Et si on arrêtait de jouer à Cash Cash?

Plus question d’évoquer l’utilité sociale ou le collectif sans être taxé d’utopiste, voire d’extrémiste. Pensée unique s’il en est, difficile de ne pas y voir une inversion dramatique de l’être et de l’avoir. Pourtant, il ne s'agit pas d'une fatalité si l'on prend le temps d'y réfléchir.

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Face à l’ampleur que prend la réussite financière individuelle dans les discours tant à l’Assemblée qu’au café du commerce, comment ne pas s’interroger.  A croire que la critique d’un système qui situe l’amas individuel au-dessus de toutes valeurs humaines serait devenue dérisoire.  Comment comprendre que seul le gain et les sommes amassées fassent la valeur d’un individu ? Qu’on évalue un homme ou une femme au regard de son succès financier et non pour les actes posés ? Que tout à chacun cherche essentiellement à tirer son épingle du jeu quitte à laisser les plus vulnérables sur le bas-côté ?

Si la vie sociale se résume désormais au chacun pour soi, comment faire société ? Comment rappeler aux jeunes générations qu’avoir de l’argent n’est pas une fin en soi, mais devrait être un moyen d’être en lien avec les autres et non de s’isoler ? Quelle est notre responsabilité dans la perte totale d’illusion et d’espoir qui traverse la jeunesse ? N’y a-t-il pas un lien entre l’un et l’autre ? A force d’induire auprès des jeunes générations que l’argent vaut en soi et pour soi, comment ne pas comprendre que celui-ci soit devenu le but ultime pour lequel tous les moyens sont bons ?

Si la référence idéologique du moment est « la fin justifie les moyens », réhabilitant Machiavel malgré les 6 siècles qui nous en séparent et les différentes évolutions de la pensée politique ayant eu cours depuis, alors tous les moyens sont donc bons pour faire de l’argent (légaux ou non). Sauf qu’une fois cet argent acquis, que reste il ? Quel bénéfice ? Quelle plus-value ?

C’est en tout cas, ce que questionnent certains et notamment Ninho dans son dernier album sorti début 2019 Mal Luné. Dans le titre, l’Ancien, il revient sur ce qui l’a construit, sa perception de la réussite et des moyens d’y parvenir « un million de téco, j’investis pour faire le deuxième ». Autrement dit, c’est avoir toujours plus, sans forcément savoir à quoi ça va servir. Sauf qu’être « un gros poisson » ne permet pas vraiment d’être bien au milieu des autres. Il rappelle dans son refrain : « on disait qu’on allait sourire quand on aurait le seille o, maintenant qu’on a le seille o on sourit de moins en moins, c’est moi qui ramène la farine, ils veulent manger mon pain. C’est pas comme ça l’ancien ».

L'ancien © Ninho - Topic

Nous y voilà, le premier enjeu de cette torsion du rapport à l’argent tient au fait que sa fonction première est non seulement ignorée, mais désormais totalement détournée. Initialement, l’argent a pour fonction de pacifier les rapports sociaux et le commerce (étymologiquement être à la merci des uns des autres). Il vise une rationalisation des cours via les chambres du commerce dans le but de limiter les effets délétères du troc alors à l’œuvre puisque la valeur des biens était définie subjectivement.

La première inversion se situe dans le fait que l’argent en soi ne vaut que relativement à son usage commercial, à savoir, la manière dont il circule entre les différentes mains et non au sein d’une seule. C’est ainsi, en tant que valeur mobilière (donc en mouvement) qu’il vaut et non en soi. C’est donc relativement à son utilisation que l’argent gagne en valeur, plus il est distribué, plus il passe de main en main, plus il vaut.

Or, aujourd’hui, la valeur accordée à l’argent n’est plus dans ses mouvements et échanges, mais bien dans le volume détenu. Alors que sa fonction première était de limiter les effets subjectifs de concurrence, celle-ci se rejoue au niveau du CAC 40 mettant ainsi des chiffres d’affaires en concurrence. De ce fait, c’est de nouveau la loi de la jungle comme le rappelle Paco dans le titre Jungle Urbaine paru le 15 mars 2019 sur une prod de Mani Deïz.

