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Billet de blog 12 avr. 2022

Devoir d’invenTerre face à la « lepénisation des esprits »

Pour la 3e fois de notre histoire récente, la dynastie Le Pen est aux portes de l’Elysée et plus que jamais l’extrême droite a contaminé les esprits. Beaucoup en portent la responsabilité, dont l’actuel locataire de l’Elysée. Il est grand temps de mener à nouveau la bataille culturelle de l’imaginaire au lieu de se contenter des urnes.

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© Benjamin Joyeux

De la diabolisation à la banalisation

C’était il y a tout juste 20 ans, à quelques jours près. En ce dimanche 21 avril 2002, nous étions réunis avec la bande du lycée et de la fac à Poitiers à suivre les résultats électoraux à la télé en buvant des bières. Quand le visage du vieux Le Pen est apparu en face de celui de Chirac, et qu’ensuite un Lionel Jospin livide, Premier Ministre sortant et candidat éliminé à la surprise générale, prenait la parole pour annoncer qu’il « se retirait définitivement de la vie politique », nous étions littéralement stupéfaits, bouche bée devant l’écran. Certain.e.s se sont mis.e à pleurer, d’autres à crier leur colère, mais en moins de 5 minutes nous étions toutes et tous dehors dans la rue à scander « La jeunesse emmerde le Front National ! », rejoints par des dizaines d’autres jeunes, lycéens et étudiants sortants de leur immeuble, apeurés et révoltés. Environ 20 minutes plus tard, nous nous allongions par dizaines devant la préfecture de la Vienne, sans trop savoir pourquoi si ce n’est que cette soirée était une anomalie démocratique et un danger pour notre avenir. Nous sommes restés ainsi, allongés puis assis sur le bitume, pendant plusieurs minutes avant de nous décider à rentrer. 10 jours plus tard, nous étions quelques un.e.s du groupe à être montés à Paris pour manifester place de la République. Il y avait plus d’un million de personnes, nous étions serrés comme des sardines, et ma mère qui m’avait accompagné pour crier elle aussi sa colère, s’était même évanouie à cause de la foule et de la chaleur. A l’époque j’étais alors jeune étudiant en maîtrise de Sciences politiques à la Sorbonne et si la politique m’intéressait, je ne pensais pas non plus être directement concerné par ses aléas. Jusqu’à ce soir du 21 avril 2022.

Ce premier traumatisme électoral fut réellement un moteur puissant de mon engagement suivant, contre le racisme et pour la défense des droits humains, puis de l’écologie. Je pris alors ma carte à la Ligue des Droits de l’Homme, m’engageai dans l’altermondialisme qui était alors à son apogée (participation au Forum social européen de Paris-Saint Denis en 2003) et découvris lors de mon stage de fin d’études en Inde l’engagement pour les droits des minorités à l’échelle internationale. L’accession de Le Pen père au second tour de l’élection présidentielle française fut donc l’élément déclencheur de mes recherches en humanité, transformant un évènement calamiteux en puissant ressort d’évolution personnelle. Et je suis loin d’être le seul à avoir connu cela. Toute une partie de la génération Y s’est engagée à la suite du 21 avril 2002.

Mais c’était il y a 20 ans. Les mêmes causes ne produisant pas toujours les mêmes effets, surtout en politique, ce 10 avril 2022, le visage de Le Pen fille est apparu face à celui d’Emmanuel Macron, et personne n’est descendu dans la rue. La fille de son père fait désormais partie du paysage, et elle aime les chats. La « Lepénisation des esprits[1] » dont parlait il y a 20 ans les sociologues Pierre Tévanian et Sylvie Tissot a achevé son œuvre. Et la « dédiabolisation » voulue par Florien Philippot, devenu depuis égérie perdue des complotistes hystériques, s’est finalement parfaitement faite sans lui.

Le bal des idiots utiles

Le plus grand ambassadeur de la famille Le Pen lors de cette piteuse campagne présidentielle aura finalement été Eric Zemmour, qui, de petit polémiste frustré par les femmes et obsédé par l’Islam, s’est transformé en candidat à la présidentielle tellement outrancier qu’il en a rendu la Marine presque raisonnable. Condamné par la justice, ce multirécidiviste du racisme (on rappelle au passage que le racisme n’est pas une opinion mais un délit), ce Maurice Barrès du pauvre (on a les extrémistes qu’on mérite) n’aura réussi qu’une seule chose : être le parfait idiot utile de la famille Le Pen. La fille, en lui permettant d’accéder à nouveau au second tour de l’élection suprême avec une image ripolinée, et la petite-fille et nièce, en relançant sa carrière politique par sa mise en scène en grandes pompes. Chapeau l’artiste et merci Bolloré !

