Fin du Musée de l'histoire de la France et de l'Algérie. Compte rendu du Conseil d'agglomération. Montpellier.

Compte-rendu établi par Paul Siblot.

16 Jeudi 19 juin, 18H 45. Conseil d'Agglomération sans ambiance particulière. Conseillers présents, public de curieux dont beaucoup viennent pour la première fois, et sont massivement sortis après le vote ; le fan club, qui d'ordinaire soutient son champion dans une ambiance de match et applaudit chaque fois qu'il estime un but marqué, est cette fois resté silencieux.

Procédures habituelles d'ouverture. Lecture partielle d'une lettre de "mon ami Valls" qui confirme le rôle de Montpellier comme Métropole (et vaut pour assurance de l'être). Attaque en règle contre Christian Bourquin, Président de Région PS, présenté comme "ennemi" de Montpellier avec longue démonstration chiffrée de son hostilité à la ville.

Musée Montcalm : rappel mot pour mot de la toute première intervention, d'où sont quand même gommées ou atténuées quelques unes des contrevérités. Il "comprend" l'attitude du CS. Il y a des moments durs et difficiles pour l'homme politique, tenu de faire des choix comportant une part d'injustice. Mais il est en charge de l'intérêt commun et de ce pourquoi il a été élu. Lui-même "assume". L'ambiance bon enfant du début de séance a disparu. Reprise de l'argumentaire initial : pas d'information officielle ; affaire qui traîne depuis 12 ans et empoisonne la vie publique...
Demandes d'intervention, plus nombreuses qu'attendues.

Julie Frêche : prise de parole attentivement préparée, une conviction manifeste, une émotion certaine et une sincérité de tous les instants qui attestent que le propos n'est pas seulement rhétorique. Reprend sur un registre soutenu des arguments que nous partageons ; impression dans la salle.
Le débat, très long, sera suivi dans un silence attentif.  Je n'entre pas dans le contenu des interventions suivantes. Tout ce que nous avons pu dire, écrire, diffusé a été repris, d'une manière ou d'une autre.
Jean-Pierre Moure : intervention posée, raisonnée, de bons sens. Bienfondé du projet, possibilité d'insertion dans une politique cohérente du tourisme ; intérêt économique.
Perla Danan (UMP) : appel humain, profond, émouvant, sur un ton  juste, à l'ouverture du dialogue pour ne pas rester dans une éternelle confrontation (chacun sait que pour elle se profile en arrière plan le contexte israélo-palestinien)
Jacques Domergue, chef de file UMP, dénonce l'inadaptation de l'hôtel Montcalm pour un musée d'art contemporain, et rappelle le devoir de mémoire, pour toutes certes, mais pour les PN avant tout qui ont participé à faire de Montpellier ce qu'elle est devenue.
René Revol (Front de gauche, Parti de gauche, chemise rose très pâle) soutient complètement Saurel, en temps de difficultés il faut faire des choix, et lui même (tirade altermondialiste) ne peut accepter un projet dont le conseil scientifique ne comprend pas un seul algérien ; alors que tout le monde à Montpellier sait le contraire ! ( Pour information, voici les cinq Algériens membres du Conseil Scientifique du Musée, donc aujourd’hui disparu : Ahmed Djebbar, Neget Khadda, Ahmed Mahiou, Abderrahmane Moussaoui, Fouad Soufi.)
France Jamet (Front National), invitée par Saurel à prendre la parole, constate aimablement que son point de vue rejoint celui du Président, car le projet a été dévoyé.
Hervé Martin, communiste liste Moure, en délicatesse avec son parti ; longue intervention (un peu trop), systématique et méthodiquement argumentée, met le feu aux poudres en rappelant que le mémorial de Perpignan auquel devraient être dévolues les collections, est celui d'une stèle qui célèbre les "martyrs" de l'OAS et les auteurs de l'attentat contre De Gaulle.
Max Levita, cerise sur le gâteau, tartuffe comme personne, met en cause la compétence du Conseil Ccientifique, dont personne ne connaît les travaux. En tout cas pas lui. La sagesse est de renoncer à ce projet prématuré, car la réconciliation n'est pas encore possible.

Voilà donc FN et Front de Gauche réunis ! Seuls soutiens exprimés, avec celui du séide de service. Un comble d'hypocrisie : Tartuffe, Tartignole et Tartarin, mousquetaires de sa Majesté.
Vote bloqué à main levée (vote secret refusé). Les béni-oui- oui comme un seul homme, y compris les noms maghrébins de la liste : 72 pour, 8 abstentions (UDI-Modem sans doute), 8 contre.
Fin du premier acte.

Paul Siblot
Membre du Conseil scientifique


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