Il n'y pas d'âge pour apprendre

Julian Barnes vient d'être honoré dans son pays, le Royaume-Uni, par le Man Booker Prize pour The Sense of an Ending (2011), après avoir reçu le prix Médicis essai (1986) pour Le Perroquet de Flaubert et le prix Femina étranger (1992) pour Love, etc.

Cela démarre un peu comme History Boys d'Alan Bennet : de jeunes gens qui rivalisent d'intelligence et de bons mots afin de s'attirer les grâces ou les foudres de leurs professeurs. Ils aspirent à rejoindre les plus grandes universités britanniques, en même temps qu'ils commencent à découvrir les femmes, en dépit de la séparation des sexes qui règne encore. Il y a bien-sûr l'esprit brillant, Adrian Finn, dont se souvient le narrateur, Tony Webster, qui vit dans son ombre, finissant par perdre sa petite amie de l'époque, Veronica, qui tombe amoureuse de celui que Tony croyait son meilleur ami.

Bien des années après, Tony Webster essaie de remettre la main sur le journal intime d'Adrian, qui est en la possession de Veronica mais qui lui a été légué après la mort de la mère de cette dernière. À la clé, la résolution d'un mystère qui expliquerait le suicide d'Adrian lors de ses études à Cambridge...

Et puis le tout évolue en un roman sur le souvenir, la vieillesse et les occasions manquées, dans un atmosphère très britannique, entre pub et brasserie de John Lewis sur Oxford Street.

Le livre de Julian Barnes est à double titre un roman d'apprentissage : comment grandir, mais aussi veillir. Le style est vif et parvient à rendre amusant un récit qui l'est beaucoup moins. Les dialogues entre le narrateur et son ex-femme sont particulièrement touchants et réussissent à faire partager leur complicité résignée. Finalement, c'est avant tout l'atmosphère qui se dégage de ce livre qui le rend attachant et qui justifie sa lecture. Une belle introduction à l'oeuvre de Julian Barnes.

Julian Barnes, The Sense of an Ending, Jonathan Cape, Londres, 2011, 150 p. [La traduction française est prévue pour 2013.] 

Couverture du livre

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