Benoit Cros
Journaliste @benoitcros
Abonné·e de Mediapart

33 Billets

0 Édition

Billet de blog 2 avr. 2011

Adiós, Zapatero

Benoit Cros
Journaliste @benoitcros
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

José Luis Rodríguez Zapatero a mis fin ce matin aux spéculations sur son avenir: il ne se présentera pas aux élections générales qui auront lieu l'an prochain. Mais si son séjour au Palais de la Moncloa prendra bien fin au terme de cette législature, le zapatérisme est révolu depuis déjà quelque temps. L'époque où Zapatero était l'idole de la gauche europénne et des opposants à la guerre d'Irak est bien loin. Tout comme celle où la gauche italienne s'exclamait "Viva Zapatero" et où Ségolène Royal se faisait appeler la Zapatera. Mais la crise est passée par là et a touché de plein fouet l'Espagne. Le pays du miracle économique s'est transformé en nation de chômeurs, aujourd'hui 20% de la population active est sans emploi, le double de la moyenne européenne. Et Zapatero, héros de la paix, de la parité hommes-femmes, des droits des homosexuels, et de l'aide aux personnes dépendantes, est devenu en peu de temps l'homme de l'augmentation de l'âge de la retraite, de la hausse de la TVA, de la flexibilisation du marché du travail, des privatisations, de la baisse du salaire des fonctionnaires et du gel des retraites.

Malgré la fronde de la fédération de la région de Madrid, qui avait élu Tomás Gómez candidat aux élections régionales face à Trinidad Jiménez, choisie par Zapatero, celui-ci avait réussi à conserver le soutien inconditionnel de son parti durant ces trois dernières années. Il avait même bénéficié de la bienveillance des syndicats majoritaires, qui avaient certes organisé une timide journée de grève générale mais avaient tout de même accepté la réforme des retraites.

Du côté du Congrès des Députés, le Parti Populaire ne s'est pas gêné pour laisser le gouvernement s'embourber dans la crise et s'est contenté d'en récolter les fruits. Selon les derniers sondages, la formation dirigée par Mariano Rajoy remporterait les élections générales avec 13 points d'avance sur le PSOE. Zapatero a également perdu le soutien des petits partis de gauche, qui l'ont accusé de mener une politique qui fait porter le poids de la crise sur les classes populaires et non sur les riches et les banques.

Zapatero a également eu le chic de se mettre à dos les nationalistes catalans de CiU, en colère à cause de l'élimination par le Tribunal Constitutionnel de certains articles du Statut d'Autonomie de Catalogne. Il est vrai que des raisons électoralistes locales avaient aussi joué dans ce divorce.

La course à la succession est donc ouverte. Le vice-président et ministre de l'Intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, issu de l'époque de Felipe González s'affrontera selon les journaux espagnols à Carme Chacón, ministre de la Défense, qui représente la nouvelle génération et qui est la protégée de Zapatero. L'actuel président du Congrès, José Bono, pourrait aussi être de la partie. Certains commentateurs estiment que cette annonce de Zapatero arrive trop longtemps avant les élections et que les douze prochains mois seront assez longs pour mettre le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol à feu et à sang. Cependant, avec le retrait de Zapatero, le PP perd aussi la principale cible de ses attaques, une situation qui met à nu son absence de projet politique alternatif.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser. 
par Romaric Godin
Journal
Électricité et gaz : les salaires mettent le secteur sous haute tension
Appel à la grève dans le secteur des industries électriques et gazières, le 2 juin prochain, pour réclamer des revalorisations de salaires indexées à l’inflation. Chez RTE, gestionnaire du réseau électrique français, un mouvement social dure depuis déjà depuis treize semaines.
par Cécile Hautefeuille
Journal
Nouveau gouvernement : le débrief de Mediapart
Premier conseil des ministres du deuxième quinquennat Macron ce matin, marqué par l’affaire Damien Abad. Émission consacrée donc à notre nouveau gouvernement et à la campagne législative de ceux qui n’en font plus partie, comme Jean-Michel Blanquer, parachuté dans le Loiret.
par À l’air libre
Journal — Écologie
Planification écologique : le gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot

La sélection du Club

Billet de blog
Ndiaye et Blanquer : l'un compatible avec l'autre
« Le ministre qui fait hurler l'extrême droite », « l'anti-Blanquer », « caution de gauche »... voilà ce qu'on a pu lire ou entendre en cette journée de nomination de Pap Ndiaye au ministère de la rue de Grenelle. Beaucoup de gens de gauche qui apprécient les travaux de M. Ndiaye se demandent ce qu'il vient faire là. Tentons d'y voir plus clair en déconstruisant le discours qu'on tente de nous imposer.
par Jadran Svrdlin
Billet de blog
L’École et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école
Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.
par Djéhanne GANI
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN
Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran