Le 27 novembre 2014, un mois après la mort de Rémi Fraisse à Sivens, François Hollande annonce lors de la troisième Conférence environnementale  que des leçons vont en être tirées. Il déclare que « Sivens exige donc d’accomplir des progrès supplémentaires de la participation des citoyens dans la délibération de la décision publique et c’est ce que nous allons décider. Tout doit être fait pour que sur chaque grand projet tous les points de vue soient considérés, toutes les alternatives soient posées, que tous les enjeux soient pris en compte mais que l’intérêt général puisse être dégagé car, il y a un intérêt général, il n’y a pas que la somme des intérêts particuliers ». Il s’engage alors à lancer un « chantier sur la démocratie participative » sur 6 mois dont les conclusions « seront aussitôt mises en œuvre ».

 

Un an plus tard, des collectifs citoyens qui luttent contre les projets inutiles et imposés (Notre-Dame des Landes, Sivens, LGV Sud-Ouest, plusieurs autoroutes, etc) et des associations nationales (France Nature Environnement, Agir pour l’Environnement, Les Amis de la Terre, etc) ont fait leur bilan : non seulement cet engagement du Président de la République n’a pas été tenu (comme tant d’autres…) mais ils font même le constat d’une régression démocratique sur les questions d’environnement. Voir les articles et communiqués.

Comme pour bien faire comprendre aux militants écologistes qu’il n’a aucunement le souhait d’encourager la « participation des citoyens dans la délibération de la décision publique », François Hollande célèbre le premier anniversaire de ce beau discours vert en assignant à résidence 24 militants écologistes ! Selon un article dans Médiapart, ces assignations à résidence ont formellement pour but d’ « empêcher leur éventuelle participation à la mobilisation citoyenne interdite autour de la COP21 ».

Dans un même élan démocratique, le gouvernement a fait boucler à Saclay (Essonne) la zone où des opposants aux grands projets d’infrastructures (Notre-Dame-des-Landes, Roybon, Bure…) se retrouvaient (arrivant pour certains à vélo) en vue de la marche sur le climat à Paris le 29 novembre. Cette dernière a opportunément été interdite à Paris sous prétexte d’état d’urgence comme dans près de 20 villes de France. Les contrevenants à cette interdiction encourent 6 mois de prison et 7500 € d’amende !

Comble de l’hypocrisie pour une interdiction censée réduire les cibles potentielles d’attentats, la Préfecture du Tarn précise dans son arrêté que « les animations commerciales telles que les brocantes, braderies, marchés, fêtes foraines, agricoles… ne sont pas concernées par cette interdiction et peuvent donc être organisées normalement en y renforçant les mesures préventives de sécurité »… Faudrait quand même pas qu’interdire les manifestations contre la société de consommation qui génère le changement climatique fasse du tort au commerce ! Circulez, et surtout consommez toujours plus, y a rien à voir !

Mais nous sommes nombreux à considérer que le changement climatique est la plus grande menace qui pèse sur le peuple français et l’humanité toute entière. Nous restons donc mobilisés durant la COP21 et dès ce week-end :

La tracto-vélo partie de Notre Dame des Landes, rejointe par des convois partis d’Agen, de Dijon, Bure ou de Forcalquier, se clôture ce samedi 28/11 à la bordure de Paris pour un grand banquet des zads et autres espaces en résistance. Ils appellent ceux et celles qui souhaitent partager ce banquet avec eux en toute convivialité à les rejoindre à 14h à Versailles au RER C Château de Versailles – rive gauche (voir précisions importantes).

Demain dimanche 29 novembre de 12h à 13h à Paris, Alternatiba et ATTAC (qui donne les détails pratiques ici) organisent l’opération « prenons-nous en mains pour un climat de paix ! ». Pour leur part, FNE, la Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace et le WWF ont lancé le site www.march4me.org , un dispositif digital permettant de mettre en lien les personnes qui sont empêchées de marcher en France avec celles qui pourront marcher à travers le monde.

Pour ma part, comme Gérard Onesta, tête de liste du rassemblement citoyen, écologiste et solidaire aux élections régionales, rassemblement que je soutiens, je ferai partie des citoyens qui se baladeront à Toulouse demain midi…

A noter que le documentaire « Ecolos : ennemis d’Etat », de la journaliste Nolwenn Le Fustec, sera diffusé, pour l’ouverture de la COP21, lundi 30 novembre à 22h45 sur Canal + (Spécial investigation) en crypté (abonnés Canal +). Et rediffusé en clair sur C+ lundi 7 décembre à 15h10. Voir la bande-annonce.

Mes autres billets sont sur mon blog personnel : http://benlefetey.fr

 

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