Metro, ado, etc.

Christopher et Toni sont deux adolescents britanniques qui grandissent dans la banlieue londonienne (“Metroland”) des années 1960. Passionnés – ou plutôt fascinés – par la littérature française et Flaubert en particulier, ils traversent de façon provocante leur transition vers l'âge adulte.

Cyniques, amateurs de bons mots et considérations péremptoires sur la vie, ils finissent par s'éloigner lorsque Christopher part six mois à Paris durant les “événements” de mai 68. Tel le Frédéric de L'Education sentimentale, il passe à côté de l'Histoire trop préoccupé par sa première histoire d'amour avec Annick, ce que ne manque pas de lui reprocher Toni.

De retour à Metroland, Christopher se “range” alors que Toni se transforme en intellectuel vindicatif en décalage croissant avec son ami d'enfance.

Couverture du livre

Metroland (1980) était le premier roman de Julian Barnes. Difficile de parler d'un premier livre quand la suite de l'histoire nous est déjà connue. Le style est cependant déjà là : ironique, fin et tendre. Un premier roman de jeunesse et d'apprentissage à plus d'un titre.

Si Jonathan Coe est le Balzac anglais, Barnes est indubitablement le plus flaubertien des écrivains d'Outre-Manche. Son Perroquet de Flaubert a des échos de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet alors que Metroland est une Education sentimentale réussie, où Christopher/Frédéric, ayant hésité avant d'embrasser la vie, se résoud à l'accepter dans ce qu'elle peut avoir de banal et de conventionnel, mais aussi d'heureux.

 

Julian Barnes, Metroland, Vintage, Londres, 1980 [2009], 176 p.

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