L’ASSIMILATION-MOMIFICATION DE LA MARTINIQUE

À la veille de nouvelles élections, la Martinique est en passe de perpétuer un statu quo irresponsable. Les générations responsables de cette politique devront un jour rendre des comptes. Le désir d’indépendance est contrecarré par une petite clique de profiteurs et d’accapareurs du pouvoir politique. Le pays est en train de se momifier.

 

L’ASSIMILATION-MOMIFICATION DE LA MARTINIQUE

   Il faut reconnaître à Jonathan Swift une prescience extraordinaire. Comment a-t-il pu prévoir, il y a plus de trois siècles, l’avènement de personnages comme Trump, Macron, Boris Johnson et autres George Bush ou Colin Powell ? Il a en effet écrit, en 1710 : « Le mensonge vole, et la vérité boitille après lui, de sorte que quand les hommes viennent à être détrompés, il est trop tard. »

 À la veille d’un deuxième scrutin départemental ? régional ?, il est amusant d’entendre ces élus ou aspirants élus se plaindre de l’abstention et demander aux jeunes d’aller voter.

Ils n’ont même pas la décence d’aller chercher les vraies raisons de cet absolu désintéressement par rapport aux élections, à quelque niveau que ce soit.

 La campagne électorale n’a été qu’un défilé de promesses, tous ces candidats prétendant qu’ils seront les meilleurs gérants des subventions que vont généreusement leur ‘envoyer’ la France et l’Europe.

Ces candidats ont-ils fait devant leurs populations cibles le bilan des sept dernières années.

Tel maire a-t-il expliqué à ses lecteurs pourquoi il a dû gaspiller 450 000 (quatre cent cinquante mille euros pour honorer Christophe Colomb, l’un des premiers génocidaires des Amériques ?

 Le PPM (Parti du Permanent Moratoire) a-t-il expliqué aux électeurs pourquoi chaque fois qu’il a perdu le pouvoir, quelqu’un d’autre a dû remettre de l’ordre dans les finances locales, que ce soit Capgras ou Marie-Jeanne ?

 Comment tous ces gens qui demandent leurs suffrages aux jeunes ont-ils expliqué qu’ils se sont spontanément joints à tous ceux qui vilipendaient cette même jeunesse pour avoir déboulonné des statues célébrant certains des bourreaux de l’époque coloniale, époque toujours en cours ? Pendant que le plus célèbre de nos politiciens va s’égosiller à l’Assemblée nationale française pour se plaindre de la statue de Colbert devant je ne sais plus où ! On n’en a rien à foutre de ce que les Français veulent faire avec le rédacteur du code noir. À moins de reconnaître la validité dudit code !

Il faut noter que l’on a très peu entendu parler du chantre du PPM au cours de cette campagne. Certainement, car Césaire ne fait plus recette. Il aurait fallu à tous ces écharpés tricolores expliquer le bilan de 75 ans d’assimilation, avec un moratoire de quarante ans (que Césaire avait voulu le plus court possible !). Comme le rappelle Saïd Bouamama[1] dans ‘Figures de la révolution africaine - De Kenyatta à Sankara’ « Dès le Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire ne cesse d’appeler à l’engagement des intellectuels ». Avouons que sur ce point, nos historiens et autres intellectuels n’ont pas tous répondu à cet appel, ou ont carrément abandonné. On l’a vu récemment lors du déboulonnage de statues en Martinique.

N’oublions pas, tout le système est conçu pour formater les esprits, c’est la spécialité de la France. Comme dit Noam Chomsky : « L’éducation est un système d’ignorance imposée. Des centaines de milliards de dollars sont dépensés chaque année pour contrôler l’opinion du public ».

 Le mot gouvernance a été relevé sur de très rares feuillets électoraux ces dernières semaines, mais dans un sens tout à faire vague et pavlovien. Même chose avec le mot émancipation, etc., une vraie farce. Mais alors, pas un mot concernant le statut constitutionnel de notre pays.

 Pourtant c’est une véritable psychose dans le pays, qui parfois divise des familles. Pas un individu qui ne pense au statut actuel de la Martinique. De plus, tout est fait pour rappeler aux Martiniquais leur statut de citoyen de second rang, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé. Même des évènements graves comme le ‘Ferme ta gueule, sale nègre’ lancé par un Français souchien à un autochtone ne réussissent pas à soulever les foules. Version concrète du syndrome de Stockholm ! Dans beaucoup de pays ce raciste aurait été jeté dans un avion en partance pour la France, pardon, pour la Métwopole.

