Covid19 : Épidémie de “complotistes“ et censure

En novlangue ancienne, le complotiste est le pauv’ gars qui voit le mal partout. Les journaux en parlent, surtout quand il devient gênant et contagieux. Une épidémie de plus à gérer.

Il y a des beaux métiers dans la vie. L’auteur de L’opium des imbéciles et monteur du site web Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt, est depuis douze ans expert en pauv’ gars, dont il donne une définition : « plus on est incompétent sur un sujet, plus on estime qu’on est compétent, car on n’a pas les compétences pour comprendre qu’on est incompétent… ». L’homme est cité en référence par le journal Le Point, inquiet de cette « mécanique complotiste » qui mènerait aux extrêmes, comme ce propos choc : « Le masque peut nous faire crever…».

Les urluberlus en arriveraient même à élaborer une « idéologie » comme ceux qui se « revendiquentanti-masques“ », dont je n’ai pas trouvé trace. Il existe bien un groupe facebook « Anti masques obligatoires », qui s’oppose au caractère obligatoire de la mesure ; nuance. Et c’est là que ça devient intéressant, puisque Le Point est pris en flagrant délit de jugement à l’emporte- pièce.

Je me sens visé, puisque des questions s’imposent, et que je me les pose.

  1. L’obligation du port du masque est-elle légale, et à fortiori l’amende à 135 euros ou la prison si récidive ?
  • Le décret n° 2020-860 du 10 Juillet « consolidé au 5 aout 2020 » dit que « Le port du masque est obligatoire dans les marchés couverts ». Les marchés couverts sont régis par la commune ou le territoire (voir cette formation dédiée aux secrétaires de mairie), ce sont des lieux publics, ce ne sont pas des supermarchés ni des magasins. Par ce tour de passe-passe, le gouvernement s’exonère de la problématique légale des lieux privés ouverts au public. Les commerces privés n’ont pas de base légale pour imposer le port du masque.
  • Un avocat à la Cour qui engage sa responsabilité, dénonce par écrit « L’illégalité de la contravention de 4ème classe qui serait imputée en cas de défaut du port du masque dans les lieux imposés par le décret du 10/07/2020». Maître Carlo Alberto BRUSA décrypte les incompatibilités du décret avec la procédure légale.
  • La loi du 29 juillet 1994 relative au respect du corps (modifiée par l'article 70 de la loi 99-641 du 27 juillet 1998) précise : "Il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale pour la personne. Le consentement de l'intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n'est pas à même de consentir" (Code civil article 16-3).
  1. L’obligation du port du masque est-elle constitutionnelle ?

Élément de réponse : La constitution de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789 qui affirme un droit fondamental, la liberté. Cette liberté est cadrée par l’article 4 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ».

L’entrave à notre liberté de porter ou non un masque n’est pas adossée à une loi clairement définie, et encore moins votée.

  1. L’obligation du port du masque est-elle conforme à la Charte des Droits de l’Union Européenne ?

Réponse : NON. Extrait de la charte :

Droit à l’intégrité de la personne – « Toute personne a droit à son intégrité physique et mentale. Dans le cadre de la médecine et de la biologie, doivent notamment être respectés : le consentement libre et éclairé de la personne concernée, selon les modalités définies par la loi, l’interdiction des pratiques eugéniques, […] ».

Ce droit est violé.

  1. L’obligation du port du masque est-elle légitime ?

Réponse : On peut imaginer qu’une telle mesure, respectueuse de la procédure légale, limitée dans le temps (ce n’est pas le cas), répondant à un danger substantiel manifeste, clairement et honnêtement exposé (ce n’est pas du tout le cas), y répondant avec des moyens dont l’efficacité et les effets sont clairement et honnêtement exposés par les autorités et les médias (ce n’est absolument pas le cas), soit acceptée (voir acceptable) par la population. Mais alors, si cette mesure était comprise et acceptée, l’État n’aurait pas besoin de la rendre obligatoire. Nous ne sommes ni des veaux, ni des abrutis suicidaires ou égoïstes, mais des citoyens responsables.

