basicblog
Abonné·e de Mediapart

89 Billets

1 Éditions

Billet de blog 13 oct. 2021

Alea Injecta Est - Autodafé des Constitutions et Traités

Ceci n’est pas un décalque historique. Les « surhommes » et “bons“ aryens d’hier ne sont pas les hommes « augmentés » d’aujourd’hui. Nonobstant, le profond mépris actuel de ce qui a fait ce que nous sommes ne mène pas nécessairement vers de moins pires extrémités.

basicblog
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Tout a commencé par un « état d’urgence sanitaire » en rien prévu par la Constitution, un état de décisions à huis clos, tranquillement installé comme il se doit sous le signe de l’arbitraire, tout comme le pass dit sanitaire.

Nous avons vu au dernier épisode comment le président du Conseil Constitutionnel Laurent Fabius se comporte en bon à rien, en omettant, entre autres traitrises discriminatoires, d’examiner l’article 12 dédié à l’obligation à expérience médicale, malgré la demande express du Premier ministre, qui s’en est fort bien remis, merci pour lui.

On ne peut pas en dire autant du Code de la Santé Publique (article L1111-4, L1111-0-3), du Pacte international des droits sociaux et politiques à valeur constitutionnelle (article 7), du Statut de Rome (article 8 a-ii), de la Déclaration Universelle de la Bioéthique (articles 3, 4, 5 et 6), de la convention d’Oviedo sur les droits de l’homme et la biomédecine (articles 5 et 15), de l’esprit de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 (et de l’article 1 dans son essence), donc de la Constitution de 1958, …, autant de Textes d’émanation démocratique, aussi précaire fut-elle, qui, si l’on ne parvient pas à raisonner les vandales, vont finir tout entiers brûlés dans les brasiers de ci de là sur la planète allumés.

Dans ce documentaire de l’armée américaine sur le procès de Nüremberg, la voix off commente les autodafés de 1933 :

« Into that flame, went the Constitution of the Weimar Republic and the freedom of the German people… ».

« Dans ce brasier, partirent en fumée la Constitution de la République de Weimar et les libertés des allemands… ».

Mais là vous allez dire, c’est pour le Bien qu’on la brûle… la nôtre... de Constitution ? Pour le bien de quelque bon à rien bien cravaté, c’est certain ; quant aux sénateurs qui s’apprêtent à plancher ce mercredi 13 sur l’opportunité d’une EPATT (Expérimentation Pour Absolument Toutes et Tous), les propos du philosophe Giorgio Agamben pourraient leur fournir un soutien psychologique non négligeable (à ce stade la réflexion n’est qu’un pis-aller) ; et si certains élus n’ont pas l’hypothalamus totalement cramé, je veux dire le centre des émotions, au rang desquelles le remord, qu’ils écoutent cet exposé glaçant d’un valeureux médecin légiste allemand (un vieux de la veille qui croit encore au serment d’Hippocrate, le naïf), qui s’est démené pour récupérer des corps avec un pansement sur l’épaule, pendant que les (ir)responsables jouent au poker menteur.

Autopsie du Dr Burckhard - Vue en coupe d'une glande salivaire typique du très rare syndrome de Sjögren

Giorgio Agamben, le 7 octobre 2021 devant la commission des affaires constitutionnelles du Sénat italien sur le “green pass“.

Intervention censurée par le repère transhumaniste Facebook. 

« Je ne m'attarderai que sur deux points que je voudrais porter à l'attention des parlementaires qui auront à voter sur la conversion du décret en loi. La première est la contradiction évidente, j'insiste sur le mot “évidente“, du décret en question. Vous savez que le gouvernement avec un décret loi spécial, numéro 44 de 2021, appelé le bouclier pénal maintenant converti en loi, s'est senti libre de toute responsabilité pour les dommages causés par le vaccin. Et la gravité de ces dommages est démontrée par le fait que l'article 3 du décret en question mentionne explicitement les articles 589 et 590 du code pénal, qui font référence à l'homicide involontaire et aux blessures par négligence.

Comme l'ont noté des juristes faisant autorité, cela signifie que l'État ne se sent pas capable d'assumer la responsabilité d'un vaccin qui n'a pas terminé sa phase d'essai et que, dans le même temps, il tente de forcer les citoyens à se faire vacciner par tous les moyens, en les excluant autrement de la vie sociale et maintenant, avec le nouveau décret que vous êtes appelés à voter, en les privant même de la possibilité de travailler. Est-il possible d'imaginer une situation plus anormale sur le plan juridique et moral ? Comment l'État peut-il accuser d'irresponsabilité ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner, alors que c'est ce même État qui, le premier, décline formellement toute responsabilité quant aux éventuelles conséquences graves, rappelez-vous les articles 589 et 590, décès et blessures du vaccin. Je souhaiterais que les membres du Parlement réfléchissent à cette contradiction, qui constitue à mon sens une véritable monstruosité juridique.