 Il est vrai que pour la majorité de ces élus, il y a deux constantes tristement très fortes :

 1)    Comment ne pas frissonner d’effroi en entendant tous ces élus, surtout du PPM, qui se permettent de dire que le peuple n’est pas ‘mûr’ pour ceci ou cela ? Car, ‘bien évidemment’, comme dirait papa Chirac, il faut entendre par là que ces élus et autres professionnels de la politique choisis par l’Univers (occidental de préférence), sont nécessairement mûrs et que, dans leur infinie sagesse, ils sont là pour choisir ce qui est bon pour le peuple et guider celui-ci. Si le peuple savait ce que les dirigeants du PPM disent de lui (« yo pa konnnett ayen ») ! C’est exactement ce que pensent les roitelets que la France installe régulièrement et continue d’installer en Afrique, par exemple en Côte d’Ivoire ou au Sénégal ! Ces prétentieux justifient simplement ce que disait Tocqueville : "Je ne crains pas le suffrage universel, les gens voteront comme on leur dira". De toute façon, beaucoup de gens chez nous en Martinique ne sont guère intéressés par le vrai débat politique et s’intéressent beaucoup plus aux matches de foot et aux séries télévisées qu’à la politique. Alors, allons-nous nous retrouver avec des clones de Duvalier et leurs tontons macoutes ? N’oublions pas que quand le dernier des Duvalier, Jean-Claude, déclaré bachelier par décret, a quitté son pays, il a comme par hasard atterri en France. Nous reviendrons dans un prochain article sur le profond mépris que beaucoup de Martiniquais affichent envers les Africains et les Haïtiens, entre autres Saint-Luciens…. Sans oublier ceux qui citent la Barbade par exemple, pour appuyer leur soutien au statu quo constitutionnel de la Martinique, et se réfèrent à la reine d’Angleterre, faisant ainsi preuve d’une méconnaissance totale de l’histoire et du statut de la Barbade. Il vaut peut-être la peine de les informer ici que la Barbade se débarrassera en novembre prochain de la reine comme Chef d’État, ce qui ne l’empêchera pas de rester membre du Commonwealth.

 2)    L’autre constante c’est l’absence totale de bilan de 75 ans d’assimilation, à moins de considérer que nous avons enfin les bons Martiniquais. Nous en sommes arrivés au point où les bons Martiniquais vous corrigent si vous dites en France : il faut dire ‘en Métropole’, et mieux encore depuis quelque temps ‘dans l’hexagone’.

 Le résultat principal de ces 75 ans d’assimilation est un degré d’aliénation en Martinique absolument inédit dans le monde. Il suffit de voir la lueur dans les yeux de nos élus ‘ultramarins, lorsqu’ils sont ceints de leur écharpe tricolore. Les mêmes qui n’ont à la bouche que des mots et expressions maintenant vides de sens comme : décolonisation, décolonial, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, etc. C’est pourtant Césaire qui disait : « La colonisation travaille à dé‑civiliser le colonisateur » ! Le même Césaire qui disait aussi : « Je dis que de la colonisation à la civilisation la distance est infinie ; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine ».

 Le corollaire inévitable de cette cécité volontaire de nos élus est qu’ils peuvent faire n’importe quoi, dire n’importe quoi, en pensant qu’ils seront protégés, puisque le ‘peuple n’y comprend rien’ !

 On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus, disait Napoléon, comme le rappelait Guillaume Meurisse récemment.

 Par exemple, nos parlementaires, qui disposent d’assistants parlementaires et autres moyens réels d’étude et d’investigation, vont-ils avoir le courage d’expliquer à la Martinique que le fameux grand remplacement, chiffon rouge virtuel que le roi Zemmour agite constamment au nom de la presque totalité de la classe politique française, est tout à fait réel …en Martinique.