Manifestation à Berlin contre les mesures covid d'A. Merkel. Traduction affiche : Règles de liberté : se réveiller, questionner, retirer le masque et le gouvernement Manifestation à Berlin contre les mesures covid d'A. Merkel. Traduction affiche : Règles de liberté : se réveiller, questionner, retirer le masque et le gouvernement

Misérable presse française

Si les sceptiques, les inquiets, les exigeants, les contestataires, les attachés au respect de soi et de l’autre, les veilleurs, les qui-se-prononcent-en-dehors-des-sentiers-battus, les « complotistes » si ça leur fait plaisir, perdent leur temps à tenter de s’informer, c’est à cause de deux facteurs essentiels :

  • Les mensonges répétés sur un temps long, l’écart abyssal entre leurs paroles et leurs actes des politiciens aux commandes.
  • Les montagnes de questions essentielles que les journalistes rémunérés ne posent et ne se posent pas, s’obstinent à ne pas poser, et/ou ne sont pas autorisés à poser. Au final, le brouillard occultant la réalité est tellement dense que le citoyen entrevoit le MUR au moment où son nez le frôle.

Celui qui, du coup, se met à tâtonner la surface du mur avec ses mains, est souvent appelé « complotiste ». Qu’il y ait des faux nez, des nez bouchés ou des nez fins n’est pas le sujet traité ici : je me contenterais de lister une infime part des nécessaires questions qui n’ont pas étés posées dans le cadre du covid, ou si peu, dans des journaux pignon-sur-rue comme Le Monde, Libération, Le Figaro, Mediapart, L’Obs, Le Point, Le Parisien, Ouest-France, Futura-sciences, Science&Vie...

LES QUESTIONS

À tous les experts ou témoins patentés interviewés : « Pouvez-vous citer vos liens d’intérêts, et nous expliquer en quoi ils n’interfèrent pas avec le sujet abordé dans cet entretien ? ».

« Le virus a-t-il été identifié, isolé et caractérisé, et comment ? »

« Les tests de dépistage utilisés détectent-ils la présence du virus lui-même ? ».

« Il semble établi que les tests de dépistage, de type PCR ou sérologiques, détectent indirectement la présence de virus, passée ou présente, à travers la production consécutive d’anticorps, ou de ce que certains chercheurs nomment exosomes, qui sont des traces de cellules mortes infectées. Confirmez-vous ? ».

« Le physicien David Mendels, dans un entretien accordé à Le Media le 6 juin 2020, affirme que les traces indirectes de virus détectés par les tests au covid-19, sont très similaires selon qu’elles proviennent du MERS, du SRAS-COV-1 ou du SRAS-COV-2, c’est-à-dire les trois formes de coronavirus les plus connues. Les personnes anciennement ou récemment infectées par le MERS ou le SRAS-COV-1 sont-elles susceptibles d’être testés positifs ? ».

Question à poser à l’Institut Pasteur, l’instance privée désignée en tant que Centre National de Référence pour la sélection des kits de test au covid-19, ou à poser aux services du ministère de la Santé :

La HAS, Haute Autorité de Santé, a publié le 16 avril un cahier des charges donnant les contraintes qualité des tests de dépistage au covid-19.

Deux critères reflètent la qualité des tests, le critère de spécificité qui détermine le pourcentage critique de faux négatifs, et le critère de sensibilité qui correspond aux faux positifs.

Les limites acceptées par la HAS sont :

  • 5% à 10% de faux négatifs maximum (sensibilité clinique de 90% à 95%).
  • 2% de faux positifs (spécificité clinique de 98%).

Question : « Les 23 fournisseurs de kits de tests sérologiques agréés par les autorités répondent-ils au cahier des charges ? David Mendels, dont l’entreprise Xrapid a participé à l’évaluation de kits de tests, ne comprend pas comment la liste des 23 kits a pu être établie, et affirme que des kits de qualité médiocre ont été agréés. Il a contacté les services de l’État en vain. Quelle est la précision moyenne des tests PCR et sérologiques attendue à l’échelle nationale, en sensibilité et spécificité ? ».

« Si l’on se place dans le cas idéal, considérant les 400 000 tests effectués par semaine à la fin juillet, le nombre potentiel théorique de faux positifs (2%) par semaine est de 8000. Sachant que le nombre de cas positifs annoncés par Santé Publique France est actuellement inférieur à 10 000 par semaine, le taux théorique (et optimiste) d’erreur sur le comptage de nouveau cas de contamination est donc de 80%. En d’autres termes, il est probable que la réalité de l’épidémie soit artificiellement entretenue par les taux d’erreurs des tests effectués. Question : Comment faites-vous pour neutraliser ce potentiel d’erreur prépondérant ? ».