Le deuxième point sur lequel je voudrais attirer votre attention ne concerne pas le problème médical du vaccin mais le problème politique du green pass, qu'il ne faut pas confondre avec le premier, nous avons fait tant de vaccins sans que cela nous oblige à montrer un certificat. Des scientifiques et des médecins ont déclaré que le green pass n'a aucune signification médicale en soi, mais sert à forcer les gens à se faire vacciner. Je crois cependant que l'on peut et que l'on doit dire le contraire, à savoir que le vaccin est un moyen de forcer les gens à avoir un green pass, c'est-à-dire un dispositif qui permet de surveiller et de suivre leurs mouvements, une mesure qui n'a pas de précédent. Les politologues savent depuis longtemps que nos sociétés sont passées du modèle autrefois appelé sociétés de discipline au modèle des sociétés de contrôle, des sociétés fondées sur un contrôle numérique quasi illimité des comportements individuels, qui deviennent ainsi quantifiables dans un algorithme. Nous nous habituons maintenant à ces dispositifs de contrôle, mais je me demande jusqu'où nous sommes prêts à accepter ce contrôle ? Est-il possible que les citoyens d'une société qui se dit démocratique soient dans une situation pire que celle des citoyens de l'Union soviétique sous Staline ?

Vous savez peut-être que les citoyens soviétiques étaient obligés de montrer un laissez-passer chaque fois qu'ils voyageaient d'un pays à l'autre, mais nous sommes obligés de montrer un green pass chaque fois que nous allons au restaurant, au musée, au cinéma, et maintenant, ce qui est encore plus grave, avec le décret qui est sur le point de devenir une loi, chaque fois que nous allons travailler. En outre, comment peut-on accepter que, pour la première fois dans l'histoire de l'Italie, après les lois fascistes de 1938 sur les non-aryens, on crée des citoyens de seconde zone soumis à des restrictions identiques à celles subies par les non-aryens d'un point de vue strictement juridique (évidemment, les deux phénomènes n'ont rien à voir l'un avec l'autre, et je ne parle que d'analogie juridique). En d'autres termes, tout porte à croire que les décrets-lois doivent être considérés comme faisant partie d'un processus de transformation des institutions et des paradigmes de gouvernement de la société dans laquelle nous nous trouvons. Une transformation d'autant plus insidieuse que, comme dans le cas du fascisme, elle se fait sans qu'il y ait de changement dans le texte de la Constitution, mais se produit subrepticement. Le modèle qui est ainsi érodé et effacé est celui des démocraties parlementaires avec leurs droits, leurs garanties constitutionnelles, et à leur place est remplacé par un paradigme de gouvernement dans lequel, au nom de la biosécurité et du contrôle, les libertés individuelles sont destinées à subir des limitations croissantes. La concentration exclusive de l'attention sur les contagions sanitaires me semble nous empêcher de percevoir la signification de cette grande transformation et de réaliser comment les gouvernements eux-mêmes ne se lassent pas de nous rappeler que la sécurité et les urgences ne sont pas des phénomènes transitoires mais constituent la nouvelle forme de gouvernementalité. Je crois que, dans cette perspective, il est urgent que les parlementaires considèrent très attentivement la transformation politique en cours, et qu'ils ne se concentrent pas uniquement sur la santé. À long terme, cela ne peut que vider le Parlement de ses pouvoirs, le réduisant, comme c'est le cas actuellement, à simplement approuver, au nom de la biosécurité, des décrets émis par des organisations et des individus qui ont très peu à voir avec le Parlement ».

Nous n’avons pas traité ici la question de la propagande, ni de la censure, otan éradiquées de nos sociétés qu’un vulgaire virus, grâce aux progrès de la science occidentale et de la psychologie des masses.

C’est évidemment pour le Bien des progrès de la science pure que Mediapart a dépublié - au diable les guillemets ! - le dernier billet du sociologue récidiviste Laurent Mucchielli, qui eut l’erreur de croire qu’Alessandro A. NEGRONI, chercheur et professeur de philosophie du droit à l’Université de Gênes, auteur notamment de La libertà di (non) vaccinarsi (Vicolo del Pavone, 2021), eusse pu produire des analyses pertinentes – billet malheureusement de nouveau accessible avec les mauvais mots clé.

Il n’y a qu’à lire le résumé de sa démonstration, pour comprendre que le philosophe en droit a déraillé de la voie doxa-le : « Au regard du droit européen et du droit international, les vaccins génétiques anti-covid constituent une expérimentation médicale sur les êtres humains. Or, d’un point de vue tant éthique que juridique, nul ne peut être obligé de se soumettre à une forme d’expérimentation médicale en l’absence d’un consentement libre et éclairé ».

Et pourquoi pas exiger une AMM Inconditionnelle, tant qu’il y est ??

Que Dieu bénisse les Gardiens de la Vérité.

Vade Retro Vulgus Veritas.

Alea Injecta Est.

Alors que le viol de nos droits fondamentaux et le harcèlement anti-citoyens généralisé se poursuit, s'intensifie et s'aggrave ce mercredi 13 octobre au sénat, aucun appel à rassemblement, aucun édito d'indignation, de l'annexion fasciste sur nos corps et notre libre arbitre, aucun communiqué n'est trouvable sur aucun site syndical ou militant de gauche. Pas bien plus à droite sans doute, mais on se renseigne plus facilement en terrains connus. Inversement les conférences (sur Marx à la Sorbonne...) et réunions politiques (Fête de l'Huma) sous régime du pass dit sanitaire, se multiplient. Une effrayante "normalisation" se met en place.