Paco x Mani Deïz - Jungle Urbaine © PACOFFICIEL

Faire fructifier l’argent devient désormais plus valable que de le faire circuler. Loin d’être un moyen d’aller vers autrui, c’est un moyen d’exclusion. Loin de faire fonctionner le collectif, il en réduit les potentiels pour monter les individus les uns contre les autres.

Si le gain vaut plus que la dépense (la capitalisation plus que la mobilité financière), alors le déséquilibre s’immisce puisque les bénéfices ne servent plus à « ruisseler » grâce au commerce, mais sont engrangés et détenus par certains au détriment de tous. L’argent ne fait donc plus valeur commune et rationnelle, il redevient un enjeu de pouvoir et s’obtient coûte que coûte. De ce fait, c’est la lutte de tous contre tous et l’inversion des valeurs.

Faire de l’argent la matière première de la réussite sociale, lui ôtant ainsi sa fonction pacificatrice, revient donc à limiter les potentiels de vivre ensemble et de collectif. La dimension politique de l’argent tient en ceci que sa perception influence les rapports sociaux et ne se résume en aucun cas à la simple étude économique (PIB, dette, etc.). Si l’argent est une valeur, elle n’est que « en puissance » dirait Aristote, car elle ne deviendra « en acte » qu’une fois la dépense effectuée. Ni bon, ni mauvais en soi, l’argent c’est ce qu’on en fait et non combien on dispose.

Comme le dit Youssoupha dans Avoir de l’argent paru le 25 avril 2019, « on connaît la valeur des choses, mais on ignore la valeur des gens ». Dans ce titre, il revient sur comment la richesse peut isoler si elle n’est pas redistribuée, combien elle n’est rien d’autre que ce que l’on en fait, que seuls les actes valent et non leur prix car « ça ne suffit pas à faire un homme avoir de l’argent ». Ce qui fait la valeur des gens et des choses tient à leur utilité, à leur fonction, leur manière d’être et de servir autrui.

Youssoupha - Avoir De L'Argent (Clip Officiel) © Youssoupha

En somme, si l’argent sert à bien vivre, il ne permet pas pour autant d’être bon. Pire, si l’argent reste amassé, qu’il ne sert pas le collectif, il isole l’individu, voire le rend fou (méfiance, paranoïa, quête effrénée pour en avoir toujours plus quitte à se perdre). C’est d’ailleurs ce que rappelle PNL dans le titre La misère est si belle qui clôt l’album Deux Frères ainsi : « On sait d'où l'on vient sans savoir où on va/Mais on tordra ces âmes de rats/Aucune question pour l'homme/Sans réponse, j'cherche les sommes/J'fais le million de haine » (…) J'veux moins de monde, plus de ceux que j'aime/J'rêve d'un avenir heureux pour eux/Car au fond sourire nous va à merveille »

A force de vivre dans l’idée perpétuelle d’amasser du gain, on passe donc à côté de l’essentiel, de l’existentiel : l’être avec les autres. Même si l’on pourrait penser qu’il faut avoir touché du doigt les affres de la fortune pour pouvoir en revenir, cela n’est pourtant pas une fatalité. La quête de l’opulence financière n’est une fin en soi qu’à condition de ne pas avoir d’autres perspectives sociales. Elle n’est que le symptôme d’une carence d’espoir et d’idéologie généreuse et collective. A concentrer tous ses efforts à l’amas de somme d’argent, c’est l’être ensemble qui est pénalisé et ainsi un peu de soi-même.

Comme le rappelle aussi Brav « les vainqueurs sont ceux qui ont déjà tout perdu » dans le titre Olga sorti le 10 mai 2019. En effet, quand on a tout, on ne peut plus rien gagner. Courir après l’argent revient à courir à sa perte, au sens existentiel du terme. Cela fait fait perdre de vue tant notre humanité que celle d’autrui puisque la focale sur l’argent en tant qu’objet de convoitise, ne permet pas de situer dans des rapports humains pacifiés. Plus on gagne financièrement, plus on prend donc le risque de se perdre humainement.

La rationalisation actuelle et le marchandising des relations humaines tant par les applications de rencontres, les réseaux sociaux et les différentes offres pour avoir des amis, des relations sexuelles, etc. dilue le potentiel d’humanité de chacun en situant l’Autre comme un moyen de consommation et non comme une fin en soi.

Brav - Olga © BravVEVO

Or, à ce jour, il semble que toutes les formes de relations puissent être tarifées. Pire, que c’est la tarification qui donne la valeur aux choses. Plus c’est cher, mieux c’est (sans aucune garantie qualitative). Résultat, les jeunes générations se retrouvent empêtrées dans cette illusion que seul le gain rapide d’argent fait la valeur de l’individu. On idolâtre la réussite financière d’Hanouna à Booba sans jamais questionner les actes. Le résultat chiffré se suffit donc à lui-même.

S’ils fonctionnent (nombre de ventes, de spectateurs), cela suffit à les justifier indépendamment des dégâts humains occasionnés. Système pervers par excellence qui fait passer le moyen pour la fin, qui influence et contamine l’ensemble de l’opinion publique. Les dégâts dits « collatéraux » sont minimisés et la jeune génération observe sagement que tout devient possible à condition de faire de l’argent.

La jeune Chilla s’est emparée de cette question du haut de ses 25 ans. Dans le titre Oh la la, diffusé le 29 avril dernier, elle rappelle que « si j’avais compté que sur la thune, j’aurais pu finir duper ». Revenant sur la loi de l’industrie musicale et sa froide rationalité capitaliste, elle rappelle que l’argent ne sert qu’à « sa santé » et non en soi. En interrogeant ce monde où le business est roi, Chilla vient toucher du doigt le mal du siècle : la réussite financière comme but ultime et absolu. Comment faire comprendre aux acteurs de ce système que ce n’est pas une fin en soi, voir qu’il pénalise la créativité de l’artiste ?

Alors que l’artisan reproduit des modèles efficaces appris et transmis, l’artiste invente, créé à partir de ses intuitions esthétiques en dehors des modèles déjà connus. Il fait une proposition au monde d’un point de vue qui lui est propre, qu’il incarne et promeut que cela plaise ou non. L’artiste n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur, mais sa valeur artistique tient plus à son impact sur le monde qu’a son succès financier. C’est en tant qu’il propose quelque chose de différent qu’il restera potentiellement dans l’Histoire et non en vertu du nombre de vente.  

Chilla - Oulala (Clip Officiel) © ChillaMusicVEVO

Sans proposer un discours révolutionnaire qui ne lui ressemblerait pas, elle vient proposer une version plus sociale de son art et de sa perspective de carrière. Alors qu’on reproche souvent au rap d’avoir totalement digéré les enjeux néolibéraux alors qu’il les dénonçait initialement, force est de constater qu’il ne s’agit pas de tous, loin de là.

Là encore, l’idée selon laquelle le monde du rap serait totalement acquis à la cause néolibérale et capitaliste, est une preuve de la partialité des médias en la matière. Si l’on s’arrête aux grosses têtes d’affiches, celles qui sont mises en avant par les maisons de disques, on pourrait le croire. Mais il suffit de tendre l’oreille pour saisir que ces principes ne sont portés que par un petit nombre qui font surtout plus de bruit que les autres. Sommes-nous dans un monde où c’est celui qui parle le plus fort qui a raison ? Drôle de démocratie…

En réalité, c’est l’industrie musicale et ses différents sbires qui mettent en avant le succès financier comme jauge de la valeur artistique puisque cela vient servir son propre système. Autrement dit, au lieu de détourner le système, c’est une acculturation à celui-ci qui s’est opéré dans le rap game par ceux qui ont réussi à accéder à des postes de pouvoir en la matière. Faute d’éducation suffisante tant en économie qu’en philosophie politique, le discours induisant que la finance était la seule boussole du monde a pris le pas sur l’esprit critique.