« Les tests de dépistage donnent-ils une information exploitable et sûre quant à la charge virale de la personne infectée ? »

Données Santé Publique France. Mise en parallèle des cas de contamination avec le nombre de tests effectués. Entre la semaine 27 et la semaine 30, le nombre de tests a été augmenté de 66%, et le nombre de « personnes positives » a augmenté de 60%. Est-ce bien l’épidémie que l’on mesure, ou bien mesure-t-on les mesures prises pour mesurer l’épidémie ?

Données Sante Publique France Données Sante Publique France

« Beda Stadler, ancien directeur de l’Institut de virologie et d’immunologie de l’Université de Berne, affirme que les « cas d’infection » peuvent concerner des personnes déjà immunisées contre le virus et encore porteuses de « débris viraux » dans leur organisme. Cela remet-il en cause le principe même de tests massifs hors symptômes en phase terminale de l’épidémie ? ».

« Quel pourcentage des personnes testées positives récemment présentent des symptômes ? »

« Ces symptômes sont-ils spécifiques au covid-19 ? »

« Quel pourcentage des personnes testées positives récemment présentent des symptômes graves ? ».

« Nous savons que le taux de mortalité des personnes jeunes atteintes du covid-19 est très faible. Quelle est la moyenne d’âge des cas détectés positifs au mois de Juillet ? ».

« Le réseau Sentinelles rapporte une fréquence stable et normale d’Infections Respiratoires Aigües (IRA), qui représentaient l’essentiel des cas mortels supposés atteints du covid-19. Depuis deux semaines, aucun des malades IRA n’a été diagnostiqué covid-19. De plus, le nombre de morts, le nombre d’admissions en réanimation, le nombre d’hospitalisations en lien avec le covid-19 continue de baisser. Cela signifie-t-il que le covid-19 ne produit plus que des maladies bénignes ? »

« En analysant les taux de létalité moyens de février à aout (rapport entre morts attribuées au covid et cas officiellement détectés) en Belgique, en Espagne, en Finlande, Italie et France, et qu’on les compare aux taux de létalité approximatifs sur les mois de Juin et Juillet, nous observons que les taux de létalité des deux derniers mois sont 4 à 6 fois moins élevés que sur la moyenne totale. Doit-on en déduire que la gravité intrinsèque de la maladie, c’est-à-dire le risque réel couru par un individu infecté, est 4 à 6 fois moins préoccupante qu’en début d’épidémie ? ».

« Corollaire : le chiffre brut de contaminations nouvelles actuelles doit-il être divisé par 4 ou 6 afin de se faire une idée correcte de la progression de l’épidémie ? »

« Corollaire : les citoyens français sont-ils abusés par la manière de présenter les chiffres ? Ne sont-ils pas amenés à surestimer la gravité de la situation, et donc à ne pas agir en connaissance de cause ? ».

« Pour des raisons de santé (asthme, problèmes respiratoires, problèmes cardiaques, vieillesse…), de nombreuses personnes supportent très mal le port du masque. Sont-ils mis en danger par la mesure ? »

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« Le port généralisé du masque, qui commence à être imposé y compris dans des zones extérieures, donne lieu inévitablement à un pourcentage important, voire très important, de personnes qui n’utilisent pas les masques convenablement (remplacement peu fréquent pour raisons budgétaires ou logistiques, mauvaises habitudes, négligence, mains à la figure, fatigue accumulée…). »

« Le risque induit, par port prolongé du masque, de déséquilibre du microbiote présent dans chaque organisme (champignons, virus, bactéries comme le streptocoque doré) est-il connu ? Dans quelle mesure ce déséquilibre est-il susceptible de déclencher des évolutions infectieuses ? Sur quelles catégories de population ? Les dégâts potentiels qui dépassent de loin le cadre du covid seront-ils, peuvent-ils être évalués ? ».

