien accompagner les élèves et obtenir l’ordre dans la classe.

L’ordre, ce n’est pas mon point fort. Je discute et j’échange volontiers avec eux, je lis des histoires, je les écoute, j’explique et réexplique, j’essaie de les encourager à écrire, mais s’ils ne sont pas bien disposés pour travailler, je peine parfois à avancer, à tout simplement faire cours.

La semaine dernière j’ai eu un gros désordre dans une classe qui s’est soldé par l’intervention de la CPE que j’ai sollicitée car un élève a lancé une paire de ciseaux ouverte à travers la salle. Elle est arrivée tout près d’un élève. Difficile de savoir qui c’est car les auteurs ne se manifestent pas et les victimes et observateurs ont parfois peur des représailles.

Si c’est difficile parfois, il y a aussi de vrais moments de satisfaction et d’émotion. Avec une classe de 5ème, nous lisons Oscar et la dame rose, un petit roman épistolaire d’Eric-Emmanuel Schmitt. Un roman qui parle des derniers jours de la vie d’un enfant de 10 ans, leucémique, à l’hôpital. Il est ici question de mort, de maladie, à un âge où il devrait être question de jeux, de découvertes, d’amitié, d’aventures. Le livre est beau, émouvant, mais il est aussi très drôle et fin.

Pendant cette lecture, j’ai demandé à mes élèves de 5ème d’écrire sur quelque chose de triste qui leur est arrivé et d’exprimer ce qu’ils ont ressenti. Beaucoup ont parlé de la mort d’un animal, hamster, chat ou chien, d’autres de la sclérose en plaque d’une mère, du cancer d’une sœur, de la mort d’une amie, de la solitude, de la peur. Des récits plus ou moins longs, avec un vocabulaire plus ou moins varié, mais des récits que j’ai trouvés, vrais, sensibles, émouvants.

J’ai été très touchée qu’ils se livrent ainsi et heureuse de, peut-être, leur faire toucher du doigt que l’écriture peut soulager, éclairer, adoucir et qu’ils en étaient capables.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
L’impunité et la lâcheté des puissants
Après la révélation des accusations contre l’ancien ministre, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Au-delà de son devenir judiciaire, cette affaire nous interpelle sur l’insuffisance de la lutte contre les violences sexuelles et sur l’impunité des sphères de pouvoir.
par Lénaïg Bredoux
Journal — International
Le variant Omicron, identifié en Afrique australe, déjà repéré en Europe
La communauté scientifique est en alerte depuis l’identification d’un nouveau variant au Botswana. Les premiers séquençages en Afrique du Sud font craindre une propagation à grande vitesse. L’Organisation mondiale de la santé vient de le classer parmi les variants préoccupants et l’a baptisé Omicron.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — International
Paris et Rome s’accordent à moindres frais pour tenter de peser dans l’après-Merkel
Emmanuel Macron et Mario Draghi ont conclu un traité pour tourner la page des années de tensions entre la France et l’Italie. Une façon aussi, pour le président de la République, de se rapprocher d’un homme bien plus influent que lui sur la scène européenne.
par Ludovic Lamant et Ellen Salvi
Journal — France
Dans la Manche, les traversées de tous les dangers
Le naufrage meurtrier survenu le 24 novembre, qui a coûté la vie à 27 personnes, rappelle les risques que les personnes exilées sont prêtes à prendre pour rejoindre les côtes anglaises. En mer, les sauveteurs tentent, eux, d’éviter le plus de drames possible.
par Sheerazad Chekaik-Chaila

La sélection du Club

Billet de blog
Tragédie de Calais : retrouvons d’urgence notre humanité
Au moins 27 personnes sont mortes noyées au large de Calais ce mercredi 25 novembre. Ce nouveau drame vient alourdir le bilan des morts à cette frontière où, depuis une trentaine d’années, plus de 300 personnes ont perdu la vie, soit en essayant de la franchir soit en raison de leurs conditions de (sur)vie sur le littoral Nord.
par La Cimade
Billet de blog
Migrants : du naufrage aux larmes de crocodile
Qu’elles sèchent vite, les larmes de crocodile ! De plus en plus vite, car il y en a de moins en moins, de larmes. Même de crocodile. Et surtout pour les réfugiés. Vous vous rappelez la photo du petit corps d’Aylan, 3 ans, rejeté sur une plage de Bodrum en 2015 ? Nous oublierons tout aussi vite le naufrage qui a tué 27 migrants dans La Manche, mercredi. Place au Black Friday !
par Cuenod
Billet de blog
Ça suffit ! Pour un accueil inconditionnel des exilé.es
Allons-nous continuer à compter les morts innocents et à force de lâcheté, d’hypocrisie et de totale inhumanité, à nous faire contaminer par un imaginaire rance de repli sur soi qui finira par tout.es nous entraîner dans l’abîme ? Non, il faut commencer par rétablir les faits avant que de tout changer en matière de politique migratoire et de droit des étrangers.
par Benjamin Joyeux
Billet de blog
À l'indignation, monsieur Darmanin, a succédé la rage
Au lendemain du drame qui a coûté la vie à 27 personnes dans la Manche, Michaël Neuman, directeur d'études au Centre de réflexion sur l'action et les savoir humanitaires de la fondation MSF, dénonce les responsabilités de l'État français et du ministre de l'Intérieur.
par Médecins sans frontières