La fascination à l’œuvre pour le self made man à l’américaine induite tant par Hollywood que par les séries suffit à justifier et à rendre sympathique jusqu’à American Psycho. Détruire l’autre n’est plus un problème, du moment que ça rapporte. Alors que les américains eux-mêmes critiquent leur propre système où les communautés restent montées les unes contre les autres, où le collectif est proche du néant en dehors du sentiment patriotique et où les rapports sociaux restent très tendus, il apparaît qu’en France on ne jure que par leur système…

Quand certains rappeurs américains continuent le chemin de la critique sociale, en France, pays de la critique par excellence, elle apparaît dérisoire. Quand on écoute de près ce titre de Joey Bada$$ par exemple, Land of freedom, sorti en mars 2017 juste après l’investiture de Trump, la liberté promue n’est pas forcément aussi évidente et les USA ne sont peut-être pas la terre promise de tout à chacun et surtout des minorités…

Joey Bada$$ - "Land of the Free" (Official Music Video) © PRO ERA

Etrange de voir le haut le cœur qu’a généré l’élection de Trump en France quand moins d’un an après, sous couvert de lutter contre le parti de la haine, les clés du pays ont été données aux banques et aux financiers. Etrange de voir que le sort des animaux vaut désormais plus que l’action sociale qui « coûte un pognon de dingue », mais fait la dignité d’un pays…

A croire que la finance mondialisée ne génère pas d’enjeux de concurrences entre les pays, n’accentue pas les inégalités entre états et les luttes armées qui s’en suivent ?  Tant que l’argent est la seule option possible, alors le vivre ensemble est en péril puisqu’il induit la concurrence et le système de domination généralisé.

Foncièrement, le néolibéralisme est une économie de la domination de ceux qui possèdent sur ceux qui ne possèdent pas. La force n’est plus physique mais financière et les enjeux du vivre ensemble démocratique sont mis à mal par cette loi du plus fort. Ce n’est qu’en comprenant la valeur du partage (tant financier que du pouvoir qu’il confère) que le contrepied peut être pris.

Si l’argent fait le pouvoir alors lorsqu’il appartient à un petit nombre, c’est un système inégalitaire, injuste et non démocratique qu’il induit. C’est une forme d’oligarchie qui ne garantie en rien la sagesse et la compétence des dirigeants. Si le but est de maintenir les fortunes alors pas de ruissellement possible, car celui ci ne se fait pas verticalement, mais horizontalement.

C’est parce que je gagne que je dépense et c’est en dépensant que j’augmente la valeur qui est la mienne et celle de mon voisin. Sauf qu’encore faut il se défaire de l’idée de la capitalisation et revenir à celle de la circulation, de passer de l’économie individuelle à une politique économique qui vise le collectif directement. Ce collectif qui peut ouvrir les possibles de la jeunesse. Le jeune Georgio revient sur la sombritude du monde qui l’à vu grandir. Dans le titre Dans mon élément avec Isha paru le 9 janvier dernier.

Georgio - Dans mon élément feat. Isha (Clip Officiel) © Georgioxv3

Interrogeant pourquoi la conscience collective se perd tant chez les jeunes que dans le reste de la société : «On sait très bien qu'la coupe est pleine et moi, j'marche seul sur l'avenue/J'entends les embrouilles des crackers et ça d'puis mes quinze ans, visage grinçant/On filme la mort sur des iPhone, on lave nos remords dans des bains d'sang/Visage grinçant, y a des gens qui chassent les migrants dans les Alpes, nan/Des mecs de mon âge, qui r'fusent les blocus dans les facs/J'ai des raisons d'tirer sur ce joint d'peuf, mon pote s'est réjoui d'la mort d'un keuf/J'amènerai la haine anti-flic et les bavures d'ces putains d'racistes dans mon linceul ».