« L’absence de contrainte de qualité sanitaire sur les masques augmente le risque de se procurer un masque infecté (lors de manufacture en atelier de couture…). En outre, les risques d’auto-infection existent, et l’affaiblissement dû au port prolongé du masque (difficulté à expulser le dioxyde de carbone, capacité respiratoire affectée, fatigue, maux de tête…), ont pour effet de fragiliser le système immunitaire, mais aussi de provoquer des maladies ou aggravations d’affections chroniques qui n’ont pas nécessairement de lien avec le covid-19. Ces éléments de risque sont-ils pris en compte ? Ne risquent-ils pas de supplanter le bénéfice de protection attendu par le port du masque, sachant qu’aucune étude n’atteste de son utilité dans le conditions d’usage quotidien, et que les études faites sur des virus grippaux en conditions hospitalières optimales, montrent que les améliorations en matière de protection ne sont pas statistiquement significatives, ou au mieux, marginales ? ».

Les médecins qui s'expriment sans ambages sont souvent retraités, allez savoir pourquoi, peut-être qu'ils ne sont plus à l'ordre ? Ce couple de médecins parle avec simplicité de ces mesures autoritaires qui heurtent notre bon sens.

 

Conséquences

Étant donné que ces questions, dont nous ne donnons ici qu’un sous-échantillonnage d’un domaine précis, ne sont quasiment jamais posées par les journalistes, nous avons une certitude absolue : le niveau indigent de l’information fournie ne permet à aucun citoyen lisant la presse dominante française, d’avoir une vision correcte des enjeux majeurs qui traversent le monde, et en l’occurrence, de se faire une idée quelconque du rapport bénéfice/risque concernant le port du masque, puisque ni le risque, ni le bénéfice ne sont traités ou évalués avec sérieux. Nous ne discutons pas ici des dégâts induits économiques, psychiques, sociaux….                                                                                    

En somme : les journaux comme Le Point qui démontent la « mécanique complotiste » sont eux-mêmes la source principale de cette « mécanique ». Ils font payer leur propre indigence aux citoyens qui tentent de se défendre avec les moyens du bord. Des gens qui prennent de leur temps pour compenser la vacuité informationnelle de ceux qui sont rémunérés pour produire l’information, tentant de restaurer un peu de vérité dans la soupe mensongère qui fait voler en éclats les fondamentaux démocratiques, ces gens se font molester. Et quand le même journal utilise une opportune étude polonaise pour traiter de « psychopathes » et « narcissiques » les « réfractaires » au port de masque, l’on se dit que le fond du gouffre n’est jamais assez profond pour ce journalisme-là.

Si le “complotisme“ aboutit à mettre en lumière, parfois, trop souvent, sans le chercher spécialement mais par curiosité et devoir citoyen, par un travail d’enquête et de recherche, l’imposture de corporations, d’institutions ou d’individus, connectés entre eux de manière explicite ou implicite, volontaire ou involontaire, consciente ou inconsciente, systémique, interpersonnelle, idéologique ou criminelle, alors oui, les complotistes prolifèrent, et j’en suis; je récuse cependant avec force la catégorie “complotiste“ destinée à flanquer dans un même panier une diversité d’expressions et d’intérêts variés, je récuse tout de go cet outil fabriqué par les nervis du pouvoir, ce concept usé jusqu’à la corde par des médias dominants dont la finalité est d’ériger un écran de fumée devant des réalités qui, dévoilées au grand jour, mettraient en danger un ordre établi dont l’illégitimité, désormais, saute aux yeux du plus désinvolte des citoyens.

Zoom-out sur la CENSURE

Une question largement occultée par les médias est la montée exponentielle de la censure par les géants du Net. Mauvais temps pour ceux qui s’opposent à la Vérité Officielle. Pour ne citer qu'un exemple, la dernière mouture de Youtube (racheté par Google) qui change son réglement comme deux chemises, précise :

"YouTube n'autorise pas les contenus qui propagent des informations médicales erronées contredisant celles de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou des autorités sanitaires locales concernant le COVID-19. Cela ne s'applique qu'aux contenus allant à l'encontre des conseils de l'OMS ou des autorités sanitaires locales à propos des éléments suivants : Traitement Prévention Diagnostic Transmission"

