UNION POPULAIRE : MÉLENCHON VEUT FÉDÉRER LE PEUPLE

Jean-Luc Mélenchon a présenté aujourd'hui l'Union Populaire pour l'élection présidentielle de 2022. Plus qu’une stratégie électorale, le candidat insoumis propose une autre réflexion et une autre pratique politique.

Photo : Antoine Stouls Photo : Antoine Stouls

Yannick Jadot est candidat à l’élection présidentielle. Pour fêter ce non-événement déjà connu mais pourtant pas si attendu, Emmanuel Macron a décidé de relever le niveau du débat public et de prendre toute la hauteur de sa fonction, avec une déclaration forte et solennelle : le voici pourfendeur du crop-top. Pour les non-initiés, il s’agit d’un haut féminin qui laisse apparaître le ventre de celle qui le porte. Voilà bien un motif qui justifiait à tout prix l’indispensable sortie du président de la République.

Ne nous attardons pas sur la nullité de cette intervention. Sur le fond, on peut regretter une fois de plus qu’un homme se sente légitime pour expliquer aux femmes ce qu’elles devraient porter, quelle partie de leur corps est digne d’être montrée ou non, quand et comment. On comprend que le président de l'auto-proclamé “nouveau monde politique” de 2017 parle et pense comme n’importe quel macho biberonné à la pensée patriarcale la plus basique.

Le débat politique est creux

Voilà donc la pauvreté du débat politique actuel. La petite phrase, le buzz médiatique. Par ici le complotisme, par là l’immigration. La veille le burkini, le lendemain le crop-top. Les sujets creux s’enchaînent, permettant aux idiots et aux cyniques d’occuper l’espace, pendant que les plus naïfs leur accordent du crédit. Fort heureusement, ces derniers sont de moins en moins nombreux.

Pourtant, les sujets ne manquent pas. 12 millions de pauvres dans le pays. Des alertes climatiques partout autour du globe. Une crise sociale sans précédent. La montée de l’extrême-droite, bien aidée par ses officines de propagande (CNews, Europe 1, Valeurs Actuelles…), qui imposent des thèmes immondes au débat public par bourrage de crâne. L’incapacité de l’État à organiser sereinement et efficacement la vaccination. La volonté de Blanquer de supprimer l’organisation actuelle du baccalauréat, faisant voler en éclats le semblant d’égalité des chances que l’épreuve portait en elle. Et j’en passe.

Mais rien de tout ça ne semble vraiment capter l’attention. Conséquence du jeu médiatique ? Non. Cette réponse est trop facile. Combien de responsables politiques se laissent aller à l’outrance ? À la petite pique bien placée ? À la polémique stérile ou grossière, par pur calcul électoral ou pour masquer leur incapacité à combattre leurs adversaires sur le fond ? Il faut voir la hargne avec laquelle certains responsables du PS proches du “Printemps Républicain” (qui n’en a que le nom) s'appliquent à cibler Mélenchon depuis des jours, sans argument de fond mais en reprenant parfois les mots de l’extrême-droite, pour prendre la mesure de leur responsabilité dans le pourrissement du débat politique.

Résultat : dans sa globalité, ce débat est creux. Il délaisse les préoccupations des Françaises et des Français, pour s’organiser autour de chimères et d’obsessions politiciennes plus ou moins hors-sol. Allez comprendre pourquoi l’abstention bat des records !

Fédérer le peuple

Forcé de constater que le contexte qui se dessine autour de l’élection présidentielle n’est pas vraiment réjouissant. Le brouhaha des polémiques stériles en rythme sur le bruit des bottes ne promet pas vraiment la confrontation de projets de société opposés, pourtant indispensable à la bonne tenue d’élections démocratiques.

Alors, comment faire ? En dévoilant sa stratégie d’union populaire, Jean-Luc Mélenchon nous donne sa réponse : fédérer le peuple.

Bien sûr, il s’agit d’une formule. Mais celle-ci a l’avantage de poser les choses et de tracer la voie. Il nous faut maintenant convaincre une majorité des Français autour de notre programme, l’Avenir en Commun. Celui-ci contient une série de propositions largement plébiscitées par les citoyennes et les citoyens.

9 Français sur 10 sont ainsi pour augmenter le SMIC, instaurer une garantie d'emploi et interdire le glyphosate. 8 Français sur 10 sont pour rétablir l'ISF, plafonner les frais bancaires et taxer les profiteurs de crise. 7 Français sur 10 sont pour planifier la sortie du nucléaire. 6 Français sur 10 sont pour instaurer le RSA jeunes et passer à la 6ème République.

Chacune de ces propositions rassemble les Français. Et chacune de ces propositions est contenue dans l’Avenir en Commun. Tel est le sens de la formule “fédérer le peuple” : organiser des luttes qui concernent l’intérêt général, partout dans le pays, en incluant toutes celles et tous ceux qui souhaitent y prendre part. Dépasser le chantage de l’union de la gauche ou toute autre logique de partis ou d’appareils, pour baser la stratégie non pas sur les acteurs, mais sur les combats politiques à mener.

Ainsi, alors que le monde politique semble se vider de son sens et de sa substance, Jean-Luc Mélenchon décide de repartir sur les fondamentaux. Plus qu’une stratégie électorale, le candidat insoumis propose une autre réflexion et une autre pratique politique. À quelques mois de l’élection présidentielle, une dynamique démarre.

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