Covid-19 | « Danger » de la chloroquine : BigPharma nous enfume

Avec des taux de guérison supérieurs à 99,5% pour des milliers de patients traités à la chloroquine+azithromycine, Big Pharma vacille. Sa dernière carte : la thèse de la nocivité. Problème : elle n’est pas crédible.

La meilleure défense, c’est l’attaque. Un des premiers à monter au créneau fut Martin Hirsch, le 1er mars, au micro d’Europe 1 : « La chloroquine n’a jamais marché sur un être humain », clamait le directeur de l’AP-HP. Faux, mais il pourra plaider l’ignorance. Six semaines plus tard, un hôpital de l’AP-HP lance un suivi expérimental. Waw ! Ça dépote, à Paris.

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Sept semaines plus tard, des 3000 patients confirmés covid-19 à l’IHU de Marseille, douze sont décédés. Le bilan intermédiaire sur mille patients démontrait que la population testée était non seulement représentative de la population française, mais plus fragile que la moyenne : âge moyen de 53 ans supérieur d’une année, taux de pathologies chroniques supérieur à la moyenne nationale… Quand l’action d’un hôpital devient visible dans les statistiques départementales et régionales, l’évidence devient difficile à nier.

Alors que la chloroquine est prescrite depuis 70 ans, un milliard de consommateurs environ, une soudaine épidémie de crises cardiaques se déclenche. À la chloroquine bien sûr. Avec quelles doses, quels mélanges, dans quelles conditions, où ça ? Les “scientifiques“ ne s’arrêtent pas à ce genre de détails. Les chiffres sont là : depuis le 26 mars, 83 personnes ont subi des défaillances cardiaques, provoquant trois décès ; et c’est l’ANSM qui vous le dit, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Que voulez-vous de plus ?

De l’intégrité et de la précision

Y’a des places pas très enviables en ce moment ; responsable rubrique santé d’une grande rédaction, rubrique biologie à futura-sciences.com, secrétaire de l’Ordre des médecins… Ayons une pensée pour eux. Côté médecins, c'est pire : s'ils ne suivent pas les consignes de l'Ordre des médecins ils risquent la radiation; en gros ils sont tranquilles s'ils prescrivent du paracétamol, après ça se complique.

Hier après-midi, alerte d’un journal qui ne s’achète pas : « Chloroquine: de plus en plus de complications cardiaques signalées ». L’ANSM vient d’annoncer le bilan des 31 centres de pharmacovigilance (CRPV), elle « recense désormais 83 cas d’effets indésirables cardiaques et trois décès qui, après analyse, sont associés au traitement », à savoir l’hydroxychloroquine (Plaquénil) ou la chloroquine (Nivaquine), au choix. Le directeur du CRPV de Nice, Milou-Daniel Drici, “précise“ qu’un jeune homme « a reçu de l’hydroxychloroquine à posologie variable, ce qui a entraîné ce que l’on appelle “un allongement de l’intervalle QT”, c’est-à-dire une anomalie rythmique non ressentie… ».

C’est important de savoir qu’un médicament peut être dangereux, et encore plus de savoir à quelle dose. On devra se contenter de cette étrange formulation, « il a reçu de l’hydroxychloroquine à posologie variable » : réçu par qui, reçu comment, sur quels conseils, pendant combien de temps, avec quelle variabilité… pour se guérir du covid-19 ?

Le Dr Raoult est précis, lui : c’est 600 mg quotidien pendant dix jours, avec électrocardiogramme de contrôle.

Voyons les faits essentiels :

  • Sept accidents cardiaques dont quatre décès, parmi lesquels trois sont attribués à l’hydroxychloroquine « associée ou non à l’azithromycine». Grammaticalement, qu’il y ait zéro ou trois cas associés à l azithromycine, la phrase est toujours juste. Le lien avec le covid-19 est hypothétique.
  • « Parmi les signalements, six concernent des cas d’automédications dont un a provoqué un arrêt cardiaque, rattrapé par un choc électrique externe, déplore le professeur Milou-Daniel Drici ». Pour quelle maladie, mystère. Pourquoi ces cas d’automédication sont-ils séparés des cas mortels ? Ces derniers étaient donc sous contrôle médical ? Alors pourquoi l’ANSM ne donne-t-elle pas plus de détails ?
  • « En 45 ans, il n’y a pas eu de mort subite recensée selon la base de données Vigibase et en France, cette molécule donne lieu à deux, trois cas de troubles cardiaques par an». Il y a donc une probabilité pour que la publicité faite autour de la molécule soit une cause, soit. Mais cela confirme aussi la faible dangerosité mise en avant par les prescripteurs. D’autant qu’elle était en vente libre jusqu’au mois de janvier, et largement utilisée pour les maladies auto-immunes.

