Après le décès de Jacques Chirac: Rappel à l'actuel Président français

L'occasion pour M. Macron de prendre un peu de hauteur et de tenter de redorer un peu le blason de la France et, accessoirement, de l'Europe, dont il se veut le 'chef'.

En cette période qui suit le décès de Jacques Chirac, et au cours de laquelle les commentaires hagiographiques et apologétiques prendront le pas sur tous les autres sujets et gonfleront les rentrées publicitaires des médias, peut-être que l’actuel président de la République ferait bien de relire ce que Jacques Chirac avait dit à propos de la guerre d’Irak (dont tout le monde connaît, mais oublie, le résultat tragique), alors que le président étatsunien se prépare à refaire le même coup pendable en Iran, et que M. Macron est prêt à le suivre, tout comme il l’a docilement suivi en Syrie, encore une fois pour le résultat que l’on connaît ! 

Le 18 mars 2003, M. Chirac déclarait : "L'Irak ne représente pas aujourd'hui une menace immédiate telle qu'elle justifie une guerre immédiate. La France en appelle à la responsabilité de chacun pour que la légalité internationale soit respectée (...). S'affranchir de la légitimité des Nations Unies, privilégier la force sur le droit, ce serait prendre une lourde responsabilité".

Il suffirait à M. Macron de remplacer Irak par Iran et d’arrêter de mentir aux Français sur un sujet aussi grave. Sur ce point, c'est le seul de ses prédécesseurs que M. Macron devrait émuler.

Il convient quand même de rappeler que Jacques Chirac ne faisait que ‘rattraper’ sa monumentale et révélatrice bourde d’avril 2002, lorsqu’il avait félicité l’auteur d’une tentative de coup d’État contre Hugo Chavez au Venezuela, avant d’apprendre que ledit coup d’État avait échoué. Ce serait aussi l’occasion de rafraîchir la mémoire des Français…

Et il appartient aux citoyens français de faire savoir au Président que cette fois ça suffit.

Il faudrait auparavant que les membres de la fameuse majorité macronienne arrêtent leur comportement suiviste et panurgien, avant qu’il soit trop tard. En sont-ils capables ? Il est permis d’en douter très fortement. Après tout, sur la liste étatsunienne connue de pays à détruire prioritairement, il n’en reste que trois ou quatre. Pour rappel, les pays déjà détruits sont : l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie, la Syrie …Il reste encore beaucoup de travail à faire : Venezuela, Cuba, et pourquoi pas la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, etc. Vaut mieux arrêter, il suffit de consulter une mappemonde. Et l’industrie de l’armement sera sauvée…

 Rappelons-nous que Nicolas Sarkozy, au plus fort de ses compétences théâtrales, assurait avec force que le sort du monde se jouait en Lybie, rien que ça ! On voit le triste sort qui a été réservé …à la Lybie et à son Chef d’État.

 Le chef de l’État français continue son ‘en-même-temps-misme’ en essayant maladroitement de se rattraper auprès de la Russie, tout en faisant voter la prolongation des sanctions contre ce même pays. Aux citoyens de choisir : en rire ou en pleurer. Pathétique.

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