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Billet de blog 8 févr. 2009

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Le président de la Polynésie française Gaston Tong Sang a démissionné

Gaston Tong Sang a préféré sauter du bateau avant d'être poussé par dessus bord. Le président de la Polynésie française a démissionné, faisant chuter son gouvernement. Auparavant, ses ministres avaient pris leurs précautions financières. Les élus de Tahiti ne s'embarrassent pas de principes. 

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Gaston Tong Sang a préféré sauter du bateau avant d'être poussé par dessus bord. Le président de la Polynésie française a démissionné, faisant chuter son gouvernement. Auparavant, ses ministres avaient pris leurs précautions financières. Les élus de Tahiti ne s'embarrassent pas de principes.

Depuis le dépôt d'une motion de défiance mercredi à son encontre, Gaston Tong Sang (photo) sait que son gouvernement va tomber. L'échéance est prévue pour mercredi 11 février, date de l'examen par l'assemblée de ladite motion, qui doit porter l'indépendantiste Oscar Temaru au pouvoir. Mais les élus polynésiens ont plus d'un subterfuge dans leur sac. Au matin du samedi 7 février, le président du pays annonce donc sa démission. Cette décision provoque la chute de l'intégralité du gouvernement, qui se contente désormais de gérer les affaires courantes, et Gaston Tong Sang se retire pour le week-end sur l'île dont il est maire, Bora Bora. Désormais, l'assemblée a quinze jours pour élire un nouveau président du pays.

S'il n'y a plus de président, alors la motion de défiance est inutile. C'est en tout cas le calcul de Gaston Tong Sang, qui veut ainsi gagner du temps et brouiller les cartes. Au passage, Yves Jégo est du même avis. Le secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer estime déjà que "désormais, il n'est plus question de motion de défiance, elle est tombée. Nous devons parler maintenant de l'élection d'un nouveau président pour la Polynésie". Mais le ministre règle un peu trop vite la question. Ni le statut d'autonomie de la Polynésie française, ni par ailleurs le réglement intérieur de l'assemblée locale, ne prévoient ce cas de figure : une motion de défiance suivie d'une démission du président du pays. Ce vide juridique pourrait en fait profiter à l'opposition, qui assure que la motion de défiance sera bien débattue mercredi dans l'hémicycle. Et dans cette partie de bluff, celui qui a les meilleures cartes en main est probablement le président de l'assemblée de la Polynésie... Oscar Temaru.

Mais les manoeuvres ne s'arrêtent pas là. Vendredi, trois ministres ont démissionné du gouvernement Tong Sang. Il s'agit de trois représentants à l'assemblée nommés ministres il y a dix mois : Clarenntz Vernaudon, Fernand Roomataroa et Temauri Foster. En démissionnant avant d'être démis de leurs fonctions, il s'assurent de bénéficier pendant trois mois supplémentaires de l'indemnité de ministre au chômage, soit 840.000 francs Pacifique (7.000 euros) mensuels, et ils permettent par ailleurs à leurs trois suivants de liste de conserver jusqu'au 1er mai leur siège dans l'hémicycle ainsi que la rémunération qui va avec évidemment, soit 780.000 francs Pacifique (6.500 euros) mensuels. Ces démissions intéressées ne sont pas une première. Dans le camp adverse, huit ministres avaient fait l'opération identique en avril 2008 juste avant que le gouvernement Flosse ne soit renversé par Gaston Tong Sang.

Dans son communiqué samedi matin, Gaston Tong Sang concluait : "Avant sa démission, le conseil des ministres a émis le voeu que le gouvernement de la République entame, sans délai, l'important chantier de la réforme de la loi électorale." Cela ne ferait jamais que la troisième modification du mode de scrutin en cinq ans. Avec le succès que l'on constate...

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