La deuxième idiote utile de la famille Le Pen est sans nulle doute la candidate des Républicains Valérie Pécresse. L’héritière de la droite républicaine, de Jacques Chirac et du gaullisme officiel, diplômé de HEC et de l’ENA, censée faire partie de l’élite intellectuelle de ce pays, aura fait une campagne lunaire dans laquelle elle aura tout de même réussi l’exploit de légitimer la thèse, ou bien plutôt la foutaise, du « grand remplacement »[2]. Pour rappel, il s’agit d‘une théorie complotiste d'extrême droite introduite par l'écrivain Renaud Camus en 2010 et qui ne repose sur rien d’autre que des principes xénophobes pour affirmer qu'il existerait actuellement en France un processus de substitution de la population française, sous-entendue blanche, par une population en provenance du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne. Lorsque l’on sait que ce délire a pris racine dans les thèses antisémites et conspirationnistes de la 3e République qui visaient les Juifs, les Italiens et les Arméniens, on ne peut que plaindre cette pauvre Valérie Pécresse d’en être arrivée là pour exister et tenter de mobiliser ses troupes face à la résistible ascension du RN. Finalement, elle nous les doit bien ces 5 millions d’euros. Ou comment « l’assistanat » a encore frappé.

Mais bien au-delà de Valérie Pécresse, ils sont nombreux les Républicains à avoir abandonné le « cordon sanitaire » pour surfer sur les délires de l’extrême droite et caresser leur électorat dans le sens du poil réactionnaire. A la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez ne cesse de valider les idées de l’extrême droite plénière après plénière, tout en accusant de totalitarisme les écologistes, dans un grand renversement des valeurs dignes d’un Orwell sous amphétamines. Lui aussi, diplômé des plus grandes écoles de ce pays, héritier de Jacques Barrot et biographe de Philippe Seguin, ne peut épouser ainsi les thèses de l’extrême droite sans une dose abyssale de cynisme, participant de fait à l’expansion des métastases extrémistes.  

Au grand bal des idiots utiles du Lepénisme, comment ne pas saluer également toute cette cohorte de pseudo journalistes, commentateurs de réseaux sociaux et sociologues de bistrot, qui nous abreuvent depuis des années en délires sur l’insécurité et l’immigration incontrôlée pour remplir le grand vide cérébral de leurs chaînes d’infox en continue ? Evidemment il y a Pascal Praud et toute l’équipe de CNews, qui ont réussi en quelques années à vider Canal + de sa substance au profit d’une Fox News à la française, sous l’égide du mégalo milliardaire Vincent Bolloré, le Rupert Murdoch du pauvre. Mais au moins le plan idéologique est parfaitement visible et assumé. Bien plus grave est la responsabilité des services publics de l’audiovisuel, qui eux ont dédiabolisé les thèses lepénistes avec nos impôts[3]. Ils auraient dû se méfier car la suppression de la redevance est désormais portée par les deux finalistes de cette calamiteuse présidentielle.

Mais le grand fascisateur, le principal pompier pyromane agent du Lepénisme reste bien Emmanuel Macron soi-même. Jupiter, du haut de son mépris de classe et de ses clivages sociaux savamment entretenus durant cinq ans, aura laissé la gangrène idéologique d’extrême droite prospérer, en bon stratège mitterrandien, afin de feindre d’en apparaître comme le meilleur rempart. Et aujourd’hui, il nous demande pour la 2e fois de voter pour lui et de lui accorder notre blanc-seing, après avoir enrichi les riches et puni les pauvres durant cinq ans, clivant à dessein, laissant les lobbys (des chasseurs, des armes, de l’agrobusiness, de l’atome et j’en passe) prospérer au cœur de l’Etat et rangeant la défense du climat au rang d’opération publicitaire internationale. Encore une fois, il va falloir jouer les castors, soumis aux injonctions à faire barrage. Mais cela ne va vraiment plus de soi, tant la lepénisation a gangréné notre corps social, sur fond de colère contre Emmanuel Macron et les forces de l’argent. Alors il va falloir dans les jours qui viennent que le Président sortant essaye de se hisser à la hauteur de l’Histoire et de rassembler au lieu de cliver, en cessant notamment de porter des réformes injustes comme la retraite à 65 ans (ou 64, la blague !) ou l’obligation de travailler pour les bénéficiaires du RSA. Et peut-être serons-nous plus motivés à nous rendre aux urnes pour défendre notre chère République qu’il a tant abîmé.

Mener à nouveau la bataille culturelle

Nous savons tout ça, et il est toujours plus aisé de critiquer les autres que de balayer devant sa porte, surtout en politique. Alors peut-être que l’actuel Président de la République est un caméléon sinistre et cynique. Peut-être que nous avons les femmes et les hommes politiques que l’on mérite en tant que peuple. Peut-être que le pays des Lumières a coupé le courant depuis un moment, donnant plus de voix à un admirateur de Pétain névrosé qu’à un défenseur du climat et de la biodiversité.

Mais peut-être également qu’à l’heure de l’apocalypse climatique, de l’anthropocène, de la 6e extinction des espèces et de l’explosion planétaire des inégalités, à l’heure où la science la plus sérieuse nous enjoint de nous rebeller, la gauche et l’écologie politique ne sont pas au niveau des enjeux, tant en termes d’idées que peut-être et surtout d’incarnation collective.  