L'OMS est donc la référence de youtube en matière de politique de santé. La politique de santé, c'est de la politique. Youtube pratique donc la censure politique. C'est au nom de ce réglement que cette conférence de presse faite à Washington par des médecins américains a été retirée de youtube :

https://thebfd.co.nz/2020/07/29/watch-viral-video-of-doctors-coronavirus-press-conference-censored-by-facebook-google-youtube-and-twitter/

À son petit niveau, Mediapart joue son rôle de gardiennage. Depuis le mois de mars, cinq de mes commentaires ont subi le processus de « dépublication », tous liés au sujet du covid, pour motif de « fausse nouvelle » généralement. J’ai contesté à ce jour trois filtrages (c’est beaucoup d’énergie pour un commentaire, mais sur le principe, c’est une question fondamentale de liberté d’expression ; et les commentaires d’articles Mediapart sont plus lus que nos pauvres billets de blogs). L’ouverture aux commentaires des abonnés est un gage démocratique mis en avant par Edwy Plenel, qui note avec justesse que la majeure partie de la presse en ligne a fermé l’accès aux commentaires.

Section commentaires Mediapart de l'article : "Recherche contre le Covid-19: la place de Bill Gates et des VIP interroge" Section commentaires Mediapart de l'article : "Recherche contre le Covid-19: la place de Bill Gates et des VIP interroge"

Je poste ici pour mémoire ma correspondance avec Mediapart, suite à un commentaire où je donnais le lien d’une pétition contre le caractère obligatoire du port du masque. Mon dernier courriel de contestation est resté sans réponse, ce qui est bien compréhensible : l’équipe de modération ne va pas démontrer à chaque commentaire retiré pour « fausse nouvelle » que c’est une fausse nouvelle, sinon ils seraient plus nombreux que les rédacteurs. En s’arrogeant le droit, via sa charte des lecteurs, de décider ce qu’est une fausse nouvelle et ce qui ne l’est pas, qui plus est sur des questions complexes, la direction de Mediapart se pose en censeur. Vive la liberté de la presse.

Certaines fausses nouvelles bien délimitées sont clairement identifiables, notamment quand le producteur de l’erreur ou de la manipulation l’admet lui-même. C’est le cas de la publication par le Lancet de l’étude à l’origine de l’interdiction de la chloroquine dans de nombreux pays, véhiculée par Mediapart le jour même. Avec un rien de zèle, le chapô prétend qu’elle « démontre l’absence de bienfaits voire la nocivité de la chloroquine… ».

Il fallait une heure de lecture de cet agrégat de données pour comprendre que la très fragile et douteuse publication (voir mon billet publié dans la foulée) ne démontrait rien. D’ailleurs, très peu d’études scientifiques isolées “démontrent“ un fait ; un consensus médico-scientifique peut éventuellement s’établir avec du temps, encore que le parasitage des experts nourris par la Big Pharma brouille de plus en plus le tableau.

 Le journal n’a pas répercuté la piteuse rétractation de l’étude par le Lancet, treize jours plus tard, ce qui est une grave faute morale et déontologique, sur une question qui concerne la vie et la mort de milliers de gens.

 

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CORRESPONDANCE :

Titre : Dépublication no 4 : Mediapart et les divinités grecques

Envoyé le mer. 22 juil. à 17:19.

Bonjour Mr Bonnet, Mr Alliès, Mme Fouteau, la hiérarchie concernée,

En tant que lecteur et contributeur de longue date au « club » de mediapart, je vous fais part solennellement, suite au Xième filtrage de commentaires, pour ne pas dire censure, de mon profond désarroi vis-à-vis des méthodes de votre rédaction, qui de plus en plus contribuent à l’étouffante atmosphère anti-démocratique qui envahit le monde occidental et la France en particulier.

La dernière en date concerne la diffusion d’une pétition contre le port du masque obligatoire, qualifiée de « fausse nouvelle » pour les raisons suivantes, données telle quelles par votre « équipe modération », sur la messagerie dédiée :

***

(21 Juillet 2020, 13 :58)

Bonjour Basicblog,

Si faire la promotion d'une pétition n'a rien de contraire à la charte et à la loi, faire la promotion d'une pétition qui propage des fausses nouvelles l'est. 

