ENTRETIEN / Johanna Bedeau, réalisatrice de "Ma cité au féminin"

A l'occasion de la projection-rencontre du film documentaire Ma cité au féminin, organisée dans le cadre de la séance#7 [Les Ecrans d'Emmaüs], Belleville en vues a rencontré la réalisatrice Johanna Bedeau.
Johanna Bedeau et Maud Huynh, productrice, nous ont fait le plaisir d'être avec nous pour échanger autour du film le mercredi 15 avril, à 20h30, à l'Espace culturel Emmaüs Louvel-Tessier. 

Ma cité au féminin de Johanna Bedeau (2014 / France / 60')
Dans une cité à la périphérie de Paris, trois jeunes femmes, Emma, Aïcha, et Fatou nous font entrer dans leur quotidien entre le modèle féminin imposé par le quartier et leurs stratégies vers plus de liberté.


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Belleville en vues : Pourriez-vous nous parler de la genèse du projet ?

Johanna Bedeau : Je travaille depuis plus de seize ans sur la condition féminine en Afrique et en France : j’ai réalisé Bilakoro, film sur l’excision au Mali, Anna un court métrage sur la détection des violences conjugales, ou encore plusieurs émissions de radio sur les femmes en banlieue pour France Culture pour l’émission « Sur les Docks ». Ma cité au féminin se situe dans le prolongement direct de mes travaux précédents.  C’est dans ce droit fil que j’ai souhaité prolonger mon travail antérieur en m’intéressant aux femmes des cités. Donner au public le plus large possible des moyens de réflexions, à travers des histoires partagées, en privilégiant un regard humain et une approche intimiste.

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Belleville en vues : Comment avez-vous rencontré l'association Rue et cités et le groupe de filles ?

Johanna Bedeau : La rencontre avec l’association et avec les filles est née d’ateliers que je mène depuis plusieurs années à l’initiative de l’Observatoire des violences envers les femmes (Conseil Général de Seine-Saint-Denis). J’interviens dans le cadre de la Journée départementale des collégiens et lycéens engagés dans la lutte contre les comportements sexistes.
Depuis 2009, sur une période de plusieurs mois, j’anime des ateliers vidéo/radio sur cette thématique. Les films que j’ai réalisés (groupe allant de 6 à 15 jeunes) ont pour but de devenir un outil de sensibilisation, diffusés dans les lycées et les collèges, mais aussi lors d’interventions du Planning familial, que jeunes et adultes vont ensuite s’approprier lors de débats. J’ai rencontré dans ce cadre là, Katia l’éducatrice de Rue et Cités  qui m’a accompagnée dans la totalité du projet de film. La rencontre avec les filles s’est faite par l’éducatrice mais aussi par mes rencontres sur le terrain et le travail radiophonique pour France Culture.

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Belleville en vues : Comment le tournage s'est déroulé ?

Johanna Bedeau : Le tournage a eu lieu sur 6/8 mois à raison d’une session de quelques jours par mois dans l’idée d’une progression narrative et chaque fois avec la même équipe fidèle (un chef opérateur et un ingénieur son). Cette idée de tourner quelques jours par mois permettaient qu'elles prennent du recul sur ce qu'elles avaient pu dire et de les voir évoluer dans leur vie.

Belleville en vues : Quelle a été la diffusion du film ?

Johanna Bedeau : Ma cité au féminin est diffusé par LCP, la chaîne de télévision de l'Assemblée nationale, depuis octobre 2014 dans le cadre de l'émission Grand Ecran. Il a également été projeté dans le cadre du Festival international du film des Droits de l'Homme, à Strasbourg en octobre dernier.

Un grand merci à Johanna Bedeau pour cet entretien réalisé le 13 avril 2015 par Sandra Davené.


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