 Rappelons pour mémoire qu’en Martinique, pour le référendum du 10 janvier 2010, l’alors député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy (Parti progressiste martiniquais/Parti du Permanent Moratoire), pourtant depuis longtemps acquis à l'idée d'autonomie, s'est prononcé contre l'article 74 «tel que rédigé aujourd’hui ». Il a jugé que « les modalités de la consultation sont bien singulières : on vote d'abord et le contenu de la loi organique est connu après ». Autrement dit, M. Letchimy est soi-disant « autonomiste », mais n’explique pas ce qu’il entend par ce mot creux. Ça sonne bien aux oreilles du peuple. Le même peuple dont les césairiens estiment qu’il n’est pas assez mûr pour comprendre. Et, curieusement, il s’appuie sur une technicalité pour en rester au statu quo. Qui c’est qu’ils prennent pour des idiots ? Soyons sérieux ! Le pays avait le droit et le devoir d’exiger que le statut futur soit défini avant tout choix. Comment penser que le PPM pourrait négocier valablement face au gouvernement français ? Letchimy, dans une interview à Zouk TV, il y a peu, voulait encore vingt ans pour le PPM, après 75 ans d’assimilation ! À ce rythme-là, il ne restera plus de Martiniquais en Martinique ! Les Blantoustans fleurissent déjà depuis des années en Martinique, et pas seulement dans le Sud de l’île. Les blancs ont la mainmise sur la quasi-totalité des agences immobilières et ‘importent des quantités inimaginables de souchiens hexagonaux qui viennent prendre les meilleurs emplois, les meilleurs terrains, etc. et poussent même des gens locaux à déménager, justement pour constituer ces blantoustans. De toute façon, encore 75 ans d’assimilation à la Césaire et nous aurons été Eyadémisés, ou macoutisés, Biyatisés, Alassanisés, etc., je vous laisse inventer d’autres modèles de démocraties installées ou protégées par la France. Dans un livre publié en novembre 2020 par Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel, et que je ne m’abaisserai pas à citer, Sarkozy a avoué ceci : « On a sorti Gbagbo et installé Ouattara, sans aucune polémique ». Ce même Sarkozy, empêtré dans ses imbroglios judiciaires, qui, tout récemment s’indignait auprès de la journaliste Ruth Elkrief :« Je suis stupéfait. Est-ce que la France est un État de droit, une démocratie ? ». Êtes-vous étonné ou surpris que Jupiter et ses complices décident du jour au lendemain que Nicolas Maduro n'est plus le Président du Venezuela et décrètent que le nouveau Président est ce minable Guaido ? Vous rappelez-vous que la Belgique a donné à son roi, comme cadeau personnel tout le Congo, quatre fois grand comme la France, en 1885.

 En passant, même si Sarkozy a volé 10 ans de sa vie à Gbagbo, c’est maintenant celui‑ci qui nargue Sarkozy.

 Réaction des élus ultramarins : circulez, il n’y a rien à voir !

 Tous ceux qui veulent perpétuer le statu quo ne font malheureusement, souvent avec force mauvaise foi, qu’accepter et intérioriser leur statut d’infériorité. Bien leur en fasse. Cinq cents ans. Ça remue les méninges !

 À propos des fanfaronnades de nos députés ultramarins, rappelons-nous ce que disait Wole Soyinka : « Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il saute sur sa proie ». Oui, certains publient et répètent les élucubrations de tel ou tel ultramarin à l’Assemblée nationale française, à propos de conneries proférées par l’insignifiant Claude Guéant, ou bien tel ou tel amendement d’un projet de loi dont les Antilles n’ont rien à fiche. Ce n’est pas au Palais Bourbon qu’il faut aller fanfaronner, c’est ici en Martinique !

 Nos élus et dirigeants politiques vont-ils expliquer au vrai peuple leur sinistre dessein, qui consisterait à s’arrimer à une France toujours plus raciste, colonialiste, impériale, et cynique ? Qu’ils le disent clairement.

 Et qu’ils expliquent alors, en toute franchise et en toute connaissance de cause, à quelle France ils veulent nous livrer pieds et poings liés ? Les fameuses ‘valeurs’ de la France et de l’Occident feront l’objet d’un autre billet.

 Présentons-leur donc partiellement cette France, puisqu’ils n’en ont pas le courage.

 Racisme et suprématie blanche

 Il faut déjà être intellectuellement malhonnête pour nier l’existence d’un complot occidental raciste, bien sûr non-écrit, mais néanmoins réel. La suprématie blanche ce n’est pas une idée virtuelle, qui se limiterait aux pays des cinq ‘zyeux’. La France, comme plusieurs autres pays, et selon le cas, a son strapontin dans ce club très sélect, qui réunit les États‑Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande.

 Dans ce cadre, la France a joué et joue un rôle très néfaste dans les relations internationales.

 Racisme, cynisme, constant mépris des pays non-blancs, silence assourdissant devant les massacres et crimes de guerre effectués par l’État Israélien d’Apartheid en Palestine. Ah, j’oubliais, oui, la France s’est dite vivement préoccupée dernièrement, en attendant que le dirigeant israélien achève de détruire Gaza. Tactique bien connue. En revanche, pas la même compassion face au Venezuela par exemple. Ou à l’Iran. Ni même face à la Russie, ou face au traitement infligé à Julian Assange. Rappelons-nous que la France est le pays de la liberté d’expression. Il a fallu cependant qu’une cour européenne interdise à la France d’interdire le soutien au mouvement BDS (boycott contre Israël). Aux États-Unis, les services de renseignement ont conclu il y a peu que la plus grande menace contre le pays était actuellement celle des partisans et des promoteurs de la suprématie blanche. Comme tout le monde le sait, la France est actuellement non seulement un supplétif bien vassalisé des États-Unis, mais elle importe tout, et surtout le pire, des États-Unis. Tout vassal doit trouver un plus petit que lui !