Aucune circonstance précise, aucun dosage.

Avare de détails sur les accidents, Milou-Daniel Drici laisse parler son cœur en matière de covid-19 : « Il faut rappeler qu’à l’heure actuelle, aucune donnée clinique indiscutable ne permet d’affirmer l’efficacité de l’hydroxychloroquine face au Covid-19. Son rapport bénéfice/risque, à la date du 23 avril, continue d’être défavorable dans cette indication ».

Une lacune tout de même : qui attribue le « rapport bénéfice/risque » ? Les médecins pourront dire que ce sont eux-mêmes qui l’attribuent, selon les connaissances et leur « âme et conscience » dictée par le serment d’Hippocrate, en accord avec leurs patients, citoyens adultes le mieux informés possible. D’autres diront que c’est la hiérarchie bureaucratique avec ses comités d’experts forts d’une « indiscutable » objectivité. Mais quelle autorité est légitime pour évaluer ce risque, concernant des médicaments conformes aux standards et éprouvés 

Le deuxième protagoniste de l’article alarmant de Mediapart est l’infectiologue François-Xavier Lescure de l’hôpital Bichat. Il prévient que le « problème avec l’hydroxychloroquine c’est que, cliniquement, vous ne voyez rien venir jusqu’à ce que vous fassiez un trouble cardiaque grave comme une torsade de pointe, voire un arrêt cardiaque. C’est un piège ».

Ce médecin a le sens du drame, il a modérément celui de l’éthique. Il présente en avant-première les conclusions d’un « essai non randomisé » qu’il mène sur 180 patients dont 17, excusez du peu, reçoivent l’association hydroxychloroquine-azithromycine. Il note l’absence d’efficacité notable, « mais surtout […] que 10 % des patients ont dû arrêter l’hydroxychloroquine, 8 sur 84 précisément, pour des troubles cardiaques graves ».

Quand de telles études sont réalisées, un bilan collectif est fait pendant l’écriture du rapport, et sa publication dans les revues médicales est marquée “non revue par des pairs“ (“not yet peer reviewed“) tant qu’elle n’est pas approuvée par des regards extérieurs. Aucune de ces étapes n’a été franchie. Il ne donne pas les dosages prescrits, ni l’état des patients testés. Surtout, le fait que l’essai ne soit pas « randomisé » signifie que les 17 patients peuvent avoir des caractéristiques très spécifiques et très peu représentatives. Sont-ils infectés au covid-19, depuis quand, quelle moyenne d’âge, quel état de santé ?... On ne sait quasiment rien. Ses affirmations ne valent rien. Il influence les lecteurs maintenus dans un brouillard opaque.

C’est précisément ce qu’a fait le Dr Raoult, un essai non randomisé. Dans les conditions d’un hôpital où l’on traite les patients arrivés dans un ordre chronologique, les volontaires testés positifs recevant le traitement. Il a communiqué ses trois rapports sur 26, puis 80, puis 1000 patients avec tous les détails nécessaires pour que le public puisse analyser la validité de ses résultats. C’est honnête.

Un XXIème siècle en pleine santé

La journaliste de Mediapart délivre une information précieuse, le site de la Base Transparence Santé qui recense les liens individuels avec les laboratoires pharmaceutiques, créé après le scandale du Mediator. On finit par trouver la page de l’infectiologue François-Xavier Lescure (conseil : utiliser la “recherche avancée“, préciser nom de famille et ).

Depuis 2014, le médecin côtoie assidument les évènements des laboratoires Gilead Science et MSD, une entité du groupe Merck qui exploite ses vaccins en France. Sur le papier, François-Xavier Lescure déclare 3500 euros environ de rémunérations par MSD France, et autour de 2500 euros par Gilead, sur cinq ans c'est peu, mais cela dénote des relations contractuelles ; il se déplace régulièrement pour ces deux laboratoires. Sanofi, BioMérieux, Pfizer, et autre apparaissent à la marge. Ses multiples “conventions d’hospitalité“ opérées avec MSD France signifient qu’il y a des accords mutuels pouvant aller de la simple participation à un congrès, jusqu’à des travaux de « recherche ou des essais cliniques sur un produit de santé », comme spécifié sur le site transparence.sante.gouv.fr.

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Merck est célèbre pour le Levothyrox et pour le vaccin GARDASIL, censé protéger du papillomavirus, qui a occasionné de graves handicaps chez de nombreuses jeunes femmes selon des associations de victimes de plusieurs pays. MSD Vaccins a été entendue en 2018 en tant que témoin assisté dans l’instruction ouverte pour « tromperie aggravée ». Merck est bien sûr engagée pour produire en un temps record un vaccin covid-19.