Or dans la description de ladite pétition voici ce que nous pouvons lire sur le port du masque : 
De nombreuses études, qui ne sont curieusement jamais diffusées officiellement, font état de l'inutilité, voire de la dangerosité, de cette mesure.
Ce qui est faux. 
sur son éventuelle dangerosité https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/porter-un-masque-n-est-pas-dangereux-pour-la-sante-et-ne-peut-pas-provoquer-d-hypoxie_3975859.html 
sur sa prétendue inutilité : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/07/21/le-port-du-masque-une-parade-efficace-face-a-la-diffusion-du-virus_6046831_1650684.html
Comment font les soignants qui portent des masques depuis des décennies ? Les personnes en Asie qui portent un masque quand ils sont malades ou contre le rhume des foins, là aussi depuis plusieurs décennies ? 

Dans le contexte actuel, la diffusion de ce genre de fausses nouvelles faisant croire aux gens un peu crédules qu'un remède magique existe ou que les gestes barrières ne servent à rien est criminel et n'a donc pas sa place sur Mediapart.

Bonne journée,

L'équipe modération

120 – 91 - 65

Voici ma première interrogation majeure : vous citez en référence un article de France Info TV, média étatique français. Dans votre argumentaire de la précédente publication, en % avec le covid également, vous citiez en référence un article de Radio Canada. Les journalistes de Mediapart savent pertinemment que les médias d’État sont de moins en moins libres, de par les nominations des directeurs, notamment. Si Laurent Delahousse est votre modèle journalistique, merci de m’en informer urgemment.

Sur une question qui touche au premier chef la gestion gouvernementale, le fait que vous utilisiez par deux fois des organes en conflit d’intérêt direct, est grave. Vous trouverez en post-scriptum ma critique du France Info cité.

L’article du journal Le Monde (lisible en entier pour les abonnés uniquement, merci de l’attention), modèle d'intégrité et d'indépendance financière, cite un avis de l’académie de médecine, dont la “valeur“ est commentée dans cet article de France Soir du 21 Juillet :

http://www.francesoir.fr/societe-sante/chronique-covid-ndeg11-bas-les-masques-une-efficacite-trop-incertaine

Dans vos deux articles sensés valider votre dépublication, aucune ou très peu d’études médicales sont mises en lien, contrairement à celui de France Soir qui base l’efficacité « incertaine » du port du masque sur des analyses, méta-analyses et des données précises. Objectivement, les données disponibles vont bien plus dans le sens d’une inefficacité, que d’une efficacité. Mais peu importe : ce qui est absolument sûr, c’est qu’il n’existe pas d’étude médicale méthodique, faite dans les conditions de « lieux publics » concernés par l’obligation du port de masque, qui soient susceptibles d'étayer sérieusement les effets de cette mesure.

Les affirmations péremptoires de la titraille de France Info et du Monde (« une parade efficace »), contrairement à France Soir (« efficacité trop incertaine ») qui conserve un doute, sont STRICTEMENT de l’ordre de la fausse nouvelle. Personne n’est en mesure de prouver l’un ou l’autre, d’où l’importance de permettre l’exercice démocratique sur un sujet qui concerne et notre santé, et nos libertés. Comble d’un journal « indépendant », vous réfrénez cet exercice indispensable.

Plus grave encore : le caractère néfaste de cette mesure générale et forcée, dont la portée anxiogène incitera bon nombre de personnes à porter le masque dans la rue, donc sur un temps long, notamment celles qui ont le plus peur, par exemple les immuno-déficientes. En sus de ma réponse d’hier (voir P.S.), j’ajouterais que des pneumopathies covid mortelles (en cas d'immunodéficience notamment) sont dues à des champignons Aspergillus, selon cet article. Or, qu’a-t-on trouvé dans un lot de 35 millions de masques 3M livré en Suisse ? Des champignons de la famille des Aspergillus. Lesquels, de manière évidente, se développent d’autant mieux dans l’humidité entretenue par notre souffle dans un masque, avec les bactéries et le reste.

Ce petit film d’expériences faites par une biologiste espagnole montre même que des masques neufs semblent contenir des bactéries (il faudrait prouver qu’elle ne l‘a pas contaminé à l’ouverture) ; voyez le résultat selon les usages de divers masques :

MICROBIOLOGIE: Une très curieuse culture - MICROBIOLOGÍA: Un cultivo muy interesante

MICROBIOLOGIE: Une très curieuse cultur...