 Je ne retiendrai qu’un exemple pour illustrer le suivisme de la France en matière policière. Le monde entier sait qu’aux États-Unis, les parents noirs vivent en permanence dans l’inquiétude de ne pas voir leurs enfants revenir vivants à la maison. Ils sont donc maintenant obligés d’éduquer leurs enfants dans ce sens, dans l’obséquiosité et dans la peur de la police : faut pas répondre, faut pas bouger, faut pas regarder les policiers dans les yeux, pas faire de gestes brusques, etc. Ce phénomène est l’un des gentils cadeaux de celui que certains appellent le premier président noir des États-Unis et une des plus dramatiques conséquences de la politique du gentil démocrate qu’était Bill Clinton, avec sa politique brillamment expliquée en détail par Michelle Alexander dans son livre : « The New Jim Crow : Mass Incarceration in the Age of Colorblindness ». Cette politique clintonienne a totalement dévasté le tissu social des afroétatsuniens.

 Les Martiniquais se souviendront, j’espère, d’Adama Traoré. Beaucoup de parents noirs de France doivent maintenant faire comme aux États-Unis et vivre cette peur de ne pas revoir peut-être leur enfant à cause de la police. Rappelons que la même chose se passe maintenant pour les adultes. Il suffit de remonter pas très loin dans le temps et se souvenir des affaires Kéziah en Martinique et Zécler en France. Nos élus ultramarins étaient‑ils en vacances ? Faut pas trop leur demander. Y en a-t-il un a qui défendu Kéziah ? Lorsqu’il a récemment apporté son soutien à une ministre du gouvernement du régime français pour un amendement quelconque, Serge Letchimy en a profité pour défendre l’unité de la République, tout en soulignant la diversité de celle-ci. Son intervention a dû bien résonner aux oreilles de nos populations locales ! Enfin un bon Martiniquais (à la Césaire).

C’est le Président du régime français qui le dit lui-même : la France souffre de racisme, et il explique que la « question de la race … est au cœur même de notre société », poursuivant ainsi : « Ma conviction est que nous devons nous attaquer à ce sujet en faisant, premièrement, preuve de transparence et de jugement équitable. C'est pourquoi j'ai lancé de nouvelles plateformes pour lutter contre la discrimination, le racisme, etc. Deuxièmement, un dialogue calme et ouvert pour comprendre comment cela s'est passé et d'une certaine manière déconstruire notre propre histoire »[2]. Mais hélas, la France est imbibée de racisme, et celui-ci fait partie de l’ADN de toute une partie de la population française. Soyons bien explicites : tous les Français ne sont pas racistes, ce serait idiot de le dire, mais il faut reconnaître soit que les racistes sont concentrés dans les gouvernements successifs, soit ils sont délibérément choisis par les ‘grands chefs’ ! L’amour de beaucoup de Français pour les noirs et non-blancs ne concerne que les pièces détachées, pas l’ensemble. On aime Lilian Thuram, qui est même un héros, lorsqu’il gagne la Coupe du Monde. Mais alors attention, avez-vous vu ce lynchage médiatique lorsqu’il a simplement dit une évidence : "Les Blancs pensent être supérieurs" ? Rien que ça !!! Ce fut un moment de honte pour les Français ! Comme dirait Thuram : « En France, la question raciale est vue comme lointaine ». Et pourtant, elle est si proche. Allez voir les blantoustans en Martinique. Écoutez Jupiter lorsqu’il « convoque » les présidents Africains en France, regardez-le faire son paternalisme avec des Ouattara et autres ! Le niveau général du débat politique public est à l’avenant : des réunions non-mixtes à la possession d’une Rolex, signe de réussite, ça vole très, très bas.

Une France cynique

 Peu après sa prise de fonction, le président du régime français répondait très publiquement à propos des Kwassa-Kwassa que ‘ça ne transporte que du comorien’. Pas du poisson comorien, mais des personnes, oui des personnes comoriennes, voir Code noir.

 Pour rappel, à l’intention de certains soutiens indéfectibles de la France coloniale : vous devriez être fiers d’Haïti et non la mépriser comme vous le faites, en citant ce pays comme exemple de tout ce qui va mal. Pourquoi nos élus, par exemple, nos soi-disant représentants antillais à l’Assemblée, ne rappellent-ils pas à la France ses méchancetés envers Haïti, pays auquel la France n’a jamais pardonné de l’avoir vaincue (soutenue en cela par l’ensemble du monde occidental) ? Non, le PPM, est occupé à bâtir le « nouvel Homme antillais ». N’était-ce une si grave situation, qu’il faudrait en rire ! Vous saviez qu’on était en train de vous construire ? Je me demande quelle manipulation génétique le PPM utilisera.

