Bravo l'artiste - Réponse à l'article de M. Plénel: Le besoin d'une gauche

Bravo l’artiste

Monsieur Plénel,

Votre tentative de vous dédouaner de la situation actuelle est grossière et à la limite du minable. Comme si vous ne saviez pas que le fameux front républicain que vous avez appelé de toute votre force médiatique, puis soutenu et conforté. Il est évident que vous cherchez maintenant à prévenir toute critique à votre égard sur la création de cette vague super majoritaire de LREM attendue. Si ce n’est que maintenant que vous entrevoyez « Une majorité en quelque sorte « bleu horizon », soumise et suiviste, zélée et conformiste, », c’est inquiétant pour votre réputation intellectuelle. Vous avez tout mis en œuvre pour que se crée cette ‘majorité sans partage’ dont vous professez maintenant que vous n’en voulez pas, et vous avez combattu de toutes vos forces, à la limite de l’honnêteté, l’advenue d’une ‘opposition de gauche consistante’.

« Il n’aura pas fallu un mois de présidence Macron pour que le présidentialisme– cette facilité césariste, ce confort bonapartiste, bref ce déni de démocratie – impose sa loi, à rebours des promesses de renouveau démocratique du candidat élu le 7 mai », écrivez-vous. Incroyable, avec votre expérience politique vous ne l’avez pas vu venir, vous étiez en hibernation après l’élection de Jacques Chirac en 2002 ? Ce n’est pas honnête d’essayer de vous dédouaner en appelant les lecteurs à lire les ‘interpellations sans concession de Mediapart’.

 Quelle déception ! Vous avez sans doute été surpris aussi par le cynisme du nouveau président au sujet ‘du comorien’ !

Manifestement la leçon de réalisme de Jacques Chirac vous a complètement échappé : ‘les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent’.

Vous avez donc cru aux promesses de M. Macron d’une part et, d’autre part démoli le seul homme qui aurait pu installer une vraie opposition en France, M. Jean-Luc Mélenchon. Donc donnons un chèque en blanc à Macron pour la présidence (dont vous savez pertinemment l’immense pouvoir) et refusons un chèque en blanc à l’opposition par Jean-Luc Mélenchon. Je commence à croire que vous avez une très forte haine personnelle à l’encontre de M. Mélenchon ! C’est en démolissant Jean-Luc Mélenchon, sans aucune raison cohérente, que vous espériez combattre la survenue d’une ‘majorité de députés qui ne devra d’exister qu’au seul miracle présidentiel’ ? Après avoir tant soutenu le candidat Macron ?

 « …le futur président de la République avait balayé, sans y répondre sur le fond, notre question sur le « pouvoir personnel », ces « institutions de la Ve République plus fortes que les hommes »…, et cela, entre autres, ne vous avait pas alerté ? 

 « C’est pourquoi nous avons besoin d’une gauche. D’une opposition de gauche. Démocratique, sociale, écologique, solidaire », écrivez-vous encore. Mais vous l’aviez, cette gauche,  Monsieur Plénel et vous l’avez combattue. À moins que ma petite tête d’idiot, comme pensera l’un de vos collaborateurs qui se reconnaîtra, n’ait pas remarqué que M. Mélenchon n’est ni démocratique, ni social, ni écologique, ni solidaire.

 On dirait qu’entre la campagne pour le premier tour des présidentielles et aujourd’hui vous avez été dans un très profond sommeil à la Rip Van Winkle !

 La dernière partie historico-philosophique de votre texte est absolument effarante : vous aviez une gauche, dont vous aviez tout autant peur que de Marine Lepen, gauche que vous avez diabolisée peut-être davantage que vous ne l’avez fait avec MLP. Non, vous vouliez une gauche, votre gauche, qui ressemblerait comme deux gouttes d’eau à celle que vient de balayer le peuple français. Vous avez eu peur du dégagisme, et je ne mets pas de guillemets. Les gages de M. Mélenchon concernant une politique d’en bas ne vous suffisaient-ils pas ?

Vous portez une énorme responsabilité dans la situation dans laquelle se trouve actuellement la France, et votre tentative de dédouanement est tout simplement lamentable. Les Français s’en souviendront. Et moi aussi à l’échéance de mon abonnement. Médiapart est descendu au niveau des Le Monde, Libération, et autres Le Point ou l’Express. Et ce n’est pas flatteur.

Monsieur Plénel, il est bien triste que vous preniez les lecteurs de Médiapart pour des imbéciles.

La France a besoin essentiellement et en premier lieu d’une presse intellectuellement libre et honnête.

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