Voilà Macron qui a fait de la transition écologique un fardeau pour les plus démunis, le voilà qui rend la fiscalité détestable, en provoquant le rejet de l'impôt, justifiant ou légitimant au passage la fraude fiscale, menaçant ainsi directement le patrimoine collectif que sont les services publics, pour continuer à les livrer aux appétits démesurés et jamais satisfaits des puissance d'argent. L'un après l'autre tous nos biens publics, ces biens publics qui constituent la seule et vraie richesse des plus défavorisés, qui sont leurs ultimes remparts contre les excès des inégalités qu'ils subissent et que sa politique néolibérale s'évertue à accroître au bénéfice de la classe des nantis dont il est le serviteur zélé, ces services et biens public qui sont nos meilleurs outils de solidarité.
L'enjeu réel du mouvement engagé par les gilets jaune est là : allons-nous en sortir en ayant collectivement compris comment éviter le piège tendu ? C'est pourquoi la question de l'ISF est une vraie Bastille symbolique, comme la prison de la Bastille était en réalité un symbole en 1789 ; lutter pour le rétablissement de l'ISF c'est en effet montrer que c'est non pas l'impôt en tant que tel que les citoyens fustigent, mais sa répartition volontairement inégalitaire. Si la bataille est gagnée sur ce plan, c'est-à-dire sur le plan fiscal en aboutissant à une exigence d'égalité quant à la répartition et non pas à une baisse généralisée de la fiscalité (et des cotisations sociales) , ce vers quoi le pouvoir veut orienter la colère populaire, alors le macronisme aura reculé de manière significative..Si au bout du compte on aboutit à continuer à utiliser systématiquement la ruse, l'arnaque, l'escroquerie de la défiscalisation pour répondre aux attentes légitimes d'augmentation de pouvoir d'achat, alors Macron aura en fait gagné sur le fond, fut-ce au prix de la détestation du personnage Macron, qui n'est qu'un pion mis en jeu par les intérêts dont il est le serviteur, un pion que l'ils peuvent sacrifier au besoin.
Si le macronisme gagne bien que la crise persiste, à cause du lien brisé entre le président Macron et les citoyens, cette sortie de crise risque d'être fort aventureuse. Je crois utile d'entendre ce que nous dit à ce sujet Emmanuel TODD : révolution ou coup d'état ? Pour lui le coup d'Etat est plus probable, et les mieux à même de le réussir c'est d'abord Macron lui-même, ou alors ceux pour lesquels l'armée peut se mobiliser car ils y sont bien chez eux, ... le Rassemblement National .. ou les deux ensemble !
(https://www.youtube.com/watch?v=RvQc0TJUVdE)
Le peuple n'a en réalité pas le choix, il doit éviter les écueils de la provocation du pouvoir pour le diviser le morceler, à coup de matraques et de matraquages médiatiques certes, mais surtout à coup de "défiscalisation" ici ou là, et prendre sa Bastille : imposer le retour de l'ISF