Pour ses conventions avec Gilead Science, François-Xavier Lescure inscrit la mention “Board“, ce qui évoque les conseils de surveillance ou “Advisory board“, sans certitude. Cet article explique que « siéger au “board“ d’un labo consiste en réalité à occuper une position-clé de conseil en stratégie marketing ainsi qu’à intervenir lors de colloques dans l’optique d’une mise sur le marché des différents médicaments ». Quand on sait que l’antivirus Remdesivir produit par Gilead est un concurrent direct de la chloroquine, un énorme doute s’ajoute aux précédents quant à la bonne foi de l’infectiologue.

De son côté le cardiologue Milou-Daniel Drici, responsable régional de l’ANSM, côtoie les labos de manière ponctuelle : Pfizer, Novartis, Borhringer Ingelheim… Onze contacts de 2012 à 2019, c’est presque exemplaire. Notons tout de même sa « convention d’hospitalité » faite en 2014 avec MSD France. Mais la question majeure est l’indépendance de l’ANSM vis-à-vis de Big Pharma. Cette agence nationale délivre les autorisations des produits pharmaceutiques, et se prononce sur le fameux rapport bénéfice/risque dont nous parlions (*).

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L’ANSM cornaquée par les « Kouchner boys »

L’ANSM est-elle toujours « au service de l’industrie pharmaceutique », comme le souhaitait le vendeur du Mediator Jacques Servier, ou s’est-elle mise au service du peuple depuis que le Parquet de Paris a envoyé l’ANSM au tribunal pour « blessures et homicides involontaires » ?

Un rappel historique s’impose :

1993 à 1997 : Le directeur de l’Affsps (ancêtre de l’ANSM) était Didier Tabuteau. Bien qu’informé de la nocivité du Mediator, Tabuteau n’avait rien fait pour le retirer des pharmacies.

2009 : Quelques centaines de morts plus tard, le scandale du Mediator éclate.

2011 : La Base Transparence Santé est instaurée, nous voilà rassurés.

2013 : L’ANSM déclare favorable le bénéfice/risque du Gardasil, aujourd’hui autorisé en France, ce qui est extrêmement suspect pour qui connait l’histoire de ce “vaccin“ (voir cette vidéo du fils de Bob Kennedy, sous-titrée en anglais).

2014 : Dominique Martin est nommé directeur de l’ANSM. Le Figaro raconte : « Et qui fait du forcing pour que ce soit son protégé, le psychiatre Dominique Martin, qui décroche le poste ? Didier Tabuteau. Les deux hommes se connaissent car Martin a été conseiller technique de Bernard Kouchner au début des années 2000 ». Ils ont également écrit un livre ensemble en 2004.

2016 : Un mort et des troubles graves neurologiques lors d’essais cliniques à Rennes. L’ANSM est perquisitionnée pour des failles d’encadrement de ces tests.

2016 : Depakine (Sanofi). L’épidémiologiste Catherine Hill estime à 2 826 le nombre d’enfants présentant des malformations. L’ANSM n’avait pas relayé les alarmes émises depuis 2003. Dominique Martin admet « un défaut de précaution sur la période » et « un retard dans l’information des mères et des familles ».

2017 : Merck change la formule de l’hormone Levothyrox ce qui occasionne des soucis de santé à de nombreuses femmes. Merck refuse de produire l’ancienne formule malgré les protestations. Le labo finit par céder en 2018. Le rôle de l’ANSM est maintenu dans l’opacité car l’agence invoque « la loi du secret des affaires, promulguée le 30 juillet 2018, pour censurer partiellement le document d'autorisation de mise sur le marché du Levothyrox ».

2018 : Jamais inquiété pour sa responsabilité dans le scandale du Mediator, Didier Tabuteau est nommé au Conseil d’État, cet organe qui « juge en premier et dernier ressort les recours pour excès de pouvoir ».

Après ce bilan, nous ne croyons pas une seconde à la liberté de parole ou d’analyse de l’employé de l’ANSM Milou-Daniel Drici. Son compte rendu biaisé des accidents liés à la chloroquine en est une piteuse illustration.

Quant à l’homme très-en-lien François-Xavier Lescure, il contraste fortement avec les professeurs infectiologues à l’ancienne comme Didier Raoult ou Christian Perronne, ces médecins pro-chloroquine attachés au serment d’Hippocrate qui sont introuvables dans la Base Transparence Santé. Sont-ils des asociaux ou des médecins de terrain trop occupés à soigner leurs patients pour collaborer avec l’industrie ? À vous de juger. Le financement ponctuel de l’IHU de Marseille par Sanofi bénéficie à l’institut, pas au Dr Raoult personnellement.

« De plus en plus de données cliniques le confirment », la chloroquine provoquerait des effets indésirables cardiaques graves. Essayons de rassurer définitivement Mediapart.