La pétition elle-même est ouverte : « De nombreuses études… font état de l'inutilité, voire de la dangerosité » : ils n’excluent pas l’existence d’autres études, ils laissent un espace au doute. En qualifiant cette phrase de « fausse nouvelle », vous affirmez, à l'inverse et sans doute possible, l’efficacité ET l’innocuité de la mesure.

Aucun acte médical n’est jamais anodin, le serpent inclus dans le symbole pharmaceutique incarne le remède ET le poison, indissociables. Même un Dieu Grec ne pourrait avancer une telle affirmation (indirecte, mais claire).

Ce qui nous amène à l’incontournable rapport bénéfice/risque, qui suppose d’évaluer le danger intrinsèque (situation épidémique covid), extrinsèque (effets non désirés du port du masque), et le remède (efficacité du masque).

Pour ce qui est de la situation, aucune donnée synthétique (chiffres+graphiques+analyse) n’est fournie par les autorités, qui permette de se faire une idée précise, donc une opinion solide, sur l’état de gravité de la maladie. Pris isolément, les « nouvelles contaminations », les nouveaux « clusters » ne veulent absolument rien dire.

En extrapolant les données de Santé Publique France (il faut noter jour après jours les valeurs de la page internet non consultable le jour suivant, faire des moyennes et règles de 3…. Personne ne le fait, pas même les journalistes, visiblement), nous en serions à peu près à 400 000 tests de dépistage par semaine, énormément plus qu’en mai. Ce chiffre n'est pas mis en regard.

Dans la phase amenuisée de l'épidémie, il est d'autant plus important d'indiquer les tests positifs + l'existence de symptômes. C'est tout à fait faisable, et cela n'est pas fait.

Les « cas contacts » sans symptômes forment la majorité des dépistés, probablement. J’ai interrogé mon médecin (région parisienne) qui n’a eu en deux mois qu’une seule consultation pour covid-19, récemment, précisément un « cas contact » sans symptôme testé positif. Les témoignages de médecins sont nombreux, peu importe, l’idée n’est pas ici de démontrer un niveau de gravité : j’affirme haut et fort que les données mises en forme par les autorités sanitaires laissent la population aux 4/5ème aveugles sur l’état réel de l’épidémie, énorme lacune bien trop peu compensée par les médias.

DONC : le bénéfice/risque n’est pas évaluable en l’état par les citoyens lambda. (j’ai mon point de vue car je scanne tout ce qui est disponible localement, amis, sites internet officiels et officieux, France et étranger, en y passant un temps déraisonnable induit par l’anarchie institutionnelle ambiante : ma vision est que ce bénéfice risque est sanitairement très négatif concernant le port de masque. Son obligation viole, entre autres, la charte européenne de droits de l’homme, et sans doute notre Constitution, mais c’est détail…).

En conclusion :

-       Il me parait d’utilité publique et démocratique que Mediapart revoie en profondeur sa méthodologie de filtrage d’expression du lectorat ; reconsidérer le contenu de votre charte me paraitrait sain.

-       Je vous demande de reconsidérer votre décision quant à la pétition discutée ici.

Cordialement,

(Basicblog).

 

P.S. : Réponse d’hier, complémentaire de ce mail, restée sans réponse à ce jour :

  • La référence de France Info que vous citez comporte deux FAUSSES NOUVELLES au sein même de son titre, « Porter un masque n'est pas dangereux pour la santé et ne peut pas provoquer d'hypoxie ».

Le contenu de l’article, qui ne renvoie vers aucune étude scientifique, ne démontre en rien, ni l’absence de dangerosité, ni ne prouve que le port du masque « ne peut pas provoquer d'hypoxie ».

Il se base notamment sur le propos d’un médecin sous forme d’un vague avis et ne rapporte aucun consensus ou étude sur cet avis : « …médecin de la Fondation du souffle, Gilles Dixsault. "Ça n’a rien à voir avec une hypoxie, c’est juste le fait que la respiration est un peu plus difficile parce elle se fait contre une résistance, qui est la résistance du masque, explique-t-il. Les chirurgiens qui vont travailler des heures et des heures avec un masque ont l’habitude de ça. ».