 Les Martiniquais devraient bien se rendre compte du sort que la France a toujours réservé à tous les non-blancs qui se mettent en travers de la poursuite de la colonisation, où que ce soit dans le monde. La France fera un jour un simulacre d’octroi de l’indépendance à ses colonies restantes, mais ne nous y trompons pas. Ce sera une indépendance à la FrançAfrique. Nous avons déjà nos Ouattara ou autres Eyadéma locaux, prêts à se mettre en CDI au service de la FranceMonde, tout comme la France est au service des États-Unis. Certains d’entre eux ont déjà été adoubés par la France. Car ne nous trompons pas, les occidentaux préparent leurs coups longtemps à l’avance. Sarkozy a marié Ouattara il y a des décennies à Neuilly…

 Rappelez-vous aussi que c’est après être passé en Martinique et en Guadeloupe et à la suite de propos très, très équivoques, que François Hollande a promis de "s'acquitter de la dette" envers l'ancienne colonie française d’Haïti. "Quand je viendrai à Haïti, j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons", a-t-il dit. Effectivement, il est allé dire aux Haïtiens qu'il s'agissait uniquement d'une "dette morale". Plus cynique que ça, il faut l’inventer.

 Ce même Hollande, qui était apparemment choqué d’apprendre que les États-Unis espionnaient tout le monde et en premier lieu leurs soi-disant amis, après les révélations de Wikileaks et d’Edward Snowden. Oui, tout choqué qu’il était, il interdit le survol de la France à l’avion du Président bolivien, qui a dû aller se poser à Vienne, en Autriche. Le Président autrichien Heinz Fischer a bien entendu affirmé qu’il n’y avait pas eu de fouille ‘officielle’ de l’avion présidentiel bolivien. Cet atterrissage forcé s’est cependant produit, comme par hasard, quelques heures après que Evo Morales avait déclaré, en marge d'une visite à Moscou, que son pays était prêt à accueillir le fugitif recherché pour espionnage par les États-Unis (Edward Snowden), réfugié alors dans un aéroport à Moscou et dont le seul crime était d’avoir publié la vérité. Que voyons-nous aujourd’hui : des Martiniquais qui vous lancent Navalny ou les Ouïghours à la tête. Sans rien savoir ni de Navalny ni des Ouïghours, à part ce qu’ils lisent ou entendent dans les médias propagandistes serviles français.

 Heureusement que les dernières révélations de l’espionnage par les sous-fifres danois de tout ce qui bouge en Europe, pour le compte des États-Unis, ont été vite escamotées par les médias dominants ! Faut entretenir l’ignorance.

 Rappelons-nous aussi, par exemple que Jacques Chirac, canonisé depuis sa mort, avait félicité l’auteur d’un coup d‘état au Venezuela (ah ! déjà !), avant d’apprendre que le coup d’état avait échoué. La France a trompé tant de pays noirs ou non-blancs, elle a tant de fois prouvé le mépris qu’elle a pour les non-blancs, qu’il est inconcevable que les Antillais ou les Africains puissent encore croire en la France. Mais il s’agit d’une pathologie : le syndrome de Stockholm.

 La France a été l’un des personnages principaux de la comédie occidentale intitulée « Processus de Paix au Proche-Orient ». Nous savons tous ce qu’il en est advenu. Nos élus ultramarins n’ont sans doute pas de contacts avec des Palestiniens. C’est l’une des plus grandes escroqueries diplomatiques des deux derniers siècles. En tout cas, ce fut un sommet en matière de cynisme et de méchanceté.

 Pensez-vous que nos élus ultramarins auraient vogué un peu sur les eaux internationales pour au moins exprimer leur solidarité avec les Palestiniens ? Et pourtant, nous en avons pas mal ici dans nos îles, même si nous les appelons Syriens.

 Quel média dominant, en France, ou aux Antilles, a fait le parallèle entre une France qui fait subir à l’Afrique, avec son franc CFA, ce que Monsieur Sam (ce n’est pas mon oncle) lui fait subir à elle la France avec son dollar ? Demandez à Total et autres Renault. C’est Washington qui commande. Et ce n’est pas Jupiter qui s’y opposera ! Avec Jupiter c’est l’enmêmetempsmisme à fond la caisse.

