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Billet de blog 27 avr. 2021

Ecrivaines en herbe

Chaque année, dans le Doubs, Amnesty International organise un concours de nouvelles en parallèle à son salon du livre, Plumes rebelles. 4 de mes élèves de 6ème ont travaillé d'arrache-pied pendant 3 semaines pour produire une histoire à 4 mains sur les discours toxiques.

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Chaque année, dans le Doubs, Amnesty International organise un concours de nouvelles en parallèle à son salon du livre,Plumes rebelles. Ce salon se tient une fin de semaine d’hiver. Quatre tables rondes le ponctuent où quatre questions d’actualité sur les droits humains y sont débattues. Les sujets de ces tables rondes sont aussi ceux du concours de nouvelles. Cette année le salon est annulé pour cause de Covid, mais le concours est maintenu. Il s’agit pour les élèves de collèges et de lycées ou des étudiant-e-s d’inventer une histoire courte illustrant l’une des questions débattues.

Des militants d’Amnesty interviennent dans les classes pour parler de leur association, surtout de la défense des droits humains dans le monde. Pendant leur intervention dans mes classes, j’ai encore vu combien ces interventions extérieures à l’école étaient bienvenues. On apprend tous quelque chose et l’enseignant donne aussi à voir qu’il ne sait pas tout. Des enfants très discrets, pas très actifs en classe habituellement, peuvent se montrer moteurs à cette occasion, par leur intérêt pour le sujet, parfois par leurs connaissances. Cette année, j’ai en plus eu un groupe de filles qui a voulu participer au concours. Quatre élèves de 6ème, deux venant de l’école du quartier, deux d’un village alentour, ont choisi de créer une histoire sur l’un des thèmes proposés, celui des « discours toxiques ».

Pendant deux semaines, elles ont profité de toutes leurs pauses du déjeuner pour travailler ensemble – parfois avec moi, mais de loin – à leur histoire, se sont organisées des visioconférences pour poursuivre leurs discussions. Elles ont abouti à une histoire épatante, écrite à quatre mains. Il y est question d’une jeune-fille originaire de Côte d’Ivoire qui rêve de gagner le marathon des Jeux Olympiques à une époque où cette épreuve était encore interdite aux femmes. Interdit que lui rappellent des adultes soucieux d’éviter ses désillusions mais aussi des jeunes garçons dénigrants. Mais il y a aussi de beaux rôles de garçons dans cette histoire.

En 8000 caractères, mes quatre élèves écrivaines abordent les discriminations liées au genre et à l’apparence physique. Mais aussi la force des rêves de l’enfance, la détermination et la solidarité. Présentant leur nouvelle à la classe, elles ont aussi su nous raconter avec humour leurs déboires, le fait qu’elles ont failli se séparer et arrêter en raison d’un désaccord sur la façon dont devait se terminer l’histoire, divergence qu’elles ont finalement résolue de belle façon.

La qualité de leur travail, leur bonheur (et le mien), font que l’année prochaine, je m’y prendrai plus tôt pour que davantage d’enfants se sentent autorisés et accompagnés pour cette réalisation, que l’on peut accomplir, seul ou en groupe, avec ou sans l’aide d’un enseignant.

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