C’est là que le bât blesse et c’est là qu’un véritable inventaire, un invenTerre pour être plus écolo, est plus qu’urgent et nécessaire. Un InvenTerre de ces dernières années pour comprendre à quel moment l’extrême droite a gagné la bataille culturelle alors que les faits scientifiquement établis donnent raison à l’écologie. Le « grand remplacement » n’existe pas, le changement climatique si. L’insécurité est bien réelle, mais il s’agit de ce que l’ONU nomme la « sécurité humaine[4] » : l’insécurité en terme de logement, de santé, d’environnement sain, de bien-être économique, est en train de toucher l’immense majorité des habitant.e.s de cette planète, tandis que les ultra-riches font sécession[5]. Le dernier rapport du GIEC ne nous laisse que trois ans, pendant que nous débattons de l’immigration et du sexe des anges.

Certes, mais avoir raison ne suffit pas lorsque l’on reste minoritaire. La bataille culturelle a été perdue par la gauche et les écologistes tout au long du calamiteux quinquennat de François Hollande. Le candidat ennemi du « monde de la finance » aura été Président de tous les renoncements : renoncement à réformer le système bancaire, renoncement à lutter contre l’évasion fiscale, renoncement à entamer le virage économique et productif induit par l’Accord de Paris, renoncement à lutter vraiment contre le racisme et les discriminations, en laissant au contraire prospérer par le bais du pathétique Manuel Valls une fausse interprétation de la laïcité, cheval de Troie idéologique du Lepénisme. Et les écologistes auront participé à la première partie de ce quinquennat, avec seulement deux ministères et une image désastreuse, en échange d’un groupe à l’Assemblée n’ayant pas vraiment marqué les esprits (présidé alors par Barbara Pompili et François de Rugy, partis ensuite échanger leurs convictions contre des carrières personnelles en Macronie somme toute assez pathétiques). En 2022, nous continuons de payer les pots cassés de cette séquence d’une façon ou d’une autre.

Alors rien ne sert de se passer la rate au court-bouillon et de se lancer des invectives entre militant.e.s de gauche et écologistes. Car la bataille culturelle est pour l’instant perdue au profit des forces de la réaction, et dans tous les cas de figure, même avec Jean-Luc Mélenchon au second tour, quand les 2/3 de l’électorat français sont entre très à droite et à l’extrême droite, l’Elysée n’est pas à notre portée. Durant cette présidentielle, les écologistes n’auront pas su mener suffisamment la bataille culturelle et Jean-Luc Mélenchon aura sauver l’honneur de la gauche et des écologistes par une campagne réussie en termes d’imaginaire. Mais tant son refus ces cinq dernières années d’avoir cherché à rassembler vraiment au lieu de régner seul sur son camp, que l’agressivité permanente d’un certain nombre de ses militants sur les territoires, auront obéré la possibilité même d’une victoire. Car la construction d’un imaginaire alternatif, d’un « autre monde possible » (slogan des altermondialistes que je défends moi-même depuis 2002) ne passe pas que par un programme politique ambitieux, mais également par des comportements individuels renouvelés et une éthique à toute épreuve. Pour préférer la coopération à la compétition, la bienveillance à l’agressivité et le débat aux invectives. Pour défendre les droits humains partout et toujours refuser la géométrie variable, fonction d’un « campisme » totalement désuet.

Dans les jours qui viennent, il faut donc garder son sang-froid et faire preuve de résilience et d’humilité, en commençant par mener la bataille culturelle contre les idées d’extrême droite, que celles-ci ne puissent pas pénétrer l’Elysée. Se contenter des urnes est en l’espèce totalement insuffisant. Et il faut surtout se mobiliser de façon stratégique et rassemblée pour le 3e tour, les législatives des 12 et 19 juin prochains. Pas un rassemblement factice d’appareils dans lesquels les vieilles logiques claniques et hégémoniques reprendront sans nul doute leurs mauvaises habitudes, mais un rassemblement d’humanistes basé à la fois sur un programme d’urgence sociale et écologique et sur une éthique comportementale réussissant à incarner cette « politique autrement » que réclame le mouvement social sans jamais vraiment la trouver lorsqu’il s’implique en politique. Car l’égologie reste la principale ennemie de l’écologie. Nous avons plus que jamais besoin d’une ZAD, une Zone d’alternatives démocratiques pour l’écologie.

[1] Voir le Dictionnaire de la Lepénisation des esprits https://www.babelio.com/livres/Tevanian-Dictionnaire-de-la-lepenisation-des-esprits/817232

[2] Voir https://www.youtube.com/watch?v=t2jakCFUfQw

[3] Lire notamment https://www.acrimed.org/Medias-et-extreme-droite-la-grande-banalisation

[4] Voir https://www.un.org/humansecurity/fr/what-is-human-security/

[5] Lire à cet égard https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2022/01/Rapport_Oxfam_Davos_Zoom_France_170122.pdf

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