 La France s’est empressée d’avaliser le coup d’État mené fin avril par le fils du défunt président Idriss Déby Itno, juste après avoir condamné une révolution au Mali, qui voudrait bien se débarrasser des troupes françaises venues foutre la pagaille au Mali.

 Le racisme et la suprématie blanche sont le seul et dernier ciment de l’unité du monde occidental. Ces malheureux occidentaux se battent pour des vaccins, pour du pétrole. Mais attention, nous parlons de pétrole noir, sans jeu de mots. Pas question de se battre pour le pétrole ‘blanc’ de l’Écosse ou de la Norvège. Tant qu’il s’agit du pétrole de l’Iran, du Venezuela, de l’Afrique, du coltan du Congo, de l’uranium du Niger ou d’ailleurs en Afrique, la devise occidentale est : « Ce qui est à toi est à moi ». Une proposition, bien entendue, unidirectionnelle. Comme disaient les Belges : « Le travail en Afrique, l’or à Bruxelles »

 La France a sans doute cru au tropisme de la fin de l’histoire selon Fukuyama, après la chute du mur de Berlin. Elle a sans doute cru aussi à cette monumentale idiotie de l’avènement d’une ère post-raciale. La France est l’un des pays où la population n’a aucun mot à dire sur l’entrée en guerre de son pays. Sans parler des députés godillots.

 Ceux qui souhaitent vraiment savoir ce qu’est réellement la France seraient bien inspirés de lire le remarquable livre de Rosa Amelia Plumelle-Uribe, intitulé ‘ La Férocité blanche’, sous-titré : « Des non-Blancs aux non-Aryens : génocides occultés de 1492 à nos jours ». Dans la préface de cet ouvrage, Rosa Amelia Plumelle-Uribe écrit : « Je dédie ce travail à la mémoire des millions de femmes, d’hommes et d’enfants qui, à l’échelle planétaire, payèrent de leur souffrance et de leur vie le prix de la domination raciale ». Ce livre n’a malheureusement pas reçu aux Antilles l’accueil que l’on aurait pu espérer. En effet, on dit aux Antilles francophones : « Sa zié pa oué, tchè pa fè mal », expression à prendre ici dans son sens tout à fait littéral.

Les francocaribéens doivent comprendre deux choses :

a)    Le salut de nos pays ne pourra venir que de l’Afrique.

b)    La France ne peut pas continuer à prétendre être une grande puissance sans l’Afrique, j’entends par là sans des relations d’égal à égal avec l’Afrique.

Je recommande vivement la lecture d’un excellent article publié dans Panorapost[3], qui donne une idée claire de l’importance de l’Afrique pour la France et des raisons pour lesquelles la France envoie ses soldats tuer et se faire tuer en Afrique. Extrait :

« Pillage de l’Afrique : Après les critiques de l’Italie, la Chine donne un ultimatum à la France

28 JANVIER 2019

La grogne des puissances occidentales vis-à-vis de la France devient de plus en plus acerbe. Alors que la tension diplomatique avec l’Italie ne s’est pas encore estompée, la France se voit aujourd’hui décernée un ultimatum afin de redéfinir ses relations commerciales avec certains pays africains.

Le pacte colonial (appelé aussi régime de l’Exclusif) est un régime d’échange imposé par les pays européens à leurs colonies au XVIIème siècle et selon lequel la colonie ne peut importer que des produits provenant de la métropole tandis qu’elle ne doit exporter que vers celle-ci.

Peu de gens le savent. Mais il existe bel et bien des accords secrets signés entre les anciennes colonies françaises et leur ancienne autorité administrative, la France. Ces accords concernent de nombreux domaines, tels que le militaire, le politique, mais surtout des accords économiques.

Les pays africains doivent déposer leurs réserves financières auprès de la Banque de France. Ainsi, la France « garde » les réserves financières de quatorze pays africains depuis 1961 : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Tchad, le Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale et le Gabon.

La Chine, qui possède 40% de la production de pétrole brut au Congo, doit transiter par la banque centrale de la France avant d’emmener des capitaux et des fonds au Congo, ce qui prend du temps et déprécie la monnaie chinoise.

La Chine ne veut plus de cela et sera prête pour un changement dans la relation France‑Afrique.

Depuis 2017, des réunions secrètes entre les Chinois et les Français se seraient tenues pour mettre fin au pacte colonial à certaines anciennes colonies françaises où les Chinois ont le plus grand intérêt. Il s’agirait de 6 des 14 pays africains contraints par la France de payer l’impôt colonial.

L’Allemagne avait déjà sonné la charge

En 2015, Deutsche Wirtschafts Nachrichten, journal économique allemand, accusait la France de piller chaque année 440 milliards d'euros aux africains à travers le Franc CFA.

