Comment la gauche peut-elle gagner les élections de 2022 ?

Les élections européennes ont montré une perspective de victoire ou au moins de second tour de la présidentielle pour la gauche aux élections de 2022, malgré la défaite. Néanmoins, il sera nécessaire qu'un candidat fasse au moins 25 voire 30% au 1er tour de la présidentielle. Cela est toutefois possible, sous certaines conditions.

A l'issue des élections européennes, la gauche est particulièrement divisée, sur des questions de stratégies qui ont trop souvent été renvoyés à des questions d'ego. Il y a bien sûr des egos dans les personnalités de gauche, mais on ne peut ramener l'intégralité des problèmes de division à ceux-là, bien qu'ils soient une part importante du problème. Elle représente toutefois plus d'un tiers des voix. Cela permet ainsi d'avoir une candidature capable d'atteindre 25 voire 30% au premier tour de l'élection présidentielle 2022. Mais cela ne peut pas se faire dans n'importe quelles conditions, et ne perdons pas de vue que nous resterons en Vème République pendant toute la présidence Macron et qu'on devra faire avec pour les élections de 2022.

Une candidature rassembleuse à gauche doit être capable d'attirer à la fois l'électorat de gauche radicale ET l'électorat de gauche modérée, ainsi que des électeurs peu politisés. Il faut viser à ce que ces votes massifs en faveur de cette candidature soient essentiellement des votes POUR avant d'être des votes tactiques.

La seule façon d'obtenir une candidature qui a ces qualités est de consulter directement les électeurs de gauche, par une votation citoyenne ou une primaire. Toutefois, il convient de retenir les leçons des primaires de la droite et de la gauche en vue des élections de 2017 qui n'ont pas empêché les échecs retentissants des ces candidatures. Lors de la primaire de la gauche de 2017, les 2 finalistes avaient un écart idéologique beaucoup trop important, au point que Manuel Valls est bien plus proche de Macron que de Hamon idéologiquement parlant, ce qui rend son vote en faveur de Macron dès le premier tour assez logique. Il est alors absolument nécessaire d'avoir des orientations communes à tou.t.es les candidat.e.s à la votation citoyenne afin qu'ils n'aient aucune raison de ne pas soutenir le vainqueur. Par ailleurs, l'affaire Fillon a montré qu'une affaire peut planter la campagne d'un.e candidat.e. Il faudra donc prévoir le cas de figure où une affaire éclabousse le ou la candidat.e avant la clôture des candidatures afin que cette éventuelle affaire ne nous contraigne pas à un nouveau duel Macron/Le Pen.

Par ailleurs, il sera nécessaire de désigner en même temps les candidatures aux élections législatives afin d'avoir une majorité cohérente avec la candidature désignée à l'élection présidentielle de manière à garantir l'application du projet politique en cas de victoire.

 

En conclusion, la gauche a besoin d'une votation citoyenne pour déterminer la candidature. Toutefois, cette votation citoyenne devra avoir un minimum de socle idéologique commun afin de garantir que les perdant.e.s soutiennent le vainqueur (par exemple pour une orientation telle que la réduction du temps travail, le débat devra être sur comment on réduit le temps de travail et non pas faut-il ou non réduire le temps de travail). Il faudra par ailleurs réfléchir au mode de scrutin de cette votation afin de mettre tout.te.s les candidat.e.s à égalité avant la votation. Je ferai très prochainement des propositions détaillées sur le mode de scrutin de cette votation, de la modalité de répartition des candidat.e.s aux législatives et sur le socle idéologique commun. Une page facebook et un compte twitter au nom de "Répondre aux urgences" seront créés, ainsi qu'un forum de discussion sur les modalités de la votation citoyenne et sur des sujets thématiques afin de faire émerger de futures candidatures à la votation citoyenne.

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