Belleville en vues
Fabrique d'innovation sociale par le cinéma (2004-2016)
Abonné·e de Mediapart

40 Billets

0 Édition

Billet de blog 13 avr. 2015

ENTRETIEN / Johanna Bedeau, réalisatrice de "Ma cité au féminin"

Belleville en vues
Fabrique d'innovation sociale par le cinéma (2004-2016)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

© 

A l'occasion de la projection-rencontre du film documentaire Ma cité au féminin, organisée dans le cadre de la séance#7 [Les Ecrans d'Emmaüs], Belleville en vues a rencontré la réalisatrice Johanna Bedeau.
Johanna Bedeau et Maud Huynh, productrice, nous ont fait le plaisir d'être avec nous pour échanger autour du film le mercredi 15 avril, à 20h30, à l'Espace culturel Emmaüs Louvel-Tessier. 

Ma cité au féminin de Johanna Bedeau (2014 / France / 60')
Dans une cité à la périphérie de Paris, trois jeunes femmes, Emma, Aïcha, et Fatou nous font entrer dans leur quotidien entre le modèle féminin imposé par le quartier et leurs stratégies vers plus de liberté.


Belleville en vues : Pourriez-vous nous parler de la genèse du projet ?

Johanna Bedeau : Je travaille depuis plus de seize ans sur la condition féminine en Afrique et en France : j’ai réalisé Bilakoro, film sur l’excision au Mali, Anna un court métrage sur la détection des violences conjugales, ou encore plusieurs émissions de radio sur les femmes en banlieue pour France Culture pour l’émission « Sur les Docks ». Ma cité au féminin se situe dans le prolongement direct de mes travaux précédents.  C’est dans ce droit fil que j’ai souhaité prolonger mon travail antérieur en m’intéressant aux femmes des cités. Donner au public le plus large possible des moyens de réflexions, à travers des histoires partagées, en privilégiant un regard humain et une approche intimiste.

Belleville en vues : Comment avez-vous rencontré l'association Rue et cités et le groupe de filles ?

Johanna Bedeau : La rencontre avec l’association et avec les filles est née d’ateliers que je mène depuis plusieurs années à l’initiative de l’Observatoire des violences envers les femmes (Conseil Général de Seine-Saint-Denis). J’interviens dans le cadre de la Journée départementale des collégiens et lycéens engagés dans la lutte contre les comportements sexistes.
Depuis 2009, sur une période de plusieurs mois, j’anime des ateliers vidéo/radio sur cette thématique. Les films que j’ai réalisés (groupe allant de 6 à 15 jeunes) ont pour but de devenir un outil de sensibilisation, diffusés dans les lycées et les collèges, mais aussi lors d’interventions du Planning familial, que jeunes et adultes vont ensuite s’approprier lors de débats. J’ai rencontré dans ce cadre là, Katia l’éducatrice de Rue et Cités  qui m’a accompagnée dans la totalité du projet de film. La rencontre avec les filles s’est faite par l’éducatrice mais aussi par mes rencontres sur le terrain et le travail radiophonique pour France Culture.

Belleville en vues : Comment le tournage s'est déroulé ?

Johanna Bedeau : Le tournage a eu lieu sur 6/8 mois à raison d’une session de quelques jours par mois dans l’idée d’une progression narrative et chaque fois avec la même équipe fidèle (un chef opérateur et un ingénieur son). Cette idée de tourner quelques jours par mois permettaient qu'elles prennent du recul sur ce qu'elles avaient pu dire et de les voir évoluer dans leur vie.

Belleville en vues : Quelle a été la diffusion du film ?

Johanna Bedeau : Ma cité au féminin est diffusé par LCP, la chaîne de télévision de l'Assemblée nationale, depuis octobre 2014 dans le cadre de l'émission Grand Ecran. Il a également été projeté dans le cadre du Festival international du film des Droits de l'Homme, à Strasbourg en octobre dernier.

Un grand merci à Johanna Bedeau pour cet entretien réalisé le 13 avril 2015 par Sandra Davené.


Site Internet de Gloria Films production

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Afrique
Kenya : le pays suspendu à des élections à haut risque
Mardi 9 août se déroulent au Kenya des élections générales. Alors que la population fait face à une crise économique et à une forte hausse des prix, ce scrutin risque de déstabiliser ce pays clé de l’Afrique de l’Est. 
par Gwenaelle Lenoir
Journal — Proche-Orient
L’apartheid, révélateur de l’impunité d’Israël
Le débat sur l’existence ou non d’un système d’apartheid en Israël et dans les territoires palestiniens occupés est dépassé. L’apartheid israélien est un fait. Comme le confirme l’escalade des frappes et des représailles autour de la bande de Gaza, il est urgent désormais de mettre un terme à l’impunité d’Israël et de contraindre son gouvernement à reprendre les négociations.
par René Backmann
Journal — Proche-Orient
Au moins trente et un morts à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne
Parmi les victimes des frappes visant la bande de Gaza figurent six enfants et des dirigeants du groupe armé palestinien Djihad islamique. L’armée israélienne parle d’une « attaque préventive ».
par La rédaction de Mediapart (avec AFP)
Journal — Amériques
Au Pérou, l’union du président de gauche et de la droite déclenche une déferlante conservatrice
Sur fond de crise politique profonde, les femmes, les enfants et les personnes LGBT du Pérou voient leurs droits reculer, sacrifiés sur l’autel des alliances nécessaires à l’entretien d’un semblant de stabilité institutionnelle. Les féministes sont vent debout.
par Sarah Benichou

La sélection du Club

Billet de blog
Réponse au billet de Pierre Daum sur l’exposition Abd el-Kader au Mucem à Marseille
Au Mucem jusqu’au 22 août une exposition porte sur l’émir Abd el-Kader. Le journaliste Pierre Daum lui a reproché sur son blog personnel hébergé par Mediapart de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Un membre du Mrap qui milite pour la création d'un Musée national du colonialisme lui répond. Une exposition itinérante diffusée par le site histoirecoloniale.net et l’association Ancrages complète et prolonge celle du Mucem.
par Histoire coloniale et postcoloniale
Billet de blog
Michael Rakowitz, le musée comme lieu de réparation
À Metz, Michael Rakowitz interroge le rôle du musée afin de mettre en place des dynamiques de réparation et de responsabilisation face aux pillages et destructions. Pour sa première exposition personnelle en France, l’artiste irako-américain présente un ensemble de pièces issues de la série « The invisible enemy should not exist » commencée en 2007, l’œuvre d’une vie.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Deux expos qui refusent d'explorer les réels possibles d'une histoire judéo-arabe
[REDIFFUSION] De l’automne 2021 à l’été 2022, deux expositions se sont succédées : « Juifs d’Orient » à l’Institut du Monde Arabe et « Juifs et Musulmans – de la France coloniale à nos jours » au Musée de l’Histoire de l’Immigration. Alors que la deuxième est sur le point de se terminer, prenons le temps de revenir sur ces deux propositions nous ont particulièrement mises mal à l'aise.
par Judith Abensour et Sadia Agsous
Billet de blog
A la beauté ou la cupidité des profiteurs de crise
Alors que le débat sur l'inflation et les profiteurs de la crise fait rage et que nous assistons au grand retour de l'orthodoxie monétaire néolibérale, qui en appelle plus que jamais à la rigueur salariale et budgétaire, relire les tableaux d'Otto Dix dans le contexte de l'Allemagne années 20 invite à certains rapprochements idéologiques entre la période de Weimar et la crise en Europe aujourd'hui.
par jean noviel