« Cet esclavage économique est important pour l’essor de l’économie française. À chaque fois que ce trafic est susceptible de faillir, la France est prête à tout pour le reconquérir. Si un dirigeant de la zone CFA ne répond plus aux exigences de la France, Paris bloque ses réserves de devises et plus encore, la France ferme les banques dans ce pays jugé de « rebelle ». C’est fut le cas de la Côte d’Ivoire avec Laurent Gbagbo. », avait publié le journal.

« Le gouvernement français recueille auprès de ses anciennes colonies chaque année 440 milliards d'euros de taxes. La France repose sur les recettes venant d'Afrique, pour ne pas sombrer dans l'insignifiance économique », avait prévenu l'ancien président Jacques Chirac.

Dans les années 1950 et 60, la France a décidé les colonies françaises d'Afrique à devenir indépendantes. Bien que le gouvernement de Paris ait accepté les déclarations d'indépendance formelles, elle a appelé les pays africains à signer un soi-disant « pacte pour la poursuite de la colonisation ». Ils y ont convenu d'introduire la monnaie coloniale française FCFA (« Franc pour les colonies françaises en Afrique »), maintenir les écoles françaises et système militaire, et d'établir le français comme langue officielle.

… L'élite dirigeante dans chaque pays africain doit remplir ces créances obligatoires sans aucun autre choix. Les dirigeants africains qui refusent sont menacés d'assassinat ou de renversement de leur gouvernement. Au cours des 50 dernières années, on a eu 67 coups d'États dans 26 pays africains. 16 de ces 26 pays étaient d'anciennes colonies de la France. »

L’histoire récente de l’aventurisme de Jupiter et de son échec jusqu’ici illustre parfaitement ce qui précède.

Je renvoie le lecteur à mon billet du 22 mai 2020, intitulé : « En pleine pandémie, la Martinique en état de mort cérébrale », publié sur mon Blog chez Médiapart.

(Https://blogs.mediapart.fr/barnik/blog/220520/en-pleine-pandemie-la-martinique-en-etat-de-mort-cerebrale)

 J’y disais ceci : « Trente-neuf ans après la proclamation par Césaire du moratoire (Césaire le voulait comme « …un temps d’arrêt, le plus court possible… »), soixante-dix ans après la loi d’assimilation de 1946, et en ce jour du 172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, l’heure n’est plus à la tergiversation et aux contorsions mentales dont l’objectif et le résultat ne sont que le maintien du statu quo institutionnel.  Un changement radical s’impose.

 Plongeons un peu dans la psyché des Martiniquais. La fameuse assimilation de 1946, assise sur les séquelles déjà bien profondes de l’esclavage, n’a conduit le peuple Martiniquais qu’à une situation d’assimilation-aliénation totale. »

 Bien entendu, en un peu plus d’an, rien n’a changé. Et la Loi d’assimilation a en fait soixante‑quinze ans.

 Il est évident que la majorité de l’élite politique actuelle de la Martinique, bien formatée à la française, ne pourra s’inscrire dans un nouveau cadre politique et constitutionnel dans une Martinique indépendante. Et c’est là l’un des gros problèmes. Car toute cette élite, qui se coopte régulièrement et dont les membres sont enracinés dans une francité tout à fait superficielle, le plus souvent alimentaire, ne voudront pas changer quoi que ce soit. Ils n’auront pas compris, par exemple, qu’un petit pays insulaire comme la Martinique devra avoir un régime monocaméral, un régime électoral à scrutin proportionnel, l’interdiction stricte du cumul des mandats électifs ou de responsabilité, la limitation des mandats à un ou deux au maximum, etc. La question du mode de scrutin et du processus électoral est primordiale. Les systèmes occidentaux actuels sont, comme le dit Étienne Chouard, ‘une vaste supercherie’ : « Ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir. DONC, si on veut une vraie Constitution, il faudra l'écrire nous-mêmes. ». Comme a dit Lord Aston, « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Nos politiciens n’ont pas compris non plus que l’économie de petits états insulaires comme les nôtres ne peuvent avoir de politique économique calquée sur le panier de crabes que constitue l’Union européenne, qi n’est qu’un vaste marché et non un pays. Bien entendu ce ne sont là que des axes de travail, nos avons suffisamment de juristes et d’économistes compétents pour mettre tout cela en place. Les fonctionnaires élus à des mandats politiques ne pourront pas cumuler le salaire de la représentation politique et leur traitement de fonctionnaire. Comment peut-on admettre que dans petit pays comme le nôtre, bourré de talents, un maire puisse être à la fois maire, président de deux ou trois administrations étatiques, membre de la CTM, etc. ? Auraient-ils réussi à mettre 48 heures dans une journée ? Il faudra réduire de manière drastique le nombre de fonctionnaires, ce que la pandémie aura déjà instillé dans l’esprit des concitoyens, en libérant ainsi des énergies pour que les gens puissent cultiver un jardin potager, etc., autrement dit tout ce qui pourra réduire le volume des importations du pays.