Il existe une étude de 2008 (voir le lien), faite précisément sur des chirurgiens en opérations longues, qui rapporte un phénomène de « désoxygénation ». Il est évident que le masque est une barrière à l’expulsion de dioxyde de carbone, la seule question est de quantifier cet effet, qui pourrait être négligeable. Cette étude affirme le contraire.

Extrait : Although it might have appeared to be likely that hypoxemia results from the increased CO2 content of the inspired air1 due to the exhaled CO2 getting trapped beneath the surgical face mask; there has been no controlled study concerning with the effect of surgical masks on the level of blood oxygenation.

In this study we have measured the oxygen saturation of arterial pulsations (SpO2) by a pulse oximeter and found a statistically significant decrease in the blood O2 saturation level of the surgeons post operationally, which is not due to prolonged standing or stress.

Que faites-vous de tous les témoignages de commerçants qui se retrouvent le soir avec des maux de tête et une accumulation de fatigue sortant de l’ordinaire ? Mediapart n’a fait aucun reportage sur cette question pourtant évidente. Je questionne les commerçants moi-même et tous s’en plaignent à divers degrés.

Les poumons expulsent de l’humidité, des bactéries, des virus. Certaines pneumopathies seraient même liées à des champignons. Le masque est un parfait bain à bactéries, à champignons, à virus, et il est évident que tous n’ont pas les moyens, ou la logistique, ou la présence d’esprit de changer ou désinfecter son masque toutes les 4 heures, si tant est que cette limite évite les effets néfastes des masques.

Cet article de France Soir rapporte d’autres effets néfastes potentiels. Il ne donne pas LA vérité, il donne des visions alternatives à la position officielle, que Mediapart semble suivre aveuglément.

Dans l’article du Monde que vous citez, réservé aux abonnés, je peux lire : « Certes, il n’existe pas d’étude randomisée, de preuve absolue de l’efficacité du masque, mais c’est du bon sens », appuie le professeur William Dab. C’est suffisant : ce professeur présente les choses avec une légèreté confondante. Voici la réalité crue qu’il semble néanmoins connaitre : les études faites en milieu hospitalier ne parviennent pas à obtenir des résultats statistiquement significatifs pour démontrer l’efficacité du masque contre la grippe. Voici des études qui reprennent un large panel des études réalisées dans le passé. Une des explications est que le masque FFP2 ne filtre par les goutelettes de 2,5um de diamètre, taille à partir de laquelle la suspension dans l’air favorise la transmission aérienne.

https://covidinfos.net/wp-content/uploads/2020/05/MasksDon-twork-4.pdf

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/jebm.12381

Les soignants portent les masques par principe de précaution, faute de mieux. Ce sont des professionnels, ils l’utilisent à bon escient, dans les règles, ce que l’on ne peut demander au quidam. En Asie, ils se protègent essentiellement de la pollution, c’est une autre question.

Pourquoi le directeur de la CDC, Tony Fauci, refuse-t-il de lancer des études sur l’efficacité des masques ?

Vous dites : « Dans le contexte actuel, la diffusion de ce genre de fausses nouvelles faisant croire aux gens un peu crédules qu'un remède magique existe ou que les gestes barrières ne servent à rien est criminel et n'a donc pas sa place sur Mediapart ». Ce qui est criminel, c’est de diffuser une information lacunaire, surtout quand c’est votre métier. Vous avez relayé l’étude du Lancet contre la chloroquine le jour même, en écrivant que cela « démontre » son danger. L’avez-vous lue ? Moi oui, le jour même, ses faiblesses étaient flagrantes, et j’ai publié un billet deux jours après donnant assez d’arguments pour démontrer sa nullité. Le Lancet l’a retirée de lui-même. Je peux vous retourner le qualificatif de « criminel » ne serait-ce que sur ce point.

Les questions de santé ne sont pas indépendantes des questions démocratiques. C’est en laissant s’exprimer librement les points de vue (qui ne sont pas volontairement manipulatoires) et comportements que s’établit une coexistence saine et pacifique.

Ce n’est pas en relayant la pensée unique « gouvernementale » que l’on va résoudre cette question qui, vous le savez, a une teneur politique, économique… et sanitaire.

Je conteste avec force cette dépublication, vos références ne démontrent aucune fausse nouvelle, fut-elle démontrable sur cette question complexe du port de masque.

En attente de votre retour,

Cordialement,

(Basicblog).

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