Que restent-ils de nos rêves démocratiques ? Comment lutter contre la haine généralisée ? La jeunesse n’est pas monolithique, tout comme le rap, et cherche à s’émanciper de ce tunnel qu’est l’idéologie néolibérale de la lutte de tous contre tous, même si elle est présentée comme seule issue possible. Comme le dit Isha, « Dans ma tête, j'fais des trop gros changements/J'm'entends pas avec les normo-pensants ».  Les mises à jour restent donc possibles. La confusion entre réussite et qualité n’est pas une fatalité. La réussite financière n’est pas la seule manière d’exister, de s’émanciper, de se libérer de l’oppression, bien au contraire, c’est une autre forme d’oppression.

La jeune Shay dans son dernier album Antidote sorti en mai 2019 s’en fait la porte-parole sans forcément en avoir conscience. Dans le titre Cocorico paru en janvier 2019, elle revient sur les perspectives offertes à la jeunesse pour rappeler que les salaires de base sont insuffisants pour pouvoir consommer à hauteur de ce que la publicité impose. Dans un monde où le luxe et l’opulence sont des symboles de réussite, difficile de faire admettre que l’on peut très bien vivre sans le dernier Iphone, des Louboutins et des jets privés. Son objectif est assumé : avoir beaucoup d’argent, tellement qu’elle rend les autres jaloux, même au prix de sa solitude.

Alors qu’elle revendique sa libération des diktats de la domination masculine qui font de la femme un objet de pouvoir et de concurrence, elle se positionne comme la Cardy B (encore et toujours cette référence permanente aux USA) française sans voir combien elle perpétue les clichés de cette domination masculine en se les appropriant : l’autre devient un faire valoir de soi, la quête de la réussite justifie la solitude dite « des grands », la valeur financière suffit à faire valeur humaine dans les choix d'objets d'amour. Empêtrée comme beaucoup entre désir d'émancipation et idéologie dominatrice, la confusion arrive rapidement et malgré elle.

Shay - Cocorico © ShayVEVO

Le fond du problème est là, avoir de l’argent permet en effet d’obtenir tout ce que l’on veut, mais on s’en lasse et bien vite, c’est la solitude qui prend le dessus. Cette solitude qui est amplifiée par le compte en banque (augmente même proportionnellement) et qui ne permet pas de vivre bien avec soi ni avec les autres. Cette solitude tient à la suspicion qui se développe au contact de la richesse. La méfiance qu’elle induit envers les autres, leurs intentions vis-à-vis de nous, leur éventuelle vénalité.

Le gain pour le gain, la conquête pour la conquête ne peut qu’être une lutte sans fin et sans honneur. Elle limite les possibilités de rencontres authentiques qui supposent à la fois la surprise et la gratuité. Elle impose des systèmes de courtisanerie où la flatterie (journalistique ou autre) fait loi, les rapports sociaux sont faussés par les signes apparents de richesse qui amènent les individus à se comparer dans leurs potentiels financiers. « L’argent pourri les gens » disaient déjà NTM il y a plus de 20 ans. L’argent pourri surtout les rapports entre les gens car fausse fondamentalement le rapport à l’existence.

Cette dimension du système de domination capitaliste est très bien décrite par Dosseh dans ce titre avec Toma Hypersensible paru en avril 2019. A force de suivre le diktat libéral, toutes les dérives deviennent possibles. La délinquance devient un mode de fonctionnement puisqu’elle est rentable, de même pour la prostitution, la criminalité…

Sauf que c’est toujours un peu de son humanité qu’on perd quand on confond le moyen et la fin. Un des enjeux majeurs de la perversion est de se faire passer pour une évidence. Or, ce n’est que lorsqu’on comprend qu’elle ne l’est pas qu’on peut se défaire de son emprise. Il n’y a pas de fatalité à courir après l’argent coûte que coûte, ce n’est pas ainsi que la vie augmente, mais au contraire, elle se réduit.

A méditer…

Toma ft. Dosseh - Hypersensible (Clip Officiel) © Toma

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