 Les dispositions ci-dessus permettront de freiner la corruption au pays. Il est vrai que l'argent corrompt les gens quand ils manquent d'éthique ou de principes de conduite. Quand il y a beaucoup d’argent, il y a beaucoup de corruption et cela se voit depuis bien des années maintenant en Martinique. Malheureusement nous importons très goulûment les mauvaises choses de France, en y appliquant un coefficient multiplicateur au moins égal, si l’on veut badiner, à l’indice de cherté de la vie (40%). Avez-vous compté combien de membres du gouvernement du régime français ont des démêlés avec la justice, à tous les niveaux de la vie politique : maire, ministre, président de ci ou de ça, jusqu’à des présidents du régime ?

 C’est donc à cette France que nous nous arrimerions, comme si nous avons besoin de problèmes que nous pouvons éviter, pour que les privilégiés accroissent leurs privilèges et plongent le pays dans la désespérance ? Avec des expressions comme : ‘responsable, mais pas coupable’ (la dernière version vient d’Allemagne, si je me souviens bien : coupable mais pas responsable, jusqu’à des « soupçons avérés » ! Lost in translation ? On sait jusqu’où la corruption peut mener.

 La Martinique vit dans un régime honteux d’assistanat, dans lequel la plupart des élus se complaisent, se vautrent et se gavent. Des séances entières de la CTM ne font que distribuer des subventions, pendant des heures et des heures ! Pourtant, ils savent parfaitement et trop bien que les prétendues largesses et subventions diverses du régime français sont essentiellement alimentées par l’esclavage économique imposé par la France à l’Afrique, et ce n’est pas Saint Chirac qui me contredira. Comme en France, où les Français ne font qu’élire leur roi, les Martiniquais élisent leurs maîtres, dans une Martinique folklorisée.

 Qui, de nos élues et élus parlementaires ‘ultramarins, dont beaucoup parlent d’ascendance ou de descendance africaine, a apporté son soutien au député Français André Chassaigne lorsqu’il a vilipendé la politique africaine de la France ?[4] Tous ceux qui se soucient de l’Afrique devraient visionner cette vidéo, qui ne dure que onze minutes !

Finissons par quelques rappels.

Que disait Frantz FANON, dans sa « Lettre à Roger Taieb », en novembre 1961 :

 « Nous ne sommes rien sur cette terre si nous ne sommes pas d’abord les esclaves d’une cause : celle des peuples, celle la justice et celle de la liberté. »

« Césaire refusera que l’universalisme s’arrête aux frontières européennes. Dans sa lettre adressée en 1956 à Maurice Thorez, alors secrétaire général du PCF, il devancera les critiques :

Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné. Il y a deux manières de se perdre : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’«universel ». Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, approfondissement et coexistence de tous les particuliers note.[5] »

 Aimé Césaire (1980) : « Je peux me tromper, mais je dis : ou bien la Martinique sera indépendante ou bien elle disparaîtra »[6]

Malheureusement pour Césaire, d’une part la ‘ségrégation murée dans le particulier’ est imposée et unidirectionnelle, et d’autre part la ségrégation par dilution dans l’«universel » est l’objectif même de la France, mais il s’agit, évidemment, comme dirait à nouveau Saint Chirac, de l’universel à la Française, c’est-à-dire un universalisme blanco-occidental  !!!

 Le colonialisme et le capitalisme sont viscéralement impuissants à générer des partenariats gagnant-gagnant.

 Je souhaite que quelqu’un me cite un exemple de réussite de la cohabitation des colonisés et de leurs oppresseurs dans un État non-indépendant, par exemple dans la seule démocratie du Proche-Orient. Défi lancé.

 Je tenais à publier ce billet avant le deuxième tour des élections, dans une humble tentative de dessillement des yeux de mes compatriotes.

 [1] https://www.editions-zones.fr/lyber?figures-de-la-revolution-africaine#chap-004

[2] https://francais.rt.com/france/85773-deconstruire-propre-histoire-macron-evoque-passe-colonial-france-cbs

 

[3] https://panorapost.com/article.php?id=19598

[4] https://youtu.be/8I_oW0evvrE Un élu Français dépeint la France

[5] https://www.editions-zones.fr/lyber?figures-de-la-revolution-africaine#chap-004

[6] http://latribunedesantilles.net/article/cesaire-et-lindependance-par-r-confiant

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