[Un appel difficilement accessible sur Facebook, par un groupe gilets jaunes semble-t-il, donne RDV à 13h00 mercredi 13 octobre devant l'Assemblée Nationale.]

Nous recherchons depuis 19 mois, à la tête des organisations, syndicats, partis, associations de gauche, de la gauche modérée à la gauche radicale à la gauche marxiste et trotskyste, un embryon de critique pertinente et/ou motivée et/ou informée et/ou convaincante et/ou lucide face à l’arbitraire scientiste et politique des mesures covid.

Celles et ceux qui en auraient entendu, perçu, entrevu, deviné, merci de nous écrire en poste restante. Récompense à prix libre.

 [Nous avons cependant trouvé le journal La Décroissance, incisif et percutant, sciences-critiques.fr, info’GM, le collectif PMO, Bastamag faisant quelques efforts… Point commun : leur point de vue techno-critique limite les risques d’affinités idéologiques transhumanistes, et de financement par les industriels associés.

Nous avons croisé ou entendu parler des individus isolés, des poètes, des faucheurs OGM, des animatrices de maisons de retraites, biologiste nomade, des cultivateurs en ZAD, une docteure, une historienne... Toutes horrifiées, certain.e.s qui seront devant l’Assemblée nationale à 13h00 le 13 octobre, ou ailleurs].

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
L’impunité et la lâcheté des puissants
Après la révélation des accusations contre l’ancien ministre, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Au-delà de son devenir judiciaire, cette affaire nous interpelle sur l’insuffisance de la lutte contre les violences sexuelles et sur l’impunité des sphères de pouvoir.
par Lénaïg Bredoux
Journal — International
Le nouveau variant Omicron, identifié en Afrique australe, déjà repéré en Europe
La communauté scientifique est en alerte depuis l’identification d’un nouveau variant au Botswana. Les premiers séquençages en Afrique du Sud font craindre une propagation à grande vitesse. L’Organisation mondiale de la santé vient de le classer parmi les variants préoccupants et l’a baptisé Omicron.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — International
UE : Paris et Rome s’accordent à moindres frais pour tenter de peser dans l’après-Merkel
Emmanuel Macron et Mario Draghi ont conclu un traité pour tourner la page des années de tensions entre la France et l’Italie. Une façon aussi, pour le président de la République, de se rapprocher d’un homme bien plus influent que lui sur la scène européenne.
par Ludovic Lamant et Ellen Salvi
Journal — France
Dans la Manche, les traversées de tous les dangers
Le naufrage meurtrier survenu le 24 novembre, qui a coûté la vie à 27 personnes, rappelle les risques que les personnes exilées sont prêtes à prendre pour rejoindre les côtes anglaises. En mer, les sauveteurs tentent, eux, d’éviter le plus de drames possible.
par Sheerazad Chekaik-Chaila

La sélection du Club

Billet de blog
Tragédie de Calais : retrouvons d’urgence notre humanité
Au moins 27 personnes sont mortes noyées au large de Calais ce mercredi 25 novembre. Ce nouveau drame vient alourdir le bilan des morts à cette frontière où, depuis une trentaine d’années, plus de 300 personnes ont perdu la vie, soit en essayant de la franchir soit en raison de leurs conditions de (sur)vie sur le littoral Nord.
par La Cimade
Billet de blog
L'Europe-forteresse creuse sa tombe dans le faux abri de ses fantasmes d'invasion
L'épisode dramatique à la frontière Pologne/Biélorussie confirme une fois de plus la fausse sécurité d'une Europe-forteresse qui se croit en sécurité en payant pour refouler et bloquer migrants et réfugiés, ignorant ses fondements, ses valeurs, son histoire. La contre-offensive massive à rebours des renoncements successifs matraqués en certitudes au coin du bon sens est une nécessité vitale.
par Georges-André
Billet de blog
Migrants : du naufrage aux larmes de crocodile
Qu’elles sèchent vite, les larmes de crocodile ! De plus en plus vite, car il y en a de moins en moins, de larmes. Même de crocodile. Et surtout pour les réfugiés. Vous vous rappelez la photo du petit corps d’Aylan, 3 ans, rejeté sur une plage de Bodrum en 2015 ? Nous oublierons tout aussi vite le naufrage qui a tué 27 migrants dans La Manche, mercredi. Place au Black Friday !
par Cuenod
Billet de blog
Ça suffit ! Pour un accueil inconditionnel des exilé.es
Allons-nous continuer à compter les morts innocents et à force de lâcheté, d’hypocrisie et de totale inhumanité, à nous faire contaminer par un imaginaire rance de repli sur soi qui finira par tout.es nous entraîner dans l’abîme ? Non, il faut commencer par rétablir les faits avant que de tout changer en matière de politique migratoire et de droit des étrangers.
par Benjamin Joyeux