L'Espagne et le mythe de la génération paresseuse

On les appelle les "ni-ni", des jeunes qui ne sont ni étudiants, ni salariés. Les médias espagnols se sont longuement penchés sur le cas et n'ont pas hésité à parler de la "génération ni-ni", caractérisée par son absence de perspectives et de projets. La chaîne de télévision La Sexta a été jusqu'à créer une émission de téle-réalité dont l'objectif serait de sortir ces jeunes paresseux de leur léthargie. Mais ce qui était censé être un nouveau phénomène sociologique pourrait n'être en fait qu'un mythe.

On les appelle les "ni-ni", des jeunes qui ne sont ni étudiants, ni salariés. Les médias espagnols se sont longuement penchés sur le cas et n'ont pas hésité à parler de la "génération ni-ni", caractérisée par son absence de perspectives et de projets. La chaîne de télévision La Sexta a été jusqu'à créer une émission de téle-réalité dont l'objectif serait de sortir ces jeunes paresseux de leur léthargie. Mais ce qui était censé être un nouveau phénomène sociologique pourrait n'être en fait qu'un mythe.

Une récente étude du sociologue Lorenzo Navarrete, professeur à l'Université Complutense de Madrid démonte ce "stéréotype juvénil en temps de crise". S'il reconnaît que près d'un tiers des jeunes de 16 à 29 ans sont soit sans emploi, soit sans formation, ce chercheur démontre que le nombre de jeunes qui ne souhaitent pas changer leur situation est très faible et concerne seulement 1,7% des 8 millions de jeunes inclus dans cette tranche d'âge. Autrement dit, la grande majorité des "ni-ni" se retrouvent dans cette situation à cause de la crise.

Selon les derniers chiffres rendus publics, le chômage des jeunes a atteint un nouveau record. Au mois de mars, le taux de chômage des 16-25 ans a atteint 43,5%. Pour Navarrete, "ce qui est habituel chez ces jeunes, c'est de vouloir travailler et de ne pas pouvoir".

Les médias espagnols ont également parlé de la nouvelle émigration. Devenu depuis une vingtaine d'années un pays d'immigration, l'Espagne aurait recommencé à exporter de la main d'oeuvre, principalement des jeunes qualifiés. Il est évidemment difficile de chiffrer ce phénomène, mais la proposition allemande d'offrir un emploi à des jeunes espagnols qualifiés a eu un gran retentissement dans le pays.

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