Le quantitatif contre la qualité

Voyons donc l’étude de cette équipe new-yorkaise « fondée sur les données électrocardiographiques d’une série de 84 patients hospitalisés pour un Covid-19 et traités par association de l’hydroxychloroquine à l’azithromycine ».

La rédaction de Mediapart fait commenter le rapport américain par « Bruno Toussaint », sans plus de qualités :

« Chez 11 % des patients, un allongement de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme important a été constaté. Cette anomalie est susceptible d’entraîner des torsades de pointes, graves troubles du rythme, qui peuvent provoquer un arrêt cardiaque ».

Moi je lis ça, j’y comprends rien mais je te jure, je flippe. Allons-y. 11% sur 84, ça veut dire 9 personnes. Quel âge ? On sait juste que les 84 personnes ont 63 +/- 15 ans, donc de 48 à 78 ans. Ils ne précisent pas de moyenne d’âge, donc une solution possible est :

1 personne de 48 ans + 83 personnes de 78 ans.

Aucun dosage d’hydroxychloroquine ou d’azithromycine n’est donné. La durée d’infection au covid-19 des patients n’est pas donnée non plus.

Laisser le badaud flotter dans le brouillard, ça devient une lourde habitude chez les détracteurs.

Les battements du cœur reposent sur un savant dosage électrochimique, des ions potassium et sodium se baladent dans des canaux fermés puis rouverts par notre magnifique machinerie interne, ça crée des différences de potentiel électrique, des cycles de décharges - recharges, et le cœur bat. Donc quand un clinicien observe des troubles cardiaques, il analyse généralement le taux de potassium (K+) dans le sang du patient. Aucune donnée.

On sait qu’un rein fatigué peut mal réguler le K+. Or, 5 patients avaient une déficience rénale aigue au début des tests. Ils font peut-être partie des 9 personnes à « QT long », mais ce n'est pas précisé dans le rapport.

On sait qu’une infection au covid-19 peut à la longue causer des problèmes de reins. Il est donc possible que ces 5 patients soient infectés depuis longtemps, mais le rapport ne précise pas la cause de déficience. Le Dr Raoult déconseille son traitement quand la situation s’aggrave trop.

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Le poids des patients se situe entre 63kg et 109 kg, mais aucun cas d’obésité n’est mentionné.

65% souffrent d’hypertension !!

11% de maladie des artères coronaires.

20% de diabète.

8% d’affections pulmonaires chroniques.

Total > 100% - donc certains cumulent.

Difficile de trouver pire population à risque. Les commentateurs oublient de préciser ce petit détail. Les médecins ne précisent pas de quoi étaient atteints ceux qui ont vu leur QT long se rallonger.

Cerise sur le gâteau : un médecin s’étonne que la méthode de mesure du “QT“ ne soit pas détaillée, pointant des erreurs de mesures potentielles importantes.

Conclusion : on peut douter qu’aucun médecin n’aurait prescrit la chloroquine aux 9 personnes qui ont subi un dérèglement cardiaque, dans l’état où elles ont été prises en charge. Rappelons que les contre-indications sont très connues. En l’état, cette étude ne nous apprend absolument rien.

Aucun spécialiste ne peut conclure quoi que ce soit à partir de ce rapport. Il est d’ailleurs précisé qu’il n’a pas été revu par divers spécialistes, comme c’est le cas dans un papier de revue scientifique. C’est un brouillon bâclé.

Les rapports du Dr Raoult ne sont pas parus dans des revues, mais il donne les informations qui permettent de juger sur pièce. Elles prouvent que les 3000 personnes soignées sont représentatives de la population. Que des gens guérissent quand d’autres meurent, délaissés.

Ceux qui veulent voire cette accumulation d’amateurisme apparent comme de l’incompétence continueront à la voire comme telle.

Pour ne pas sombrer dans le dégout bras ballants, je vous fais une proposition : puisque Big Pharma est si inquiète pour les effets secondaires des médicaments déjà validés, emboitons-lui le pas. Créons des comités citoyens qui font une revue systématique de tous les produits pharmaceutiques mis sur le marché qui suscitent des plaintes notoires de victimes d’effets secondaires. Et imposons les mesures qui s’imposent. Mondialement.

 

Notes :

(*) : Cette évaluation est relative au but premier d’un médicament isolé, pas à un traitement complet. La question posée en début d’article sur la légitimité de juger d’un rapport bénéfice/risque reste donc d’actualité.

 

La base de données Sermo est accessible à cette adresse. Parmi les 20 000 médecins de 30 pays qui ont répondu au questionnaire de Sermo, l'azithromycine et la chloroquine sont dans le trio de tête des médicaments les plus prescrits. Cherchez l'erreur.

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